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Malgré la rareté des faits positifs observés, il est hors de doute que la tuberculose peut être directement transmise au fœtus par voie placentaire, et, sice mode de contamination est très rare, c'est qu'on ne peut pas assimiler la tuberculose à d'autres maladies infectieuses, telles que le charbon symptomatique ou le choléra des poules, dans lesquelles le sang constitue le milieu de culture Île plus favorable au développement du bacille. Rien de pareil n’est observé dans la tuberculose, où le sang ne contient qu'exceptionnellement des bacilles. En admettant même qu'il en renferme au cours de cette maladie, ne pouvons-nous pas nous demander si le passage des éléments bacillaires à travers les villosités placentaires n’est pas en contradiction avec ce que nous enseigne la physiologie sur les fonctions de cet organe ?
Le rôle de filtration attribué au placenta a été successivement nié et admis par les physiologistes qui ont cherché à élucider cette question. On admet généralement aujourd’hui qu’à côté des éléments normaux apportés par le sang ma‘ernel, d’autres éléments liquides et solides même peuvent franchir la barrière placentaire et se retrouver dans le sang du fœtus. La transmission des microbes a été récemment établie par des expériences incontestables, faites également sur les animaux, avec les agents infectieux du choléra des poules et du charbon. Chez la femme, la transmission de la variole de la mère au fœtus est nettement établie; il en est de même pour d’autres maladies dont la nature microbienne est plus que probable, telles que la rougeole, la scarlatine, la variole, la syphilis. En somme, la plupart des microbes pathogènes traversent le placenta, peut-être, il est vrai, avec une inégale facilité.
On peut donc considérer la tuberculose maternelle comme susceptible de produire la luberculose fœtale, le bacille ne paraissant pas trouver dans les tissus des villosités placen-
DATES taires un obstacle insurmontable à son passage du sang de la mère au sang du fœtus. Cependant, ainsi que nous l’enseignent Panatomie pathologique et la bactériolog'ie, le sang des tuberculeux ne renferme pas de bacilles. Comment expliquer alors la transmission directe de la maladie par l'intermédiaire da placenta ?
Les cas observés par Charrin, Berti, Merkel, Landouzy, etc., nous révèlent la présence de nombreuses lésions tuberculeuses sur le placenta maternel el sur le foie des nouveaunés, la présence même des bacilles de Koch dans le liquide amniotique ; d'autre part, le caractère ulcéreux des lésions de la tuberculose nous conduit à penser qu’il peut se produire dans certains cas, dans le parenchyme placentaire, au niveau des villosités, des’ altérations telles qu’un tubercule en voie de ramollissement, denature à provoquer une effraction suffisante pour mettre en communication directe les circulations maternelle et fœtale. Mais est-il bien néccessaire que cette effraction existe pour que le passage du microbe infectieux soit possible? L'’issue des éléments microbiens à travers le placenta, en supposant même une indépendance complète entre les deux circulations, ne pourrait-elle pas se réaliser par un procédé analogue à la diapédèse des globules blancs dans l'inflammation ? Nous saisissons difficilement le mécanisme en vertu duquel les leucocytes sortent des vaisseaux pour aller détruire par la phagocytose les microorganismes, qui, par leur présence dans les tissus, sont susceptibles d'infecter l’économie. Tout en ignorant son mécanisme, nous admettons cependant, sans faire intervenir l'existence d'une lésion artérielle, le phénomène de la diapédèse. Si, dans l’état actuel de nos connaissances, certains détails de ce mode d'action nous échappent et demeurent inexpliqués, bornons-nous à constater que cette transmission du germe par voie glacentaire peut se produire dans certains cas.