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ne on fois la femme est morte quelques heures après l’accouchement ; une fois le lendemain ; une fois huit jours après ; deux fois au bout de quelques semaines.
Tous les examens de larynx qui furent faits au cours de la grossesse montrèrent toujours des lésions en deuxième période. Cette apparente unité est très explicable.
! Dans la clientèle d’hôpital, en effet, les femmes ne se décident à venir à la consultation que lorsque les symptômes laryngés deviennent une cause de gène ou de douleur. Or, à la première période, si les caractères objectifs sont parfois délicats à mettre en évidence, les signes fonctionnels sont eux aussi très légers, parfois même absents et, dans la plupart des cas, n’entraînent ni gène ni douleur pour la malade qui ne s'inquiète guère.
Au contraire, à la phase d'infiltration et d’ulcérations, la toux est pénible, les troubles vocaux très accusés, l’aphonie souvent complète.
On court alors se faire examiner. C’est ainsi que dans les sept examens de nos malades qui furent faits pendant la grossesse, tous les larynx étaient infiltrés.
Une fois, il s'agissait d’une infiltration diffuse. Dans les autres cas elle se localisait aux cordes vocales, à la région inter-arythénoïdienne ou au deux ensemble.
Il ne nous a pas été possible, dans tous les cas, de savoir dans quelles circonstances est arrivé le terme fatal et dans quelle mesure les lésions laryngées ont provoqué ou précipité la fin.
Dans l’observation VII, la mort de la femme doit
bien être rapportée à l’asphyxie due à l’œdème laryngé ou à la péri-chondrite qui ont nécessité la trachéotomie.
Dans l’observation X on ne signale pas d'accidents asphyxiques et la phtisie pulmonaire a dû suffire à
emporter la malade.
Quel a été le sort des enfants ?
Sur les onze cas qui nous ont été connus : une fois l'avortement se fit au deuxième mois ; deux fois les enfants moururent quelques instants après leur naissance. Dans l’un des cas c’étaient deux jumeaux. Une fois l’enfant succomba au huitième jour.
. Nous comptons sept enfants vivants :
Celui de l'observation V a été vu par nous. Il est âgé de trois ans ; sa santé a toujours été bonne.
Nous avons vu aussi l'enfant de l'observation VIII. Il à un an, n’a pas été maladg et se développe bien. Sa taille et son poids sont au-dessus de la moyenne. Il a été élevé au sein maternel jusqu’à six mois. On a fait ensuite l'allaitement artificiel. ; |
Dans l’observation XIL, il s’agissait d’une fille portée sur le registre de la clinique Baudelocque comme en
bon état. Elle pesait 3.170 grammes avec un placenta de 470.
Dans l’obsérvation XIIL l'enfant pèse 3.250 grammes. Il part en nourrice en bon état. |
Dans l’observation XIV, l'enfant ne pèse que 2.600 grammes, mais est bien constitué.
Dans l'observation IX, il s’agit d’un garçon de 3.250
grammes qui se développe normalement,
LOSC
Tous ces enfants étaient nés à terme ou près du terme.
Nous avons vu que dans la statistique des observations allemandes les enfants étaient morts dans 28 cas. Les vivants étaient aunombre de 23. Dans 28 cas mention n’en fut pas faite.
Notre relevé, bien plus restreint assurément, aboutit à des constatations moins défavorables puisque sur 11 cas, 7 fois les enfants vécurent. Bien plus, leur développement était normal et leur santé bonne.
Il nous reste à envisager les effets de l’allaitement.
Une seule observation (VIII) nous renseigne à ce sujet : La femme allaitait son enfant sans inconvénient pour elle et pour lui dans les débuts. Mais bientôt des signes de fatigue profonde, une aggravation des symptômes laryngés exigèrent la cessation de lallaitement.
Aussitôt l’amélioration de l’état de la mère fut manifeste.
Nous considérons donc l’allaitement comme un facteur de gravité. À ce sujet, Bouchard estime que le milieu sucré créé par l'abondance du lactose dans le sang aide puissamment à la pullutation microbienne et il invoque à l’appui de ce fait d'observation la fréquence de la tuberculose chez la vache laitière en apposition avec sa rareté chez le bœuf.
En résumé quelles conclusions tirerons-nous de l'étude de ces quatorze observations ?
Avec les auteurs allemands nous pensons que la
grossesse peut faciliter le développement du bacille de
Koch chez une femme qui n'aurait pas eu avant la conception aucune atteinte de tuberculose.
La grossesse, généralement, accélère la marche de l’affection chez une malade déjà atteinte.
Le plus souvent, l'infection tuberculeuse du poumon précède d'assez loin la localisation laryngée, mais il n’est pas rare de voir apparaître en même temps les accidents laryngés et pulmonaires.
Au contraire, il est très rare de voir évoluer la bacillose du larynx sans participation du poumon. 'En effet, à l’opposé des cas de Küttner où ies poumons étaient indemnes ou à peine envahis nous avons eu affaire, toutes les fois sauf une, à des malades dont les poumons étaient plus ou moins touchés.
Au sujet de l’influence de la tuberculose laryngée sur la grossesse nous ne partageons pas l'opinion de certains auteurs, comme Przedborski, qui prétendent que les femmes atteignent rarement le terme de la gestation. Il n’est pas rare, il est vrai, que celle-ci s’arrête au huitième ou dans le cours du neuvième mois, mais il est plus fréquent de la voir évoluer jusqu’au bout, comme il ressort de la statistique de Félix et de la nôtre.
On observe quelquefois des avortements et ces interruptions précoces de la grossesse ont été attribuées à différentes causes : sursaturation du sang par l’acide carbonique retenu en excès par suite de la sténose laryngée, d’où excitation des centres médullaires qui président aux contractions utérines ; toxémie tuberculeuse ; tuberculose du placenta, etc.
La tuberculose laryngée s’installe le plus souvent au début de la grossesse ou dans les premiers mois.
Le plus souvent les femmes succombent après l’accouchement et pendant les suites de couches.
Le pronostic pour les mères esttrès grave.Cependant la proportion de la mortalité maternelle queles auteurs allemands portent à 90 0/0 nous paraît exagérée.
Nous pensons aussi que la mortalité infantile n’atteint pas 60 0/0.
Il n’en reste pas moins certain que la situation des femmes enceintes atteintes de bacillose laryngée est critique.
En face du problème de deux existences, ayant le choix parmi les mesures thérapeutiques que nous avons exposées plus haut, à laquelle aurons-nous recours ?
Cette discussion va faire l’objet de la troisième partie
de notre travail.
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