MACHINES SERVANT AU TRAVAIL DES MATIÈRES ARGILEUSES
Par M. TUESCA.
Los machines appropriées au travail des matières argileuses ayant été comprises dans la classe 54, nous en dirons quelques mots, bien qu'elles ne soient pas, à proprement parler, «les machines-outils dans le sens attribué dans l'industrie à cette dénomination.
Les modifications survenues depuis l'Exposition de \Mv2 dans ce genre de machines sont en général des modifications de détail. Cependant on y peut signaler deux tendances bien manifestes: l une vers l'emploi simultané d'une série d'appareils combinés de manière que la matière soit déversée de Tan à l'autre, sans l'intervention de l'ouvrier; l'autre, vers l'emploi de la matière première dans'un état hygrométrique voisin de celui qu'elle avait dans le sol, procédé qui constitue la méthode de fabrication désignée sous le nom de briques sèches. Ces deux tendances sont réunies dans l'installation importante de M. Gregg, de Philadelphie, qui n'a pas craint défaire fonctionner une véritable usine, d'une manière continue, dans le voisinage de l'Exposition. La matière est poussée dans une claie, puis écrasée, et remonte dans une trémie qui s'ouvre alternativement dans deux directions opposées, de manière à laisser successivement tomber la matière pulvérisée dans des moules, où elle reçoit une compression énergique qui lui donne sa forme définitive avant qu'elle ne soit
présentée, brique par brique, aux ouvriers occupés à la porter aussitôt dans un four en chargement. Toutes les parties de la machine sont parfaitement entendues, et le produit, après sa cuisson, paraît fort homogène, fort compacte et fort résistant.
M. David, M. Allemand et M. Durand, en France, cherchent à obtenir le même résultat, en alimentant à la'pelle les moules, dans lesquels la compression doit s'effectuer par autant de pressions qu'il y a de moules.
La machine de M. David rappelle beaucoup les dispositions circulaires des machines à agglomérés; elle fonctionne très-bien et fournit de très-beaux produits. Celle de M. Allemand opère en ligne droite dans des chariots qui, après la compression, servent facilement au transport des briques à distance. Elle offre, en outre, l'avantage de limiter la pression à un degré toujours le même pour toutes les briques. Celle de M. Durand, enfin, emploie un piston unique, disposé de manière à donner au dernier moment, et par le fait même des organes de transmission, une dernière compression très-énergique.
Ce dernier appareil paraît très-convenable pour la fabrication, avec un léger mélange de chaux, des briquettes de minerais de fer que Ton doit conduire à grandes distances par bateau, c'est-à-dire avec un arrimage peu encombrant jusqu'au haut fourneau. .
Ces différents modes de fabrication à sec peuvent-ils fournir des produits comparables, sous le rapport de la qualité, avec ceux que l'on obtient par le trilurage des terres et le moulage à l'état pâteux? Il semblerait tout d'abord que cette dernière fabrication soit la meilleure, et pour certaines terres cependant les briques fabriquées à sec rachètent par leur dureté et par leur résistance ce qu'elles peuvent laisser à désirer sous le rapport de l' homogénéité.
Le moulage à l'état humide n'exige pas autant de pression; la dessicealion s'opère plus lentement; mais le rebattage, opéré au moment convenable, donne à la brique une forme parfai-
MACHINES-OUTILS- Mi
tement régulière qui se conserve pendant et après là cuisson. Cette fabrication permet d'ailleurs d'obtenir une épuration complète de la matière et son mélange parfait. Sous ce rapport, le travail à l'état pâteux nous paraît convenir mieux à la généralité des cas.
Les machines préparatoires sont alors des malaxeurs qui sont maintenant disposé de manière â dégager toutes les pierres, à pétrir la terre suffisamment mouillée, et à rendre la pâte parfaitement homogène. Les malaxeurs de M. Schlosser, de Paris, fondés sur l'emploi d'une hélice tournant dans la pâte, sont d'une efficacité complète.
Quand la terre est bien malaxée, le procédé le plus pratique consiste à la pousser dans une ou plusieurs filières qui la débitent chacune en bande continue, dont la section est celle de l'orifice, et dans laquelle on coupe, à la longueur convenable, chaque brique ou chaque bout de tuyau, voire même chaque tuile, lorsqu'on prend les dispositions nécessaires pour employer à la fabrication de cet article le même procédé.
La pression est déterminée par des cylindres ou un piston, et l'on remarque particulièrement chez M. Whitehead, chez M. Clayton, chez M. Hertel et chez M. Cazenave, des dispositions ingénieuses et nouvelles, soit pour couper le boudin bien perpendiculairement pendant la marche , soit pour façonner les extrémités de chaque bout.
M. Borie, qui a, le premier, constitué une grande fabrication de briques creuses, d'un emploi si général aujourd'hui, a complété sa machine par une disposition qui rejette les pierres et par l'addition d'une filière horizontale, qui lui permet d'obtenir des poteries creuses pour la construction des cheminées dans les niurs, et même des tubes quadrangulaires qui n'ont pas moins de (WîO de côté, sur une longueur de 0ro80. Ces tronçons, placés les uns au-dessus des autres, forment facilement une cheminée d'usine , très-convenable au moins dans une installation provisoire.
Les tuiles se fabriquent aussi par compression, et les pro-
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cédés de M. Boulot et de M. Schmerber remplissent parfaitement toutes les conditions désirables. Chez l'on comme chez l'autre de ces constructeurs, la galette est d'abord préparer pour être comprimée ensuite, soit dans un moule fixe, à couvercle mobile, soit, comme cbez M. Schmerber, dans un moule mobile qui s'applique sur un tambour polygonal, qui l' entraîne, la comprime et la fait ensuite tourner avec son moule, jusqu à 06 qu'elle se présente sous une inclinaison suffisante port qu'elle puisse être reçu sur une planche avec laquelle on la porte au séchoir. Les moules en fonte garnie de plâtre graisîé paraissent très-bien fonctionner, et l'ensemble de la machine mérite l'intérêt des hommes compétents.
Nous ajouterons, eu terminant, que si le domaine des machines à briques tend à s'agrandir par la préparation des briquettes de diverses natures, il ne paraît pas cependant qu'elles puissent donner des résultats plus avantageux que le travail à la main pour les briques ordinaires, employées telles qu'elle s sont dans la plupart des constructions, et qui ne doivent être ni profilées, ni creuses.
Matériel et procédés de la filature, par M. Alcax, professeur au Conservatoire des Arls et Métiers, membre des Jurys internationaux de 1855 et 1862, et M. Édouard Smox, ingénieur du syndicat des classes 55 et 56.
Par MM. Michel ALGAN et Edouard SIMON.