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OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

Les classes 55 et 56 comprennent les mo\cns mécaniques destinés à la transformation des substances filamenteuses brutes en produits, dont l'ensemble ne constitue pas moins de neuf classes dans les groupes III et IV. Le matériel considérable nécessité par un aussi grand nombre de spécialités peut se subdiviser lui-même en deux sections principales : la première renferme tous les outils réservés aux préparations qui accompagnent ou suivent immédiatement la récolte de . la matière première; tels sont les appareils à égousseret égrainer le coton, à rouir, broyer, tiller et espader le chanvre et le lin; à épurer, laver et sécher les laines; l'outillage complet des magnaneries ; les machines à effilocher les déchets divers et à désagréger les matières fibreuses recouvertes d'enveloppes résistantes, etc. ; la seconde section réunit les transformations ultérieures, depuis le cardage des nappes de ouate, le foulage des feutres, le câblage des amarres les plus puissantes jusqu'au retordage des fils les plus fins ; depuis la fabrication des grosses toiles de chanvre et de lin, jusqu'au lissage du taffetas et des façonnés et à la confection des étoffes à mailles. L'étendue des progrès industriels réalisés depuis la substitution des organes mécaniques aux moyens primitifs encore en usage chez les peuples

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de l'Orient, en rend chaque jour la constatation plus difficile ; puis, à mesure que le mouvement ascensionnel se généralise, les grandes étapes sont plus rares ; l'industrie avance, mais pas k pas ; cependant elle est encore loin d'avoir résolu l'ensemble des problèmes qui surgissent devant elle, et l'étude de sa marche devient minutieuse.

On file et on tisse aujourd'hui comme il y a vingt ans et plus ; néanmoins, le niveau général de la qualité des produits est incontestablement plus élevé ; les prix de vente se sont abaissés, pendant que les salaires se sont accrus dans une proportion marquée. Ces résultats, rendus plus évidents par l'Exposition de 1867, sont dus, k part quelques exceptions sur lesquelles nous insisterons, à la diffusion des progrès plutôt qu'à l'originalité des moyens.

Cependant, quelques industries ne figurent que par leurs produits et n'ont point exposé les procédés intéressants qui les caractérisent. Tels sont les feutres, les broderies, les dentelles, les étoffes pour ameublement et les tapis, ceux-ci représentés seulement par un métier à tisser les moquettes, dans la section belge ; les améliorations réalisées dans ces spécialités sont largement démontrées dans les vitrines de la France et des autres pays, notamment de la Suisse et de l'Angleterre ; il est regrettable que l'absence du matériel approprié à des travaux si longtemps réservés, pour la plupart, k des femmes ne nous en permette pas l'étude.

Cette relation intime entre les résultats et les appareils qui les fournissent nous a naturellement amenés k désirer, pour les Expositions ultérieures, la constitution de groupes où les jurés, appelés k statuer sur la valeur des moyens et des produits d'un même ordre, seraient réunis de façon k s'éclairer mutuellement, au profit des industries dont ils représenteraient les intérêts. Les hommes de science trouveraient chez les praticiens des données propres k les mettre en garde contre certaines idées mécaniques, plus séduisantes en apparence que réellement avantageuses; l'attention des praticiens serait

MATÉRIEL ET PROCEDES DE LA FILATURE. Uu

éveillée par la curiosité de collègues toujours à la recherche île moyens dont la nouveauté constitue souvent le principal obstacle à l'adoption. Il en résulterait, si nous ne nous trompons, une garantie de plus pour la répartition générale des récompenses entre les diverses classes. L'examen des industries fondamentales des classes 55 et 56, qui présentent un ensemble imposant dans la galerie des Machines, démontrera peut-être, en nous obligeant parfois à des empiétements inévitables, l'opportunité de cette classification.

Les principes qui servent de base au traitement des matières fibreuses permettent de ramener à sept grandes catégories les nombreuses ramifications de la classe 55 : i° filature du coton, 2° du chanvre, du lin et du jute, 3° des laines longues et autres fibres animales de dimensions analogues, 4° des laines et autres fibres animales courtes, 5° de la soie, 6° des déchets de soie, 7° f ensemble des moyens manuels et mécaniques de la cerderie : quatorze assortiments différents concourent au même résultat final , la formation du fil. Mais chacun d'eux a son caractère propre. Dans le coton, deux catégories distinctes de machines : l'une, destinée à la préparation des filaments courts et basée sur le cardage, donne des fils des n°* 50-60 ; l'autre, réservée aux fils plus fins, doit toute sa perfection au pi'ignage. Le lin et le jute peignés peuvent être transformés sur le même assortiment. Le chanvre exige des modifications telles de force et de volume, dans les organes des machines, que cet outillage forme un assortiment distinct; les déchets du lin, du jute et du chanvre, ou étoupes, sont travaillés sur les mêmes appareils. Dans l'industrie de la laine, deux systèmes principaux sont en usage : la carde et le peigne; la carde pour tous les brins courts et vrilles , le peigne pour les filaments longs et lisses ; le peignage étant subdivisé lui-même en deux assortiments, suivant les dimensions de la fibre élémentaire. La laine mérinos et la laine anglaise ne sauraient se traiter par les mêmes organes. La soie présente l'outiltoge le plus simple et le plus original , car le rôle du filateur

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devient tout autre ici que dans les industries précédentes ; la matière soyeuse livrée à l'état de fil par cette machine vivante, dont la merveilleuse délicatesse cause tant de soucis au magnanicr, doit être seulement dévidée et moulinée, c'est-à-dire retordue suivant certaines règles spéciales.

Le travail des divers déchets de soie exige, au contraire, un ensemble de machines comparable aux assortiments des autres matières textiles. Certains de ces déchets, désignés sous le nom de frisons et provenant du dévidage des cocons, doivent subir un dégommage préalable. Les autres, dus aux opérations ultérieures de la filature et môme du tissage, peuvent être transformés directement ; des différences, sensibles à la pins simple inspection, dans les caractères physiques de ces déchets, nécessitent deux séries de machines. A ces divisions fondamentales s'ajoutent des outillages dont la composition est tronquée ou modifiée en raison de certains produits particuliers; tels sont les assortiments spéciaux à la production des feutres de laine, des fils cardés-peignés, des fils feutrés, etc. La corderie, dont le bagage mécanique est encore restreint, présente cependant quelques machines intéressantes qui viennent clore l'ensemble du matériel de la classe 55 ; l'examen des pièces détachées pour filature et des garnitures de cardes complète naturellement l'étude des assortiments auxquels elles sont destinées.

Cette classification générale conduit tout d'abord à l'étude du matériel utilisé dans le travail du coton.

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