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RAPPORT

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Coudre du drap fin

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Aisamblage des guêtres

On peut classer les machines à coudre d'après le nombre des fils qu'elles emploient et le genre de points qu'elles exécutent.

H y a trois genres de points :

i°Le point de chaînette à un fil. —11 est identique au point de crochet ou de tricot ; un côté de la couture ressemble au piqué, au point arrière, et l'autre à une broderie chaînette. Ce genre de couture se déraille facilement.

la point bouclé à retors, à un fil [système Willcox et Gibbs, de New-York). —Ce point diffère du point de chaînette ordinaire en ce que chaque boucle est tordue avant que la boucle suivante passe par la première pour s'entrelacer avec elle, ce qui produit une couture forte et très-élastique. La torsion et la formation des boucles sont obtenues par un double crochet automatique et rotatif très-simple, qui fonctionne avec une rapidité et une sûreté remarquables. La cousense Willcox et Gibbs peut fonctionner à la vapeur avec une vitesse prodigieuse, et cela sans bruit et sans vibration, ce qu* tient à ce que le mécanisme en est réduit pour ainsi dire à sa plus simple expression : un arbre faisant tourner le double crochet automatique et deux excentriques , dont le premier commande la marche de l'aiguille supérieure et le second règle l'avancement de l'ouvrage.

GltOLPE VI. — CLASSE '61.

Une disposition très-ingénieuse empêche la machine île fonctionner à contre-sens; une balle de caoutchouc est logée entre le bâti et le volant, et reste libre tant que le mouvement se fait dans le bon sens; mais la balle fait coin et s'oppose à la marche du volant dès qu'il tend à tourner en sens contraire.

La maison Willcox et Gibbs a construit et inventé de trè>nombreuses variétés de guides, qui permettent d'exécuter ions les ouvrages imaginables de couture. C'est du catalogue de cette maison que la liste des guides mentionnés plus haut a été extraite ; le Jury les a vus fonctionner et en a été très-satisfait.

Nous devons insister ici sur un malentendu qui a eu lieu pendant l'examen du Jury et qui a été factieux pour la maison Willcox cl Gibbs. Dans la section française, MM. GritzneretO exposaient des machines du système Willcox et Gibbs, mais le catalogue officiel n'en indiquait pas la provenance; le Jury, ne sachant pas que ces messieurs étaient des agents accrédités de la maison Willcox et Gibbs , à Paris , pensa que les machines exposées étaient des imitations, ou que, si elles étaient les véritables machines, elles faisaient là un double emploi et seraient examinées et jugées dans la section des fttats-Unis. Dans tous les cas, on ne pouvait accorder de récompense à MM. Gritzner pour des machines qui n'étaient pas fabriquées par eux. Malheureusement pour eux, MM. Willcox et Gibbs avaient pensé que la représentation de leur maison dans la section française était suffisante et n'avaient rien exposé dans le département des États-Unis.

Si l'explication de ce malentendu avait été reçue à temps, il est certain que la maison Willcox et Gibbs, de New-York, aurait obtenu une récompense importante, que ses machines méritent à tous égards par leur simplicité, leur excellent construction et la perfection de leur fini.

2° Lïjmnt de chaînette à deux fils est formé de deux Us

passant réciproquement l'un dans la boucle de l'autre. Il se déraille presque aussi facilement que le point de chaînette à un fil et demande beaucoup plus de fil, Gm50 par mètre de roulure.

3" Le point lié à deux fils ou point de navette, ainsi nommé parce qu'il fut exécuté en premier lieu par les machines à navetle ; il est indécousable et forme un piqué symétrique de chaque côté de l'étoffe ; l'entre-croisement des deux fils se fait au milieu même de l'épaisseur de l'étoffe.

En prenant pour unité la longueur de fil nécessaire au point noué, le rapport entre la quantité de fil exigée pour chaque point s'établit comme il suit :

Point lié ou point de navette (deux fils) 1. >■ Point de chaînette (un fil) 1 . 8

Point de chaînette (deux fils) 2. 5

Deux systèmes sont usités concurremment : le système Myas Howe junior, qui est le plus ancien, exécute le point lié avec la navette ; le second, plus simple, exécute le même point sans navette. 11 est dû à MM. Wheeler et Wilson, •le New-York.

1° Système Elyas Howe J«- ou à point lié à navette. Le point lié devrait s'appeler point Howe, car il a été conçu et exécuté par cet infatigable inventeur. Les métiers de tisserand lui ont très-probablement fourni l'idée de la navette. Dans la couseuse, la navette traverse, en y laissant son fil, la boucle déjà faite par l'aiguille supérieure et forme le point Hé. Dans le métier de tisserand, la navette joue un rôle tout à fait analogue par rapport à la trame.

Le Jury de 1867 a réparé l'oubli des Jurys des Expositions précédentes, en accordant à M. Elyas Howe junior,* promoteur de la machine à coudre, » une récompense de coopérateur ; c'est une justice rendue aux longues et utiles recherches de M. Elias Howe.

L'usage de la navette, pour les couseuses à point lié, a

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donné lieu à plusieurs modèles de machines dont les transmissions, bien que très-ingénieuses, ne laissent pas que d'être assez compliquées et d'appeler conséquemment de nombreux perfectionnements et à des simplifications.

Pour produire les mouvements alternatifs nécessaires, on a le plus généralement eu recours auv cames à rainures et aux excentriques; ces transmissions, très-lourdes d'ailleurs, occasionnent, non-seulement beaucoup de frottements et d'usure, mais encore des vibrations très-nuisibles, sinon fatales à la machine et qui, du reste, fatiguent l'opérateur par leur bruit.

Les navettes, toujours trop lourdes, s'usent vite; pour remédier à cet inconvénient, on les rend plus lourdes encore, ce qui est une grave erreur ; car du même coup, on augmente inutilement les frictions et les vibrations. Les navettes sont munies de canettes qui ne contiennent pas assez de fil et la tension de ce fil laisse encore beaucoup à désirer, bien que de nombreux perfectionnements aient été proposés et essayés.

Les machines à navette les plus logiques et qui donnent les meilleurs résultats, sont celles dans lesquelles les mouvements alternatifs de la navette et de l'aiguille supérieure sont commandés par des bielles et des manivelles dont les points morts correspondent à ceux de la navette et de l'aiguille. Ces machines sont néanmoins sujettes aux vibrations inhérentes au mouvement alternatif de la navette.

En résumé, les machines à navette exécutent une bonne couture, très-solide: mais elles sont bruyantes, lourdes, massives et des plus fatigantes à faire fonctionner.

2° Système Wheeler et Wilson, point lié tans navette. - La description de la machine a déjà été donnée par les Jurys des Expositions précédentes» Le Jury de 1867, comme ceux de 1855 et de 1862, considère ce système comme le pins simple ; la machine est construite suivant les règles de la bonne mécanique et dans les meilleures conditions. La navtrttc

à mouvement de va-et-vient est remplacée par un disque qui a la forme de deux croissants juxtaposés et tourne dans un plan vertical ; ce disque reçoit une bobine lenticulaire, contenant cinq ou six fois plus de fil que les navettes, et au moyen de laquelle on obtient une tension très-satisfaisante du fil. Ces machines, étant indépendantes des cames à rainures, sont légères et fonctionnent sans vibration et sans bruit. Il faut, du reste, que les fabricants soient bien sûrs de l'excellence de leurs produits, puisqu'ils garantissent leurs machines pendant quatre ans, non-seulement contre tout vice de construction, mais encore contre l'usure et tous frais de réparation.

MM. Wheeler et Wilson, de New- York, ont une exposition très-rernarquable ; le Jury leur a accordé une récompense, nonseulement pour la perfection de leurs machines à coudre, mais encore pour leurs machines spéciales et mixtes à faire les boutonnières, qui sont appelées a rendre de très-grands services dans la coulure.

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