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CHAPITRE III

MACHINES A COtDUE.

II est inutile de revenir sur f histoire de la machine à couvre; chacun en comprend aujourd'hui l'importance et en apprécie les services. Tous les systèmes exposés au Champ-dc- Mars l'ont déjà été aux Expositions Universelles précédentes

el ont été expliqués, décrits et discutés, soit dans les rapports des Jurys, soit dans les publications industrielles.

Depuis 1855, les machines à coudre, à broder, à soulachcr ont été considérablement simplifiées et perfectionnées. Les seules machines réellement nouvelles sont les machines \xrnr faire les boutonnières ; elles compléteront la révolution oj>érét' par les machines à coudre.

Les machines à faire les boutonnières sont de deux genrecs : les machines spéciales et les machines mixtes.

i° Machines spéciales aux boutonnières. Ces machines dépendront aussi indispensables à la confection que les machines à coudre. H y a deux systèmes, tous deux automatiques: le premier est le système Wheelei' et Wilson, de New -York (États-Unis), inventé par deux frères, mécaniciens Irès-liabiles, MM. James-A. Housc et Henry-A. House (breveté le H novembre 1862). Tout le mécanisme, très-simple du reste, est renfermé dans un coffre installé sous la table de travail et mi, comme toutes les machines à coudre, soit par la pédale, soit par la vapeur.

Le trou de la boutonnière, préalablement percé à l'cmportepièce, étant placé immédiatement au-dessus de la fente du coffre qui contient le mécanisme, la machine est mise en mouvement; aussitôt on voit sortir de cette fente deux aiguilles qui, par leur mouvement alternatif de bas en haut et de haut en bas. revêtent la boutonnière de ganse ou de cordon et en couvrent les bords régulièrement et solidement par un point croisé double à deux fils. Ces aiguilles, parties de l'extrémité delà boutonnière, la suivent tout du long ; arrivées à l'œillet, elles tour-

lient sur elles-mêmes en le recouvrant de fil, et reviennent au point de départ en longeant et mordillonnant l'autre bord de la boutonnière.

Cette machine opère avec une rapidité merveilleuse. Sous les yeux du Jury, elle a confectionné en 24 secondes trois boutonnières de 0m04 de long dans un drap d'hWer très-épais.

MATÉRIEL ET PttOCÉDES DE 1.A COUTURE. ^3

L'avantage de cette machine sur toutes les autres de l'Exposition est d'éviter de retourneretde conduire l'étoffe. Elle peut faire des boutonnières de toute grandeur et de toute forme.

Le second système est celui de la compagnie Union button hole and embroidery, de Boston | États-Unis». La machine a l'apparence d'une forte couseuse à navette ; l'aiguille supérieure fonctionne verticalement ; c'est le mécanisme inférieur qui produit le point de boutonnière. Ce système est l'inverse de celui île Wheeler et Wilson. L'étoffe se meut et tourne tandis que les aiguilles fonctionnent sur place. L'étoffe est fixée sur une plaque tournante qui, par un mouvement de translation rectiligne d'abord, puis rotatoire, et recliligneen dernier lieu, vient amener toutes les parties delà boutonnière sous l'aiguille verticale.

C'est une machine très-ingénieuse, qui fait des boutonnières excellentes et de toutes grandeurs, mais qui a l'inconvénient d'être lourde et compliquée, et qui, de plus, exige que l'étoffe ou le vêtement soient retournés et mis en marche pendant le travail; enfin, le bâti qui contient la transmission de l'aiguille supérieure et la supporte est très-encombrant, surtout quand on a de larges pièces à manœuvrer.

2° Machines mixtes à faire les boutonnières. Ce sont des machines à coudre ordinaires , qui , par un changement, soit de certaines pièces, soit de certaines transmissions, peuvent être transformées en machines à faire des boutonnières.

Il y a trois systèmes :

Le système de Wheeler et Wilson, de New- York (États- Unis), qui est encore dû à MM. House ; il consiste à remplacer la plate-forme de la machine à coudre par une plaque spéciale, qui, par une transmission très-simple, est douée d'un double mouvement d'oscillation et de translation ; le mouvement d'oscillation, combiné à l'action de l'aiguille supérieure, sert à former le point de boutonnière, tandis que le mou-

£î'l GROUPE VI. — CLASSE 1)1.

vement de translation fait avancer l'ouvrage sous cette même aiguille.

Les boutonnières ainsi obtenues sont arrêtées aux deux bouts par la machine et sont identiques à celles que l'on fait en lingerie. Avec ce système on peut même coudre des boulons; il faut pourtant avouer que bien que ce tour de force s'exécute à la machine avec beaucoup de facilité, il n'économise pas la main-d'œuvre ; il permet seulement aux fabricants qui exposent des ouvrages très-élaborés de lingerie de dire que tout a été cousu à la machine, voire même les boutons.

Le système Rertram et Fanton (États-Unis) est analogue au précédent ; il est, du reste, appliqué par ses inventeurs, et exclusivement applicable aux machines à coudre du système Wheeler et Wilson. La plaque ou guide à boutonnières est soumise aux mêmes mouvements d'oscillation et de translation, au moyen de transmissions différentes. Le point est le même.

Le système American button hole Company, de Philadelphie (fitats-Unis). On l'applique à une couscuse ordinaire, dont la partie inférieure contient les organes qui servent, soit à la eouture, soit aux boutonnières ; on rend fixe l'un de ces organes par un simple débrayage ; alors on peut exécuter, soit la couture ordinaire, soit des boutonnières, selon que l'organe laissé libre est celui de la couture ou celui des boutonnières. Cette machine fait des boutonnières très-belles et de toutes grandeurs, à l'usage des tailleurs, mais qui ne peuvent pas (tire employées en lingerie.

Brodeuse et soutacheuse. La « couso-brodeusc » de M. Hugand donne des résultats très-remarquables en broderie, soutache et application d'Angleterre. C'est une machine du genre de celle que M. Magnin exposait en 1855 ; elle fonctionne avec des crochets au lieu d'aiguilles et peut opérer sur quatre fils.

Les bobines sont installées sous la plaque de travail. Cette machine, très-ingénieuse bien qu'elle donne des résultats trèssatisfaisants, peut être améliorée par des simplifications auxquelles le fabricant songe déjà.

Couseuse à deux navettes et à fils poissés, pour voiles, sacs, etc., de M. J. Coignard, de Nantes. C'est une puissante machine avec laquelle on exécute simultanément les deux coutures parallèles des joints des grosses voiles, à raison de deux mètres par minute. La navette perfectionnée de M. Coignard lui permet d'employer de très-gros fils goudronnés.

Machines à canon, spéciales pour la cordonnerie. Elles permettent de piquer les tiges, de rabattre, etc., en un mot d'exécuter tous les genres de travaux sur le cuir. Dans la construction de ces machines, le type Howe est le plus généralement adopté ; deux maisons américaines en font leur spécialité. La Compagnie des machines Howe (Howe machine Company) , de Bridgeport (États-Unis), a obtenu une récompense pour ses machines. La seconde maison est celle de A.-B. Howe, dont les produits ont été avantageusement remarqués.

Machines à coudre proprement dites. — Ces machines n'ont pas donné lieu à d'autres innovations que celles qui viennent d'être mentionnées dans la description des machines mixtes à faire les boutonnières. Les constructeurs se sont surtout appliqués à créer et à combiner des guides spéciaux qui permettent d'exécuter, a la machine, les ouvrages les plus variés et les plus compliqués, et cela avec une régularité qui défie le travail à la main.

La liste suivante va donner une idée de ce que l'on peut faire avec ces guides :

Guides à aller droit, à ourler, à rabattre, à marquer pour ouater, à ouater sans marquer, à ourler avec chaînette à l'endroit i cravates, etc.), à ourler et ganser en môme temps (para-

pluies, etc.), pliant une fois pour lisière et deux fois sans lisière, à border et ourler en même temps, à border toute espèce d'étoffe, à border \ bonneterie), à border les courbes intérieures (cordonniers et tapissiers, etc.), à dérouler (bonneterie), à ganser automatiquement, presse-étoffe à gansjr, à faire les petits plis (devante de chemises et jupons, etc. », couteau à poser la ganse, à plier et à coudre des band >s en biais, à plier et coudre des bandes en biais avec une ou deux piqûres, à soutacher en dessus de l'étoffe, à soulachcr avec deux soutaches, à froncer et soutacher en même temps, à froncer, à broder, à coudre les rubans de crinolines en dessus, à coudre les rubans de crinolines en dessous, à piqûres parallèles pour crinolines, à zigzag, etc., etc.

Si l'on est frappé de la variété des travaux qui peuvent être exécutés à la machine, on ne le sera pas moins en jetant les yeux sur un tableau comparatif préparé par la maison Wheeler et Wilson, de New-York, qui indique le temps nécessaire pour confectionner certains ouvrages à la main et à la machine, puis le nombre de points exécutés par minute, soit à la main, soit à la machine.

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h la machine.

eoXFECTIOX à la main.

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à la machine.

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