CARR06SERH- ET CHARRON NAGE
à la fonte, etc. Les voitures à grands trains, qui avaient été momentanément abandonnées à cause de leur poids, reprennent faveur, depuis que l'on est parvenu à les rendre moins lourdes, plus roulantes et plus douces au moyen d'un montage mieux entendu. D'un autre côté, les voitures sans trains et montées sur ressorts plats ont été très-simplifiées. Ce système de montage rapproche les roues, en leur donnant beaucoup plus de hauteur ; la suppression de la flèche, en laissant aux roues de devant la facilité de tourner tout à fait sous la caisse, permet la manœuvre plus aisée de la voiture, avantage très-sensible pour les voitures destinées à circuler à l'intérieur des grandes villes, où il existe beaucoup de rues étroites et constamment encombrées.
Après avoir indiqué les progrès réalisés, il convient de signaler une tendance fâcheuse, contre laquelle nous croyons utile de mettre en garde l'industrie de la carrosserie. En présence du succès qu'obtiennent les landaus, plusieurs fabricants s'ingénient à combiner des voitures dites à transformation, qui, au moyen de mécanismes, peuvent affecter plusieurs formes, tels que coupés, victorias, calèches, ele . , de telle sorte qu'une seule voilure remplisse suceessivement, suivant les besojns ou le caprice du propriétaire, l'oflice de plusieurs voitures d'espèce différente. Sans méconnaître l'esprit inventif ni la science mécanique que révèlent ces tentatives, nous devons dire que ces nouveaux systèmes provoquent de graves objections. En premier lieu, les mécanismes compliqués qu'ils exigent ne peuvent être installés à l'intérieur de la voiture qu'aux dépens de la solidité et de l'élégance ; il faut, en effet, pratiquer des entailles dans la caisse et laisser dans certaines parties, notamment aux contours des portières, des fissures ou des ouvertures plus ou moins apparentes qui donnen accès à la poussière ou à la pluie. En second lieu, les ressorts intérieurs du mécanisme produisent, au bout de peu de temps, des bruits de ferraille qui sont fort désagréables et ne conviennent en aucune façon à une voiture de luxe, sans compter t. ix. 24
que cette addition de pièces métalliques augmente le poids. Enfin, si soigneux que l'on suppose le cocher et le palefrenier chargé du lavage, les mécanismes sont nécessairement sujets à des dérangements qui entraînent des réparations et l'envoi fréquent de la voiture chez le carrossier. On croit avoir plusieurs voitures en une seule, et il se trouve le plus souvent que chacune de ces voitures est très-imparfaite. Il n'y a là aucun profit et nous croyons que ces combinaisons, dont on voit plusieurs spécimens à l'Exposition, n'ont point de chance sérieuse d'avenir. L'intérêt et le bon goût des consommateurs suffiront pour réprimer ces prétentions au tour de force. Ce n'est point là qu'est le progrès.
Nous terminerons ces observations par l'indication approximative du poids et des prix des principales voitures de taxe.