CARROSSERIE ET CHARRONNAGE
l'industrie. Si le consommateur profite de celte amélioration universelle, l'ouvrier en tire également son bénéfice, car partout le taux de la main-d'œuvre a haussé.
Le résultat du concours a été très-honorable pour l'industrie française, comparée avec l'industrie anglaise, qui élait considérée, jusqu'alors, comme supérieure.
Les statistiques du commerce attestent, d'ailleurs, les progrès réalisés par l'industrie française, dont les exportations ont quadruplé depuis vingt ans et dépassent, aujourd'hui, une valeur de -4 millions de francs. Les produits sont expédiés dans tous les pays étrangers, en concurrence avec ceux de l'industrie anglaise.
Sur un seul point, les carrossiers français ont à s'inspirer des exemples de leurs rivaux d'outre-manche; nous voulons parler des dispositions intérieures de la voiture. On est généralement mieux assis et plus à l'aise dans les voitures anglaises. Les Anglais n'hésitent pas à sacrifier, quand il le faut, l'élégance au confort. Il convient d'appeler sur ce détail trèsimportant l'attention des carrossiers français, qui sauront, nous n'en doutons pas, concilier le confort avec l'élégance des formes.
En résumé, l'exposition de la carrosserie, en 1867, a révélé de sérieux progrès. La France et l'Angleterre y ont tenu le premier rang, et , si l'on se reporte à la liste des récompenses décernées, il est permis de dire que, dans cette branche d'industrie, la France n'a plus à s'incliner désormais devant aucune supériorité.
Bourrelerie et sellerie, par M. Noisette, ingénieur, directeur des ateliers et des constructions de la Compagnie générale des Omnibus.
BOURRELERIE ET SELLERIE
Par M. NOISETTE.
L'exposition de la classe 62 a été aussi complète que possible. Trente natk>*s jr ont pris part et trois cents fabricants ont envoyé leurs produits. Chaquenation a exposé desspécimens de harnais, et il en résulte, au premier abord, une certaine variété dans les formes et surtout dans l'ornementation des articles destinés à la consommation de luxe. Toutefois, on reconnaît que, peu à peu, les formes spéciales tendent à disparaître pour faire place aux types adoptés en France et en Angleterre, où se trouvent les grands centres de fabrication, et il y a lieu de prévoir que, dans un avenir plus ou moins prochain, les types anglais et français seront en usage dans le monde entier.
Déjà la Grande-Bretagne exporte dans ses nombreuses colonies, disséminées sur tous les points du globe, pour une valeur de 8 millions de francs, en seltes et harnais. Ces produits, plus perfectionnés et moins coûteux, parce qu'ils sont fabriqués par grandes masses, se substituent à ceux de Fîndustrie indigène. De mê"me, dans les pays d'Orient, où la sellerie a eu, de tout temps, une grande importance, à raison des soins particuliers qui y sont donnés aux chevaux, on commence à ne plus employer, pour la consommation ordinaire, que les modèles
européens. L'exposition de la Turquie présente des selles, dites anglaises, à l'usage des pachas.
Tout en tenant compte des différences que les chevaux présentent dans leurs formes et de la diversité des emplois et des régimes de traction auxquels ils sont soumis dans chaque pays, on doit considérer que la disposition des harnais a partout pour objet la solution du même problème, à savoir: la facilité, la douceur et la sécurité de la traction. Ce résultat parait atteint, dans tous les pays d'Europe, de manière à laisser peu de place aux inventions nouvelles, et, en effet, l'Exposition Universelle ne présente, en matière de sellerie, aucune innovation qui mérite d'être signalée ; on ne remarque que des perfectionnements de détail dans le mode de fabrication, et notamment remploi des machines à ooudre, pour les piqûres des harnais légers. Quelques modifications ont été tentées dans le rembourrage des colliers, dans les fermetures et dans les moyens de régler les dimensions, selon l'encolure du cheval ; mais ces essais , qui datent de plusieurs années, n'ont pas encore été consacrés par la pratique. Nous ferons la même observation à l'égard des systèmes de dételage instantané et d'arrêt pour les chevaux emportés. L'esprit d'invention s'est beaucoup exercé dans cette direction; malheureusement le résultat ne parait pas encore certain.
§ t. — Selles et htrnais.
Si l'on compare les harnais fabriqués dans les différents pays, on remarque que les harnais français se distinguent par leur élégance autant que par leur solide exécution et par le choix des matières qui entrent dans leur confection. Les formes sont gracieuses et remplissent en même temps toutes les conditions d'un bon ajustement. Les progrès réalisés dans la fabrication des cuirs, particulièrement pour les cuirs vernis, ont beaucoup influé sur ceux de la sellerie.
L'exposition espagnole est la seule qui ait disputé à la
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France le premier rang. Un fabricant de Madrid a exposé des produits tout à fait remarquables. La pureté du dessin, l'excellente confection des selles et des harnais, l'exécution très-habile du gaufrage dans les selles et dans les vernis sont de véritables tours de force, qui, après avoir excité l'admiration chez les fabricants, éveilleront leur émulation et seront, à coup sûr, imités dans les autres pays.
L'Angleterre n'a exposé qu'une petite quantité de harnais, mais les selles qui figurent à l'Exposition sont parfaitement fabriquées. Les selliers anglais ont présenté des arçons en bois de coudrier, qui se distinguent par leur bonne forme et par leur légèreté. Jusqu'ici, ces sortes d'arçons n'ont été exécutés qu'en Angleterre. Il y a là un emprunt à faire pour les autres pays.
Les harnais russes ont particulièrement appelé l'attention, à cause des faibles dimensions des lanières de cuir dont ils sont composés. A voir l'exiguïté et la légèreté de ces lanières, on pouvait douter de leur solidité. Mais le jury a procédé à des essais comparatifs à l'aide du dynamomètre Perivaux. Les cuirs français, des meilleures provenances, ont donné une résistance de 4 kilogrammes par 1 millimètre de section, tandis que les cuirs russes ont dépassé 9 kilogrammes. Cette différence, qui résulte d'essais fréquemment répétés sur les échantillons produits à l'Exposition, attesterait, pour les cuirs russes, une supériorité très-marquée, qui doit provoquer l'attention des tanneurs français. L'industrie de la sellerie ne peut que profiter de la concurrence qui va incontestablement s'établir entre les cuirs russes et les cuirs réputés les meilleurs des autres provenances. L'apparition des cuirs russes a été une véritable révélation pour les personnes compétentes qui sont intéressées aux progrès de la sellerie.
Parmi les autres pays qui ont exposé des harnais, la Prusse et le Danemark méritent également une mention, pour la bonne exécution de leurs produits.
nnouPE vi. — classe 62.
S 2. — Fouets, cravaches, gtickR.
Pendant longtemps, l'Angleterre a conservé une supériorité très-marquée pour la fabrication de ces produits accessoires de la sellerie, surtout pour les produits destinés à la consommation de luxe. Elle ne s'est point laissé dépasser, mais la France, la Prusse, la Belgique, l'Espagne, peuvent aujourd'hui lutter avec elle. Il n'y a vraiment plus de différence, soit pour l'excellence des matières, soit pour l'élégance des formes, entre les produits anglais et les produits français. Pour les fouets communs, la France possède les fouets dits Perpignan, en bois de celtis, qui sont d'un usage général pour les voituriers et les cochers des voitures publiques.
S 3. — Éperonnerie.
Cette branche de la sellerie comprend la fabrication en acier, en fer et en fonte malléable des éperons, des mors et des étriers. De même que, pour les fouets et les cravaches, l' Angleterre a été longtemps, pour la production de ces articles, en avance sur tous les autres pays. L'exposition française atteste des progrès qui l'élèvent au niveau de l'exposition anglaise ; on peut même dire que, pour l'élégance des formes, elle est devenue supérieure. Au surplus, les perfectionnements remarqués dans les diverses branches de la sellerie française s'expliquent par le développement des goûts du sport, par la direction intelligente qui a été imprimée, depuis quelques années, à l'élève des chevaux , et par les soins particuliers qui ont amené J'ainélioration de la race chevaline. Tous ces progrès se tiennent et procèdent les uns des antres. L'exemple de l'Angleterre, où l'hygiène et le culte du cheval ont été de tout temps poussés à un si haut degré, a servi d'enseignement aux autres nations et la France a su en profiter largement.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l'Exposition de 1867, pour la sellerie, n'a point révélé d'inventions ni d'innovations
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qui méritent d'être signalées ; ce qui la caractérise, c'est la perfection de plus enplusgrande dans lesprocé lés de fabrication. Les harnais sont plus légers et ornés avec plus de goût, ct^ce double progrès est appréciable chez tous les peuples qui, aujourd'hui, s'inspirent des mêmes modèles et emploient les mêmes matières que l'expérience a consacrées. L'Exposition de 1867 l'emporte, d'ailleurs, sur les Expositions précédentes, tant par le nombre des exposants que par la variété et la bonne confection des produits.
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