‹ Rapports du médecin avec la société en généralChapitre 3 sur 3 · PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS

La digitale pourprée ( digitalis purpurea ) est une plante de la famille des personnées de Tournefort } de la didynamie angiospermie de Linné, et que Jussieu a rangée dans les scrophulaires. Linné la distingue ainsi : digitalis calycinis foliolis , ovatis, acutisj corollis obtusis j labio superiore integro. — Sa tige est haute de deux à quatre pieds , droite , velue , et ordinairement simple; les feuilles sont ovales , pointues , blanchâtres et cotonneuses en dessous , presque ridées et dentées sur leurs bords, et rétrécies en pétiole à leur base : les inférieures surtout sont molles et sensiblement pétiolées. Les fleurs sont grandes, de couleur purpurine,, agréablement tachées ou tigrées dans leur intérieur, et un peu pendantes, formant un epi terminal fort long, entremêlé de bractées foliacées ; les lobes du calice sont ovales, velus, et la lèvre supérieure de la corolle est entière. — La digitale est une plante amère et très-active; à haute dose, c’est un poison qui fait périr en causant des vomissemens, des coliques atroces , des déjections sanguinolentes, une sorte d’ivresse, etc.; administrée d’une manière convenable , elle peut être extrêmement utile.

Les préparations de la digitale ordinairement employées, sont: | es extraits aqueux et alcoholique , la teinture et la poudre : cette dernière est plus généralement mise en usage , et doit être préférée surtout dans les cas d’hypertrophie du cœur. J’en ai vu retirer d’excellens et de très-prompts effets, en l’administrant d'abord à la dose d’un grain , et en augmentant graduellement jusqu’à dix , douze , quatorze et même seize grains. Lorsque l’on reconnaît que l’estomac est très-irritable, la gomme arabique et le sucre doivent servir d’intermède.

Les hypertrophies du cœur qui ne sont pas congéniales , étant souvent l’effet d’une phlegmasie latente de ce viscère, peuvent être prévenues par les saignées générales et locales, par la digitale, et par la révulsion exercée surlepoint où siégeait l’irritation extérieure qui vient de se déplacer, si l’on emploie ces moyens aussitôt que les pulsations du cœur ont acquis une énergie extraordinaire.

La digitale ne produit le ralentissement des contractions du cœur que lorsqu’elle est déposée dans un estomac exempt d’inflammation , et qu’il n’en existe point dans les principaux viscères. Dans les cas contraires, elle les accélère en faisant faire des progrès à la phlogose.

La digitale affaiblit la puissance contractile de l’appareil musculaire locomoteur. Elle peut donc être utilisée dans les convulsions, pourvu qu’il n’existe point d’inflammation dans les viscères ; mais

dans aucun cas , il n’est prudent d’en augmenter beaucoup [ a dose, et d’en continuer l’emploi pendant long temps.

' Je pense que M. Gérard f dans sa thèse sur la digitale, a eu tort de refuser à cette plante sa propriété diurétique. Je pourrais ap„ puyer cette proposition de plusieurs observations.

La fièvre ne peut point être considérée comme une maladie essentielle , mais bien comme le symptôme d’une inflammation quelconque.

Les fièvres dites putrides ou malignes compliquent bien moins souvent les maladies chirurgicales, depuis qu’on a reconnu que les toniques et les excitans que l’on administrait dans l’intention de les prévenir en étaient une des principales causes.

HIPPOCRATIS APH011ISMJ.

Ad extremos morbos, summæ curaiiones , quoad rectitudinem , sunt optimæ. Sect. 1 , aph. 6. ^

Senes facillimè jejunium ferunt , secundo ætate consistenies, minimè adolescentes , omnium minime pueri ; ex bis autem qui inter ipsos sunt alacriores. Ibid s aph. i5.

Gùm morbus in vigore fuerit, tune vel tenuissimo viciu uti necesse est. Ibid. y aph. 8.

Spontaneæ lassitudines morbos denuntiant. Sect. 2 , aph. 5.

A morbo belle comedenti nihil proficere corpus , inalum. Ibid., aph. 3i>

In febribus circa veritrem æstus vehemens, et oris ventrîculi dolor, inalum. Sect. 4, aph. 65.

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