‹ Rapports du Zona: Avec la TuberculoseChapitre 8 sur 23 · PAM APRES · texte numérisé non relu

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vue pathogénique, c’est la localisation presque exclusive de traces inflammatoires chroniques au niveau des ganghons spinaux sans qu'il y ait participation de lésions médullaires.

En disant presque exelusivément, nous faisons une légère réserve, car au bout de quelque temps il existe souvent une sclérose médullaire limitée, siégeant en particulier au niveau de la substance gélatineuse de Rolando.

L’examen de la moelle a été fait dans tous les cas par MM. Head et Campbell. Sur des coupes transversales, les libres dégénérées apparaissent contre le bord interne de la corne postérieure, elles deviennent abondantes surtout au niveau de la substance gélatineuse de Rolando, puis leur surface s’effile pour disparaître à peu près aux deux tiers de la corne postérieure.

Sur des coupes longitudinales, on voit les pinceaux de fibres dégénérés, monter pour former un petit ruban plus ou moins considérable le long du cordon postérieur, dans la zone radiculaire.

La longueur du trajet vertical parcouru par ces fibres dégénérées diffère suivant le ganglion atteint. Cette différence tient à ce que les fibres provenant du tronc sont courtes, tandis que celles issues des membres sont beaucoup plus longues; de sorte que, dans la région cervicale, les faisceaux de Roll et Burdach sont exclusivemert formés par celles-ci. |

Dans tous ces cas il a été done bien facile de constater que la lésion médullaire était tout simplement la propagation du processus dégénératif du ganghon à l’axe médullaire. |

En somme, un fait essentiel est acquis d’après tout ce que nous venons de voir: c’est l’existence d’altérations ganglionnaires et l’absence de lésions médullaires primiti-

eos

\ ves. À tel point qu’en synthétisant les lésions anatomo-cliniques exposées, nous pouvons ériger la loi suivante: pas de zona sans altérations ganglionnaires; pas de lésions ganglionnaires sans 20R@.

Pour terminer, nous dirons qu’on ne peut mieux résumer tout ce qui précède qu’en comparant avec Head et Campbell, l’anatomo-pathologie du zona à celle de la paralysie infantile. Pour cela il suffit de remplacer les termes anatomiques: corne antérieure et neurones moteurs par ceux correspondants : ganglions sensitifs et neurones sensitifs, ainsi que le terme de poliomyélite aiguë antérieure par celui de la pohiomyélite aiguë postérieure.

C. Théorie de la poliomyélite postérieure aiguë, associée à une réaction méningée curable

Baerensprung ainsi que les auteurs contemporains à lui, qui avaient étudié et constaté si bien les lésions ganglionnaires, lesquelles constituent la base même de la pathogénie du zona, ne s'étaient pas aperçus de la réaction méningée concomitante.

Cette théorie ne fera que compléter la précédente, qui continuera à garder toute sa valeur clinique, et même nous servira à expliquer fort bien la nouvelle constatation, dont l'étude a été faite surtout par MM. Widal, Sicard, Cestan, Achard, Dopter, Froin, etc.

Depuis le jour où MM. Sicard et Widal communiquèrent le résultat de leurs recherches sur les altérations du liquide céphalo-rachidien au cours de la méningite tuberculeuse, toutes les affections du système nerveux ainsi que le zona furent soumises à des recherches analogues.

En effet normalement le liquide céphalo-rachidien soustrait avec toutes les précautions de la technique usuelle ne

contient pas d'éléments figurés. La méninge est-elle, au contraire, frappée d’inflammation aiguë ou chronique, un exode lymphocytaire ou polynucléaire apparaît suivant les cas, accompagné en même temps d’altérations quantitatives on qualitatives des produits normalement contenus dans le liquide céphalo-rachidien. ,

Comment se traduit cette réaction méningée au cours du

zona ? :

Deux cas sont à considérer; ou bien l’inflammation sérique se traduit franchement avec sa symptomatologie clinique nette; ou elle sera discrète et ne pourra être décelée que par les moyens de laboratoire, c’est justement ce qui se passe habituellement.

Sur vingt-huit cas de zona que M. Margarot rapporte dans sa thèse, la réaction méningée n’a pu être diagnostiquée cliniquement que huit fois, tandis que pour les vingt qui restent, elle n’a pu être établie que par l’examen du liquide céphalo-rachidien.

Grâce à ce merveilleux procédé, on arriva à faire une constatation très importante: à savoir que l’éruption 20siérienne s’accompagnait presque toujours d’une réaction méningée, se traduisant Que une lymphocytose plus ou moins intense.

Sont exceptionnels les cas où la Iymphocytose fait défaut, nous n’avons pu trouver que trois observations.

La première est relative à l’intéressant malade de M. le professeur agrégé Roger, les deux autres concernent les petits malades de MM.'Barbier et Schreiber.

On trouvera ces trois observations à la fin de notre travail. En présence de deux faits essentiels et presque constants: d’un côté une lésion ganglionnaire, de l’autre une réaction méningée, on se demanda s’il ne pouvait pas y

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avoir un lien pathogène pouvant expliquer l’association de ces deux constatations cliniques.

ei est bien connu que l’inflammation d’une séreuse est habituellement secondaire à une lésion viscérale, En général la résistance énorme des séreuses n’est vaincue que par une lésion de l’organe enveloppé. C’est ainsi que nous verrons une pleurite ou une pleurésie se déclarer surtout au

cours d’une lésion pulmonaire, qu’une vaginalite devien-

dra symptomatique d’une orchite et une péritonite fonction d’une lésion des organes abdominaux.

De même, la découverte de la lymphocytose, fait nou-

veau dans l’histoire du zona, fut interprétée à l’appui de

cette conception pathogénique. M. le professeur Brissaud ne pouvait pas s'empêcher de voir là une réaction dé la méninge accolée à lammoelle, primitivement irritée. Au contraire, le ganglion, situé au niveau des trous de conjugaison, semblait bien loin du liquide céphalo-rachidien.

Par ce fait l’origine médullaire du zona prenait au fur et à mesure plus de force, et l’opinion générale en faisait la manifestation d’une méningo-myélite atténuée.

Mais les partisans de la théorie ganglionnaire ne se donnèrent pas pour vaincus, car grâce aux admirables travaux de MM. Head et Campbell, l’origine ganglionnaire de la manifestation cutanée fut remise à l’ordre du jour.

Dès lors il était rationnel d’envisag'er la méningite zonateuse comme consécutive à la lésion des ganglions spinaux.

Evidemment la question ne pouvait être résolue que par l’étude topographique des euls-de-sac arachnoïdiens et de leurs rapports anatomiques avec les ganglions rachidiens ou de leurs homologues cérébraux. Les travaux de MM. Sicard et Cestan contribuèrent à mettre la clarté nécessaire dans la confusion où l’on était plongé à ce sujet.

Dès 1875, Alex. Key et Retzius avaient établi que l’es-

pace sous-arachnoïdien communique librement avec les gaines et les espaces inter-fasciculaires des racines et des troncs nerveux. | ñ ,

Sicard et Cestan complétèrent ces constatations par des recherches expérimentales portant sur es animaux Vivants et sur des cadavres humains.

I] résulte de leurs travaux les conclusions capitales que voici :

1° La longueur du nerf radiculaire (portion des racines comprise entre le point où les racines abordent la duremère et celui où la racine postérieure abo utit au ganglion), est minime, 8 à 10 millimètres environ.

. 2° La dure-mère forme au nerf de conjugaison un véritable manchon fibreux sur un parcours de 2 à 6 millimetres, et constitue le périmètre du nerf de conjugaison.

3° La séreuse arachnoïdienne leur parut se résoudre en un certain nombre de euls-de-sac, mais il fut Hpossiple d’en apprécier la terminaison exacte.

Au-dessous de la séreuse arachnoïdienne se trouvent d’autres culs-de-sae: les culs-de-sac lamello-arachnoïdiens.

Ces derniers font suite à la pie-mère, laquelle ainsi que Pon sait abandonne très vite les fibres nerveuses issues de la moelle, pour faire place à un tissu de condensation SOUSarachnoïdien, à structure lamelleuse: d’où le nom que lui Su MM. Sicard et Cestan.

* Ces culs-de-sac lamello-arachnoïdiens dépassent la ie des culs-de-sac séreux arachnoïdiens : en un mot leur profondeur est plus grande.

Il en est un, celui qui entoure le faisceau radiculaire le plus central, qui présente la pénétration la plus profonde.

Il va voisiner avec le pôle interne du ganglion, sans jamais cependant refouler et dissocier les cellules ganglionnaires.

Ainsi donc, ces constatations capitales, ne laissent plus aucun doute sur les rapports de voisinage existant entre le pôle interne des ganglions et des euls-de-sac séreux.

Ce voisinage, cette contiguité, était des plus importantes et déjà ces auteurs tiraient des déductions cliniques pour ce qui nous intéresse. & Aw point de vue clinique nous croyons pouvoir expliquer l’absence ou la présence de la lymphocytose rachidienne dans le zona tributaire d’une altération ganglionnaire, suivant le siège et l'intensité de la lésion au niveau des pôles internes ou externes de ces ganglhions, selon également la disposition anatomique de la région, le rapprochement ou l'éloignement ganglionnaire des

‘ culs-de-sac lamello-arachnoïdiens. »

Une dernière conclusion en découle, c’est d’avoir recours à des ponctions lombaires en série; car des constatations régatives ou douteuses perdent de leur valeur du fait même d’une seule ponction pratiquée à un moment inopportun.

Se,

CETAPTER ENT

SYMPTOMATOLOGIE

L'étude clinique du zona tuberculeux ne varie guère de celle du zona en général. Tei comme ailleurs nous pouvons distinguer une période de début et une période d'état.

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