OBSERVATION I
Madame L.., âgé de 32 ans, est entrée en mars dernier à l’'Hôtel-Dieu: c’est un goître exophtalmique avec un tableau complet. La tétrade symptomatique est au maximum: gros goître parenchymateux prenant toute la glande avec toutefois prédominance à droite, exophtalmie très prononcée, tachycardie (pouls 130 et
0 do
140), tremblements, ajoutons troubles vaso-moteurs très prononcés avec crises sudorales, troubles psychiques et amaigrissement inquiétant (douze livres dans les cinq dernières semaines). Ne pouvant compléter lobservation par une recherche du métabolisme, on met la malade au repos complet et on commence immédiatement le traitement iodé, en demandant de peser régulièrement la malade.
L’accroissément du poids, marche de pair avec le métabolisme que l’on pouvait apprécier. Le traitement iodé fut poursuivi jusqu’au 27 mai, date à laquelle eut lieu l'intervention. La malade n’avait pas quitté le lit depuis son entrée à l'hôpital. De 140, son pouls était retombé entre 100 et 120. Le poids était de 55 kilogs alors qu'à l’arrivée il était de 51 kilogs. Comme seul traitement préopératoire immédiat, V gouttes de digitaline la semainé précédant l'intervention.
L'opération pratiquée à l’anesthésie locale, consista en une hémithyroïidectomie droite. Le douzième jour, la malade quittait lhôpital. À ce moment le pouls était redescendu à 100, l’exophtalmie avait rétrocédé complètement à droite (côté opéré) mais persistait à gauche. Les tremblements ne paraissaient pas améliorés. Revue dans les premiers jours de juillet, la malade à un état général parfait, elle a engraissé de 1 kg. 1/2. Son pouls reste à 100, les tremblements persistent, il n’y a plus d’exophtalmie ou très légèrement à gauche; le métabolisme pratiqué par le docteur Guerbet est normal-38. Notons que la maläde n’a suivi aucun traitement iodé. En octobre l’amélioratijon a progressé, le malade est méconhaissable; depuis son opération elle a engraissé de 15 livres, l’exophtalmie a complètement disparu,
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l’'émotivité, les troubles psychiques ont régressé dans une énorme proportion, les tremblements paraissent moins forts, mais sont encore très nets, le pouls est toujours aux environs de 100, grimpant à 120-125 au moindre effort «à l’occasion d’un examen.
Il y a donc une amélioration considérable, mais amélioration paraissant surtout porter sur les troubles d’hyperthyroïdisme (amaigrissement), car beaucoup de signes Sympathicotoniques persistent plus ou moins développés.
On n'avait il est vrai, enlevé que les deux tiers de la glande, alors que l’on conseille d'en enlever iles neuf dixièmes.
L'examen histologique de la pièce opératoire, fait per le professeur Cailliau, avait donné les résultats suivants :
a) La glande thyroïde, tend à reprendre la structure normales; des nodules d’involution apparaissent; tandis que dans les zônes extra-nodulaires, la glande ne comporte que des vésicules rares, petites, presque dépourvues de colloïde, et que souvent elle offre l'aspect de trabécules pleines, traduisant l’hypertrophie et l’hyperplasie du Basedow, dans les nodules elle récupère partiellement les vésicules et la colloïde.
L'examen montre:
1° Des images de nodules peu involués, constitués de trabécules où les cellules épithéliales élevées ne laissant entre elles que des cavités virtuelles, mélangées cependant de vésicules petites, souvent vides, parfois remplies de colloïde peu consistante.
20 Des zônes largement involuées où la différenciation
vésiculaire est franche les cellules glandulaires moins
hautes entourant une colloïde, dense, homogène, rappelant celle de la glande normale, dont on peut voir la densité, l’'homogénéité et l’acidophilie.
Certains groupes vésiculaires ont tendance à subir l'ectasie kystique par exagération de la différenciation vésiculaire.