I. __ SOCIÉTÉ DE LA VIEILLE-MONTAGNE
Dans son rapport publié à Toccassion de TExposition de Bruxelles, nous voyons que dès les premières années de son existence, cette société créa des institutions destinées à garantir les ouvriers et leurs familles contre les suites des accidents, les maladies et la vieillesse.
En i85o, elle organisait :
i<^ Une caisse de secours pour assurer Touvrier contre les chômages provenant des accidents et des maladies.
2" Une caisse de prévoyance, prémunissant l'ouvrier contre les infirmités et la vieillesse.
Caisse de Secours. — Elle a pour objet :
1° de procurer les soins médicaux et les remèdes en cas de maladies ou de blessures, aux ouvriers et aux membres de leur famille, vivant de leur salaire.
2° d'accorder aux ouvriers malades ou blessés des indemnités de chômage pendant toute la durée de la maladie ou l'interruption du travail régulier.
3° de contribuer, par une allocation uniforme, aux frais d'accouchement des femmes d'ouvriers.
4« D'intervenir dans les frais de funérailles des ouvriers et des membres de leur famille.
5" De fournir des secours temporaires aux veuves, enfants et ascendants des ouvriers décédés.
Caisse de Prévoyance, — La Caisse de Prévoyance a été établie en vue d'attribuer des pensions viagères aux ouviers devenus invalides par suite de maladie ou de vieillesse.
Ces pensions sont fixées au cincjuièmc du montant du salaire le plus élevé reçu par l'ouvrier.
Il est, en outre, accordé à titre de prime, pour récompenser la durée des services, une augmentation de un centime par année de service de i5 à 25 ans révolus : de deux cen-
imes, de 25 à 35 ans révolus, à compter de la 2&^ année ; et le trois centimes, à partir de la 36*^ et au delà.
Pour avoir droit à une pension de retraite, l'ouvrier doit satisfaire aux conditions suivantes :
i^ a) Quinze années de service ininterrompu.
b) Incapacité complète de travail, constatée par les certificats des médecins de l'usine et de la Direction Générale.
2^ Blessures graves reçues au service de la Société, quelle que soit la durée des années de serv^ice.
Ces caisses sont alimentées exclusivement des deniers de la Société, sans aucun prélèvement sur les salaires des ouvriers. Les dépenses de ces caisses se sont élevées depuis l'origine jusqu'en 1897, à 14,783,707 francs.
Outre les pensions que la Société verse aux veuves, aux enfants et aux orphelins d'ouvriers, 5o5 pensionnés touchaient en i8g6, une somme de 176,458 francs.
Pour parer à l'erreur trop fréquente dans l'organisation des Caisses de Prévoyance, de rejeter sur l'avenir les charges qui incombent au passé, la Vieille-Montagne, ne s'est pas bornée à inscrire au bilan, le capital assurant le service des pensions allouées, mais elle a en outre porté au passif, à titre de réserve, une somme représentant le capital nécessaire pour les pensions à accorder dans l'avenir.
C'est ainsi qu'en i8g6, i,3ii,56o francs figuraient de ce chef au bilan. Outre les deux susdites institutions, la Vieille-Montagne a sa Caisse d'épargne, renfermant près de 3 millions, confiés à la Société par le personnel de ses ouvriers, et le nombre des dépôts et leur importance tendent sans cesse à s'accroître, ce qui prouve une évidente amélioration dans les conditions matérielles et morales des ouvriers.
Grâce à l'épargne, plus de 1700 ouvriers et contre-maîtres sont arrivés, dans les divers établissements de la Société, à être propriétaires des maisons qu'ils habitent. La Vieille-Montagne leur en facilite encore l'acquisition en leur avançant à cet eflet, une certaine somme au faible taux d'intérêt de 3 «/o. Lorsque les ouvriers ne peuvent ou ne veulent devenir proprié-
taires, la Société leur loue aux prix les plus modérés, les maisons qu'elle possède.
Grâce à ce système la presque totalité des ouvriers de la Vieille- Montagne occupent, soit comme propriétaires, soit comme locataires, des habitations convenables, hygiéniques et à bon marché.
Citons encore comme nouvelles institutions, TAsile des Vieillards à Cointe, destiné à recevoir les vieux ouvriers pensionnés de la Société, et la Caisse de retraite au profit des employés. Cette Caisse est alimentée au moyen d'un prélèvement de 5 % sur les appointements du personnel, et d'un subside égal fourni, à titre gracieux, par la Vieille-Montagne.
Cette Caisse est destinée à assurer à tous les membres du personnel atteignant Tàge de 60 ans et comptant 3o années de service, une pension correspondant approximativement à la moitié du traitement. En outre, elle pensionne les employés victimes d'accident ou de maladie, avec réversibilité, dans Tun et l'autre cas, sur la tête des veuves, des enfants et des orphelins.
Tous les employés des cadres administratifs et techniques y sont obligatoirement affiliés dès l'âge de 21 ans.
Enfin la Société, soucieuse de protéger aussi les intérêts de l'instruction et de la religion, consacre des sommes importantes à la construction d'écoles, aux traitements des instituteurs, à la création d'églises et à l'organisation des services religieux.
Les subsides accordés depuis l'origine, tant aux écoles qu'aux divers cultes, s'élèvent à plus de 900,000 francs.
Grâce à ces excellentes institutions et à bien d'autres encore, telles que : les Sociétés d'agrément, auxquelles une somme de près de 175,000 francs a été consacrée ; les fournitures de vins aux ouvriers, vins fournis à 3o centimes le litre, grâce à la libéralité des Membres du Conseil d'Administrations qui paient de leurs deniers les droits d'entrée en Belgique, la Vieille-Montagne peut se vanter de s'être sincèrement attaché ses nombreux ouvriers et d'avoir traversé toutes les époques de crises, sans avoir eu à redouter de grèves.
II. — SOCIÉTÉ ANONYME POUR L'EXPLOITATION DES ÉTABLISSEMENTS G. DUMONT ET FRÈRES.
Nous trouvons dans le rapport publié par cette société en 1897, quelques notes sur les institutions suivantes : Caisse de Secours.