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CONCLUSION

Cette modeste monographie s*est tenue strictement, on le voit, aux termes du programme énoncé au début ; elle a été un simple exposé de faits, et un exposé intentionnellement restreint ; il serait pourtant difficile de terminer sans une réflexion qui sera, du reste, plutôt une constatation.

Le Syndicat Mixte de Tlndustrie Roubaisienne montre, comme le philosophe de Tantiquité démontrait le mouvement en marchant, qu'il est possible de réaliser Tunion entre le capital et le travail, même en un endroit où les partisans de tous les systèmes sociaux se livrent à une active propagande.

Ce Syndicat fonctionne depuis dix ans, il a donné comme résultat une union plus cordiale entre les patrons et les ouvriers des usines syndiquées. Le bien qu'il a pu faire au point de vue des intérêts moraux professionnels et économiques du groupe entier est incontestable ; sa marche a été lente mais toujours progresive.

Nous pensons que le bien ainsi réalisé par un groupe d'hommes de bonne volonté jette un jour instructif sur ce que pourra Tinitiative privée lorsque l'Etat sera fermement décidé à la susciter, et à la favoriser sans la jalouser ni prétendre se substituer à elle.

CONGRÈS INTERNATIONAL

de la Législation douanière et de la Réglementation du Travail

Anvers, 12-17 Septembre 1898.

SECTION IL

Troisième question : Quelles sont les améliorations dans la condition des ouvriers dues à l'initiative privée ?

Importante réduction de la journée de travail, obtenue par l'initiative privée dans les usines à griller la blende.

Rappert prteenté par Max LEPERSONNE.

Élève-Ingénieur à TÉcole des Mines de Liège.

Il nous souvient qu'un membre du Congrès de 1892 soutenait qu'il n'est pas nécessaire que la loi intervienne pour amener l'industriel à diminuer la durée de la journée de travail lorsque les conditions de l'industrie le permettent. Comme preuve, il citait les progrès réalisés sous ce rapport dans les houillères, les usines métallurgiques, les verreries, etc. Nous pouvons citer aujourd'hui un fait considérable à l'appui de son affirmation : nous voulons parler de la réduction du nombre d'heures de travail dans certaines usines à griller des blendes pour la fabrication de l'acide sulfurique. La journée qui y était primitivement de 12 heures n'y est plus actuellement que de 8 heures.

Le mérite de l'innovation revient à M. Louis Fromont, directeur de la fabrique des produits chimiques d'Engis, où il commença ses expériences, il y a environ 5 ans. Les usines de MM. G. Dumont et frères, à Sclaigneaux, l'appliquèrent ensuite et la journée de 8 heures y fonctionne depuis 2 ans déjà.

Ce n*est pas sans une certaine appréhension que Ton tentait pareille réforme, car un échec pouvait être suivi d'un mécontentement de l'ouvrier déçu.

Un four à griller la blende est généralement desservi par 3 hommes qui ont pour besogne d'alimenter et de conduire le feu et de remuer le minerai en le faisant avancer progressivement vers la partie la plus chaude du four. Ils ont encore à préparer les charges de minerai cru et à transporter le minerai grillé.

Ce travail est surtout pénible en été ; sous prétexte de l'alléger à l'époque des fortes chaleurs on renforça les équipes, et on les porta à 4 hommes, sans toutefois diminuer le nombre d'heures de travail.

On calcula que l'augmentation de production compensait à peu près le salaire du 4™® homme ; répétée à plusieurs fours avec différentes espèces de minerais et pendant une couple de mois l'expérience donna toujours le même résultat satisfaisant. On était dès lors à peu près certain du succès, et l'on fit un premier essai de travail à 3 postes de 3 hommes, par 24 heures. Une nouvelle augmentation de production en fut la conséquence ; elle était du reste à prévoir, car en diminuant de i/3 le temps que l'ouvrier passait dans le voisinage du four, et en lui accordant 16 heures de repos au lieu de 12, il était évident que sa puissance de travail devait en être augmentée, et par suite, la production même de l'appareil de grillage. La fatigue de l'ouvrier résulte en effet, non seulement de l'effort physique qu'il donne, soit pour charger son feu, soit pour remuer le minerai, mais encore du séjour dans une atmosphère chaude et de la station prolongée sur un sol dur et échauffé. L'effort utile devait nécessairement bénéficier de la suppression d'une partie de la fatigue inutile.

Lorsqu'il fut établi par l'expérience que, sans diminuer le salaire de l'ouvrier, les frais de grillage d'une tonne de blende, restaient sensiblement les mêmes qu'auparavant, on étendit le système à tous les fours de l'usine, au fur et à mesure que fut possible l'embauchage et l'éducation professionnelle des nouveaux ouvriers.

On est donc arrivé à une amélioration considérable des conditions du travail de l'ouvrier grilleur, correspondant à une producti\nté plus grande des fours de grillage, les frais à la tonne de minerai

restant les mêmes. Il y a donc un sérieux avantage pour les deux intéressés.

Le résultat est concluant ; à Engis comme à Sclaigneaux, on ne reviendra plus à Tancien système. Nous devons observer toutefois qu'il pourrait être dangereux de vouloir généraliser et de conclure trop vite à la probabilité d'autres succès analogues. C'est ainsi que, dans les mêmes usines de Sclaigneaux, on a tenté d'étendre ce système au grillage des minerais de plomb. On n'y est pas parvenu, parce que, dans le grillage de la galène, les conditions chimiques du travail sont différentes. La durée du séjour du minerai dans le four y joue un rôle plus important que dans le grillage des blendes, de sorte qu'un plus grand nombre d'ouvriers travaillant le même nombre d'heures ne peut ni augmenter ni améliorer la production.

Ainsi est prouvé une fois de plus que la réduction des heures de travail est une question fort délicate, qu'il n'y faut innover qu'avec la plus grande prudence, et que d'autre part, l'initiative privée peut suffire pour y réaliser les plus importants progrès.

CONGRÈS INTERNATIONAL

de la Législation Douanière et de la Réglementation du Travail

Anvers, 12-17 Septembre 1898

SECTION II

Troisième question : Quelles sont les améliorations dans la condition des ouvriers dues à l'initiative privée ?

Industrie du zinc. - Institutions ouvrières.

Rappert présenté par M. Paul STRAUSS,

licencié du degré supérieur en sciences commerciales et consulaires.

La question de l'assurance obligatoire trouve en Belgique, comme partout ailleurs, un grand nombre de partisans. Le système interventioniste est, d'après eux, le seul efficace, et le seul qui puisse, sous notre régime capitaliste, assurer aide et protection à l'ouvrier, contre l'exploitation du patron. Cependant notre pays offre dans certaines branches de l'industrie, des exemples frappants de la sollicitude des employeurs pour les institutions ouvrières privées.

Il serait trop long de les énumérer tous ici ; nous nous contenterons donc de l'exemple nous fourni par l'industrie du zinc.

Deux grandes sociétés fabriquent la plus grande partie de cet article, dans notre pays. Ce sont :

La société de la Vieille-Montagne, à Chenée, occupant, en i8g6, 7671 ouvriers et payant à cette époque, un salaire total de 8.203.625 francs,

et la société anonyme pour l'Exploitation des Etablissements G. Dumont et Frères, à Sclaigneaux, occupant, en i8g6, I23i

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ouvriers et payant à cette époque, en salaires, primes et gratifications, 1. 186.875 francs.

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