OBSERVATION XXIX
Imbécillité, Hérédo-syphilis.
Cort... Jean, né le 13 février 1882, entre dans le service le 27 novembre 1888.
Antécédents héréditaires. — Père syphilitique.
On ne retrouve pas trace de syphilis chez la mère.
Trois grossesses. Une première pendant la contamination donne naissance à un garçon normal.
Les deux autres après la syphilis du maridonne, l’une un garçon qui meurt en bas âge, et l’autre notre malade.
Accouchement normal. L'enfant à la naissance ne présente rien de particulier.
Notre malade, — Retard dans le développement physique, dans la marche, dans l'apparition de ses dents. Retard de la parole et de la propreté.
Examen. — Notons du mystagmus, une dentition défectueuse ; dents courtes en plateau lisse. La dent se termine par un plateau jaune au centre, presque blanc à la périphérie. En outre notons une irrégularité d'implantation. La courbe formée par l’arcade dentaire inférieure n'est pas convexe en avant mais en arrière. Engrenage vicieux des arcades dentaires
Etat intellectuel, Imbécillité. Pas de perversion des ins-
tincts,
RG
A ces méfaits de la syphilis héréditaire, empressons-nous d'en ajouter encore un autre : L’hérédosyphilis se manifeste aussi quelquefois par l'épilepsie, dite essentielle.
Nous avons pu relever 10 cas de manifestations épileptiques pures ne semblant dépendre que de la syphilis des géniteurs. Si à cela nous ajoutons que le virus spécifique provoque chez les descendants des lésions chroniques médullaires, et quelquefois la cause des maladies de Little, nous aurons passé en revue tout ce que la syphilis héréditaire est capable de produire, |
Le lecteur nous permettra de résumer ce chapitre en quelques lignes et de conclure.
Nous avons assez clairement montré l'opinion des auteurs sur les rapports étiologiques de la syphilis héréditaire avec chaque variété d’encéphalopathie chronique infantile. Les syphiligraphes en particulier ontinsisté sur ces rapports, et ont publié un assez grand nombre d'observations. A l'appui de leur opinion nous avons apporté des observations essayant ainsi de montrer qu'il y avait des rapports de cause à effet entre la syphilis héréditaire et les encéphaliles chroniques de l'enfance.
Mais hâtons d'ajouter: Ces rapports étiologiques ne nous ont pas semblé être très fréquents, etmise à part l'importance notable du rôle de la syphilis dans la production de l'hydrocéphalie, nous nous voyons forcé de dire que le virus spécifique a dansles varié-
tés différentes d’encéphalites chroniques une action
causale médiocre. Cette opinion est le résultat de nos recherches faites sur les malades du service des Enfants de Bicêtre.
C'est celle qui s’est dégagée de la lecture des nombreuses observations mises à notre disposition.
Pour nous récapituler nous avons rencontré comme relevant de la syphilis héréditaire :
Deux cas de méningite chronique ;
Un cas de méningo-encéphalite ;
Deux cas d’idiotie congénitale idiopathique ;
Sept cas d'hémi ou de diplégie cérébrale;
Quatre cas d'hydrocéphalie ;
Un cas de microcéphalie ;
Aucun cas de my xædème congénital.
Douze cas d'imbécillité avec ou sans perversion des instincts ;
Dix cas d'épilepsie, dite essentielle.
Sur environ 3,000 malades qui ont passé dans le service, il ne nous a été possible que de relever 39 observations de syphilis héréditaire. Ce qui nous fait environ un pourcentage de 1,3 o[o.
C’est un chiffre analogue à celui qu'avait déjà fourni notre maître il y a quelques années.
Ce chiffre de 1,30/0 surprendra à coup sûr beaucoup d'auteurs qui s’attendaient à voir la syphilis
jouer un rôle plus important.