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CHAPITRE IV

Rôle comparé de l’hérédo-syphilis avec les autres intoxications héréditaires dans la production des encéphalites chroniques de l'enfance.

L’hérédo-syphilis a donc un rôle médiocre dans la production de la plupart des encéphalopathies chroniques infantiles. En est-il de même des autres intoxications héréditaires ? Parmi celles que nous savons avoir une influence hérédo-dystrophique nous devons citer l’alcoolisme, les intoxications par professions insalubres, la tuberculose.

Tous les auteurs ont accordé une certaine importance à l’alcoolisme des parents dans la production de lésions cérébrales chroniques chez les descendants.

Nous ne saurions mieux faire, pour apporter notre contribution à cette étude, que de publier les statistiques les plus récentes du service des Enfants de Bicê= tre (Comptes-rendus de Bicètre, 1903).

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Sur 2846 malades observés jusqu'en 1902, 1.198 étaient des fils d’alcooliques de pères ou de mères s'adonnant à des excès de boissons. Assurément, l'alcoolisme n'était pas toujours la seule tare retrouvée dans les antécédents de ces malades, mais ce chiffre énorme (40 0/0) laisse à penser que l’alcoolisme à une influence hérédo-dystrophique capitale.

Les intoxications des parents par professions insalubres (saturnisme, hydrargyrisme), nous ont semblé également jouer un rôle important. Bien des encéphalopathies chroniques chez les enfants, fils de ces intoxiqués, relèvent de l’empoisonnement des parents par le plomb ou le mercure. Cette influence dystrophique a déjà été signalée.

Notre maitre, le docteur Bourneville, a également sur cette matière, publié sa statistique : Les conclusions sont les suivantes : Dans près de 3.000 observations , 1l a été relevé 115 fois l'influence des professions insalubres, l'influence de l’intoxication chronique par le plomb ou le mercure, le cuivre ou les poussières métalliques. Assurément dans tous ces cas l’intoxication n'était pas toujours la seule cause de la maladie des descendants, mais elle était souvent le facteur le plus important. Quoiqu'il en soit, le résultat de cette statistique est de montrer que dans 3,5 0/0 des cas les encéphalopathies chroniques infantiles relèvent d’une intoxication des parents par des professions insalubres.

La tuberculose à été aussi incriminée, Son influence hérédo-dystrophique est bien connue.

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M. le professeur Landouzy a montré qu'il existait une hérédité paratuberculeuse comme il existait une hérédité para-syphilitique. L'on sait que cette hérédité bacillaire forme des dégénérés, crée des sujets infantiles, des sujets arrêtés dansleur développement physique. Mais le développement intellectuel subitil une même influence de la part de l’hérédité paratuberculeuse ? Les documents nous manquent à ce sujet. La question nous semble avoir été peu étudiée, et il nous a été difficile d'entreprendre un travail sur ce point avec les matériaux dont nous disposions.

Bref pour nous résumer, nous ne pensons pas téméraire d'affirmer que la syphilis vient occuper le dernier rang des intoxications héréditaires qui jouent un rôle dans la production des encéphalites chroniques de l'enfance ?

Elle est représentée par le chiffre de 1,3 0/0, Avant elle, marchent les intoxications par le plomb ou le mereure qui viennent avec le pourcentage de 3,5. Mais l'alcoolisme surpasse de beaucoup ces deux précédents facteurs, iloccupe le premier rang avec le chiffre de 4o o/o.

L'hérédo-syphilis n’a donc que des rapports étologiques peu marqués avee les encéphalopathies chroniques infantiles.

Cette conclusion nous suggère quelques réflexions.

D'abord pourquoi à la lecture des ouvrages de syphiligraphie serait-on tenté de croire à limportance du rôle de la syphilis héréditaire tandis que les

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neurologues au contraire diminuent l'influence de ce facteur étiologique.

Il est simple de répondre : Les syphiligraphes examinent des syphilitiques héréditaires, rencontrent chez eux assez souvent des lésions de l'encéphale. Les neurologistes observent des enfants névropathes, rencontrent rarement chez ceux-ci l'influence de l'hérédo-syphilis. Neurologues et syphiligraphes étudient bien la même question : les rapports de la spécificité héréditaire avec les encéphalopathies de l'enfance, mais pour cette étude ils se placent à des points de vue différents. [ls examinent la question par les deux bouts d'une lorgnette : l’un grossit les faits, l’autre les ramène à une importance médiocre.

Mais si nous avons constaté que le virus syphilitique avait peu d'influence sur la formation d’encéphalopathies infantiles, en avait moins que les autres formes d’intoxicalion, comment pouvons-nous concilier ce fait avec la notion bien établie de la gravité de l'infection spécifique. Pourquoi la syphilis ne produit-elle pas plus fréquemment des lésions de l’'encéphale chez la descendance, pourquoi n'y a-t-il pas plus d'enfants idiots hérédo-syphilitiques ? A cette question M. Bourneville répond ainsi : La syphilis tue l'enfant in uléro ; ou bien el tue dans les premiers jours, les premiers mois de l'existence, Elle ne laisse pas à la lésion cérébrale.le temps de se manifester, d’apparaitre cliniquement.

Plusieurs de nos observations viennent à l'appui

de cette idée déjà souvent énoncée. Dans beaucoup

de nos cas nous avons constaté l'existence des avortements successifs et de la polyléthalité infantile précoce. Cette polyléthalité infantile survenant dans les premiers mois de la vie relèverait même souvent de lésions encéphaliques, le sujet mourant au milieu de convulsions,

& L'action de la syphilis nous paraît beaucoup « plus restreinte qu'on ne pourrait le supposer de « prime abord. Cette rareté s'explique par plusieurs «circonstances : lorsque l’un des conjoints est en «puissance de syphilis ce sont des fausses couches «€ qui surviennent ou les enfants qui viennent à terme «succombent à latrepsie. Ceux qui survivent peu- «vent présenter des symptômes de syphilis hérédi- « taire et, parmi eux, il n'y a que ceux qui ont des « convulsions suivies d’un affaiblissement de l’intel- « ligence qui sont envoyés dans des services spé- € Caux ».

La syphilis donc, tue l'enfant in uléro ou bien le tue dans les premiers jours, les premiers mois de l'existence. Elle ne laisse pas à la lésion cérébrale le

temps de se manifester, d’apparaiître cliniquement.

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