‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 1866-1870Chapitre 135 sur 150 · C’esl-à-dire batteries montées · texte numérisé non relu

C’esl-à-dire batteries montées

iiî RAPPORTS MILITAIRES.

3° Quant à la légèreté, la pièce de 4 prussienne est, il est vrai, ptus lourde que les pièces élrangères de même calibre, puisqu’elle pèse l ,947 kilog. tout approvisionnée et les canonniers montés, tandis que, dans les mêmes conditions , la pièce de 4 autrichienne pèse i,501 kilog., et la pièce de 4 française 1,600 kilog.; mais en revanche elle est attelée de six chevaux , ce qui la rend plus mobile que ces dernières ;

4° Le coffre à, munitions de 4 rayé de campagne porte un plus grand nombre de coups que le coffre correspondant des autres puissances, puisqu’il est de 48, tandis que le coffre français en porte 40, le coffre autrichien 39, et le coffre russe 18 seulement;

5° Quant à la justesse du tir, elle est reconnue suffisante et supérieure à celle des artilleries rivales.

A toutes ces raisons les partisans de l’unité de calibre en ajoutent une, la meilleure peut-être, c’est que la différence des effets produits par le 4 et le 6 n’est pas assez grande pour justifier la conservation des deux calibres, et ils proposent, pour le cas où on refuserait d’adopter leurs idées, de remplacer le 6 par un calibre plus fort, le 8 par exemple.

Je viens de donner là, un résumé des discussions qui arrivent à ma connaissance, non-seulement par mes conversations avec des officiers d’artillerie, mais aussi par la lecture de plusieurs brochures qui ont paru cette année. La partie intelligente et travailleuse

du corps des officiers d’artillerie élabore des idées d’une autre nature, qui occupent aussi en ce moment les officiers si distingués dont se compose la Commission d’essais. Ils se demandent s’il ne serait pas possible de modifier la construction des pièces de campagne, de manière à tirer sous des trajectoires plus tendues. L’artillerie de campagne rayée a, selon l’expression employée en Allemagne, une force défensive très-grande ; mais sa force offensive aurait besoin d’être augmentée, afin que les batteries pussent jouer un rôle plus efficace en agissant plus souvent et plus directement dans les diverses phases des combats. Pour comprendre par quelles raisons ces idées occupent aujourd’hui les officiers d’artillerie, il convient de savoir qu’ils sont en général peu satisfaits du rôle qu’a joué leur arme dans la guerre de I86G. « Nous avons toujours tiré dans tous les combats de cette guerre à des distances trop grandes, me disait il y a quelques jours un général. L’artillerie rayée présente cet inconvénient, que son efficacité dépend trop d’une juste appréciation des distances, appréciation toujours très-difficile à la guerre, comme nos officiers ont pu s’en convaincre. Un progrès désirable serait d’arriver à construire une pièce de campagne dont l’elTet dépendrait dans une moindre mesure de la juste appréciation des distances. » J’ai rapporté ces paroles parce qu’elles expriment l’ordre d’idées dont se préoccupe le per-

sonnel de l’artillerie prussienne, et en particulier la Commission d’essais. En dépouillant ces idées des expressions allemandes, toujours un peu vagues qui les enveloppent , comme celles d'effet défensif, d'effet offensif de l’artillerie, cela revient à dire qu’on désirerait pouvoir tirer sous des trajectoires plus tendues , augmenter par conséquent la vitesse initiale. Cette question est agitée assez sérieusement pour que M. Krupp ait proposé au ministre de construire un canon de h en acier qui tirerait avec une vitesse initiale de ù 70 à 530 mètres; mais cette démarche de M. Krupp prouve en même temps les efforts qu’il fait pour empêcher que la défaveur où est tombé l’acier n’augmente encore. J’ignore quelle a été la réponse du ministre.

La Commission d’essais étudie en outre le tir à mitraille. C’est encore en conséquence de l’expérience acquise dans la guerre de 1866, où le tir à mitraille n’a été employé que dans les cas très-rares où des batteries ont été chargées par la cavalerie autrichienne. A quoi bon un tir, dit -on, qui n’est efficace qu’à ÙOO ou 500 mètres, puisqu’on ne s’approche jamais de soi-même à si courte distance de l’ennemi? Je donne ces idées pour ce qu’elles valent, mais il n’en est pas moins vrai que la Commission d’essais se propose d’examiner s’il ne serait pas possible de rendre le tir à mitraille efficace à de plus grandes distances.

Je signalerai ici les résultats auxquels est arrivée la Commission dans des expériences de vitesse de tir faites le mois dernier.

Tir à obus ordinaires 4 coups en 3 minutes.

Tir à mitraille 3 coups en 1 minute.

Réadoption des obus à balles. — Quand éclata la guerre de 1866. la Prusse n’avait pas encore achevé la transformation de son matériel d’artillerie, ce qui l’obligea h entrer en campagne avec 1/3 environ de canons lisses en bronze, qu’on affecta, chose assez singulière, à la cavalerie. Ces batteries et celles de 6 rayées en acier étaient approvisionnées d'obus à balles , contrairement aux batteries de h dont les coffres ne contenaient que des obus ordinaires et des boîtes à mitraille. Les batteries lisses curent à peine une seule occasion de tirer; quant au tir de l’obus à balles à fusée percutante avec les canons de 6, il fut tellement imparfait qu’en 1868 on décida de faire disparaître les obus à balles des approvisionnements. Je rendis compte de celle décision dans mon Rapport du 22 juillet 1868. Cependant les études se poursuivirent dans le but de trouver une fusée à temps convenable. Un capitaine, M. Richter, en proposa une qui donna d’assez bons résultats. Mais dans ces derniers temps un membre de la Commission d’essais, le capitaine Lancelle, a réussi, en modifiant la fusée Richter, à rendre le tir des obus à balles assez satis—

faisant pour que ia Commission ait proposé d’adopter de nouveau ces projectiles, ce qui a été l’objet d’un ordre définitif du ministre. La seule question qui ne soit pas encore décidée consiste à savoir dans quelle proportion devront figurer les obus à balles par rapport aux obus ordinaires. Je renseignerai sur ce point dès qu’il aura été arrêté.

La réadoption des obus à balles aura pour conséquence, en supprimant le tir à grandes courbes, de faire disparaître des coffres les petites charges.

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