‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 1866-1870Chapitre 16 sur 150 · CHEF D’ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL PERMANENT · texte numérisé non relu

CHEF D’ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL PERMANENT

ET

L) li LA DÉCADENCE DE L'AUTRICHE.

Rapport du 25 octobre 1866.

I. — DES AVANTAGES QUE PRÉSENTE DANS UN GRAND ÉTAT MILITAIRE LA POSITION d’un CIIEF d’état-major GÉNÉRAL PERMANENT.

L’armée prussienne, dont les brigades, les divisions et les corps d’armée sont constitués d’une manière stable, a aussi un chef d’état-major général permanent. Il est permis de se demander si cette institution n’aurait pas scs avantages dans tout autre pays dont l’organisation militaire différerait, même essentiellement, de celle de la Prusse.

Le chef d’état-major général de l’armée prussienne est le général de Moltke. Il est regardé comme la première capacité militaire de la Prusse, et j’ai été frappé des qualités qui le distinguent. A un seul

entretien, on reconnaît chez lui un jugement droit et sûr, un bon sens rare, les connaissances militaires les plus étendues. Son intégrité reconnue, son esprit consciencieux, les services qu’il a rendus depuis longues années, lui ont valu l’estime et la considération de tous, celles du Roi, celles de l’armée et de la nation.

Il va sans dire que le général de Moltke a une connaissance approfondie de l’armée prussienne; mais, de plus, il n’ignore rien de la composition et de l’organisation des armées étrangères, des ressources des autres pays, de leur esprit, de leur histoire militaire. Grâce à un travail incessant, il connaît dans ses moindres détails la géographie de toutes les contrées de l’Europe, et on peut dire que ses complètes éludes des campagnes des temps modernes lui ont donné à un haut degré l’intelligence de la guerre.

Tel est l’homme, voici maintenant quelles sont ses fonctions. C’est sous sa direction supérieure que sont formés et instruits tous les officiers d’état-major de l’armée prussienne. L’organisation de l’état-major prussien diffère, comme on sait, complètement de la nôtre. Il ne constitue pas, comme dans l’armée française, un corps à part; les officiers sont, au contraire, choisis dans toutes les armes indistinctement. Après avoir fait, comme lieutenants, trois ans de service actif dans leurs régiments et avoir passé trois

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