D’UN CHEF D’ÉTAT-MAJOR PERMANENT
homme ainsi préparé depuis longtemps k remplir les fonctions de major général, de concert avec un corps d’officiers d’élite qu’il a lui-même formé et instruit.
L’armée française n’a pas de chef d’état-major général permanent. Lorsqu’une guerre est imminente, le ministre ou le souverain ont à en choisir un parmi les maréchaux ou les généraux disponibles. Mais on peut affirmer que l’élu, quel que soit son mérite personnel, ne sera pas suffisamment préparé k remplir les importantes fonctions qui lui incombent tout k coup. Il faut en effet, pour être un bon major général, posséder, outre certaines aptitudes spéciales, les connaissances les plus variées et les plus étendues, qui ne s’acquièrent que par de longues études. Il ne doit rien ignorer de l’organisation, de la composition et des ressources de sa propre armée ni des autres armées européennes ; rien de la géographie militaire, de la topographie, de l'administration des troupes, des principes de stratégie et de tactique, du théâtre présumé des opérations, etc. En outre, il doit connaître parfaitement tous les généraux de l’armée et, en particulier, les officiers d’état-major, afin de pouvoir composer en connaissance de cause les états-majors des divisions et ceux des corps d’armée. Comment un général serait-il capable de remplir une pareille tâche , s’il ne s’est pas préparé longtemps d’avance par l’étude et le travail !
Les avantages que présente l'institution d’un chef d’état-major permanent sont trop évidents. Une guerre vient-elle à éclater, rien n’est laissé au hasard, et personne n’est pris au dépourvu. Le souverain ou le chef d’armée n’a pas l’embarras de choisir, «à un moment toujours critique, l’homme dont les fonctions ont le plus d’importance. Il le trouve, au contraire, tout désigné, prêt à remplir une tâche bien définie et en mesure de constituer sur-le-champ de bons étatsmajors, généraux ou particuliers, ce qui est plus important aujourd’ui que jamais.
Notre organisation militaire diffère essentiellement de celle de la Prusse ; mais, bien que nos troupes ne soient pas endivisionnées en temps de paix, rien ne s’opposerait, il semble, à ce que nous instituassions dans notre armée le poste si utile et si important de chef d’état-major général permanent.