I. — CAVALERIE
7" Question. — Quelle est en Prusse la composition de la ration des chevaux de toutes armes en avoine, foin et paille? La ration réglementaire a-t-elle reçu de récentes augmentations? Quelles sont-elles?
Réponse :
1° En temps de paix. — Il y a en temps de paix
I. Nous avons, pour l'année 1868, dix-huit Rapports deM. le colonel Stoffel. Quelques-uns traitent de questions techniques, de manœuvres, d’expériences, etc. Nous nous bornons à en publier treize. [Xolc îles Éditeurs.)
trois sortes de rations : la ration forte, la ration moyenrfe et la ration légère. La composition de chacune d’elles diffère suivant que les troupes sont en garnison ou en marche.
En garnison les rations sont composées comme il suit :
[ Avoine. . .
Ration forte < Foin. . . .
( Paille . . .
! Avoine. . .
Ration moyenne. . . . J Foin. . . .
( Paille . . .
/ Avoine. . .
Ration légère J Foin. . . .
lk,0ü0
( Paille . . .
Reçoivent la ration forte : les généraux, l’étatmajor, les adjudants1, les officiers du ministère de la guerre, la cavalerie de la garde , l’école de cavalerie, l’artillerie à cheval de la garde, les cuirassiers, les chevaux de trait de toute l’artillerie, la gendarmerie, l’intendance, les chevaux de trait du train.
Reçoivent la ration moyenne : les lanciers de la ligne.
Reçoivent la ration légère : toutes les troupes de
I. Il y a par balaillon, dans 1 armée prussienne, un lieutenant chargé de transmettre au bataillon les ordres donnés par le commandant du régiment. Ce dernier a de même un ofR' ier, lieutenant ou capitaine, qui est l'intermédiaire de ses rapports avec l'autorité supérieure. Ces officiers s’appellent des adjudants.
cavalerie et d’artillerie non désignées dans ce qui précède, c’est-à-dire les hussards et les dragons, ainsi que les officiers et employés non mentionnés plus haut.
La composition des rations telle que je viens de l’indiquer date duler avril 1807. Précédemment, chacune des trois sortes de ration comportait en moins un quart de kilogramme d’avoine. Ainsi , depuis la guerre de 1866, la ration d’avoine a été augmentée d’un quart de kilogramme pour toute la cavalerie, l’artillerie et le train. Les quantités de foin et de paille sont restées les mêmes.
Le ministre peut autoriser de substituer à l'avoine ou à une partie de l’avoine de la ration une autre denrée. Dans ce cas, les équivalents de 1 kilogramme d’avoine sont : lk,l d’orge, ou 1\3 de seigle , ou 0k,9 de farine, ou 0k,7 de biscuit broyé, ou 2W,8 de foin, ou 5\6 de paille.
Pendant les marches dans l’intérieur, et au cas où le fourrage est fourni par les magasins de l’État ou par des entrepreneurs, les rations ont la composition suivante :
Avoine. . .
Ration forte
Foin. . . .
Paille . . .
1 Avoine. . .
Ration moyenne. . . .
Foin. . . .
Paille . . .
Avoine. . .
Ration légère
Foin- . . •
Paille . . .
Mais si le fourrage est fourni par les communes, celles-ci sont autorisées à donner l’avoine à la mesure et non au poids.
Dans les transports par chemin de fer il est fourni, par cheval et par trajet, un supplément de 1\50 de foirt et de 3k,50 de paille. Si le trajet dure plus de 8 heures, le supplément de foin s’élève à 3 kilogrammes.
2° En temps de guerre. — On ne distingue que la ration forte et la ration légère.
Avoine.
. . Sk,6ii>
Ration forte. .
Poin. .
Paille .
Avoine.
Ration légère.
Foin. .
Paille..
La ration forte est donnée à toute la cavalerie et
à toute l’artillerie.
Ne reçoivent la
ration légère que
les seuls chevaux de selle des officiers d’infanterie et ceux des officiers et employés d’administration.
Si les circonstances l’exigent, le général en chef peut ordonner, dans la composition de la ration, une substitution telle qu’à 1 kilogramme d’avoine corresponde : 1\1 d’orge, ou Jk,3 de seigle, ou 0\9 de farine, ou 0\7 de biscuit broyé, ou 4k,5 de son, ou 2\8 de foin, ou 5k,G de paille.
Dans les trajets par chemin de fer ou par bateaux
à vapeur, on augmente la ration d’un supplément de foin et de paille.
J’ajoulerai, pour donner une idée de l’esprit d’économie qui règne dans l’armée prussienne, que chaque escadron et chaque batterie comptent à l’effectif 3 ou il chevaux appelés Kriimper, pour lesquels il n’est pas alloué de ration. Les commandants d’escadron ou de batterie sont tenus de les nourrir en prélevant un boni sur le fourrage des autres chevaux.
S* Question. — La morve, qui fait encore des ravages dans nos régiments, est-elle répandue : 1° dans l’armée prussienne, 2° dans les écuries du paysan?
Réponse. — Le ministère de la guerre, à Berlin, ne tient aucun état récapitulatif des cas de morve dans la cavalerie. Aussi n’ai-je pu y obtenir des renseignements précis. Il m’a été dit qu’on estimait à 100 par an le nombre des chevaux enlevés par la morve. C’est une proportion de 2 pour 1,000, si on considère que l’elTectif des chevaux de l’armée prussienne avant 1866 s’élevait à 50,000 environ.
Le seul principe admis pour empêcher de plus grandes pertes par la morve, c’est de faire abattre les chevaux au moindre symptôme. On défend expressément aux vétérinaires de se livrer à des essais de guérison compromettants.
Pendant les six mois qui ont suivi la guerre de
1866 le nombre des cas de morve a beaucoup augmenté; mais il n’a pu m’être fourni aucun chiffre officiel.
La morve sévit aussi dans les écuries des paysans. On m’a cité une contrée de la Prusse orientale où plusieurs propriétaires ont subi en 1865 des pertes considérables.
Question. — Indiquer, si c’est possible, la proportion des chevaux blessés, soit dans les marches, soit pendant la dernière campagne.
Réponse. — Le ministère de la guerre n’a établi aucun travail sur ce sujet.
Tous les officiers de cavalerie que j’ai consultés m’ont confirmé le résultat des observations que j’avais faites pendant l’armistice de 1866 en Bohème, où je m’étais assuré que le nombre des chevaux blessés avait été considérable. J’en avais compté 60 dans un seul escadron. Tous les autres escadrons en comptaient moyennement de 10 à 15.
Les officiers de cavalerie avaient été si frappés du grand nombre des chevaux blessés que peu de temps après la guerre une commission composée de généraux se réunit à Berlin pour étudier la question. Un des membres de cette commission m’a fait connaître récemment dans les termes suivants le résultat des délibérations : « Nous sommes restés convaincus une fois de plus que le seul moyen efficace de ne pas blesser beaucoup de chevaux pendant les mar-
ches consiste dans la surveillance intelligente et continuelle des officiers et sous-officiers. Gela n’est-il pas évident, puisque nous avons vu en Bohême et en Autriche des régiments de la même arme, montés de chevaux de même race, placés dans des conditions identiques, et dont les uns comptaient trois ou quatre fois plus de chevaux blessés que les autres? Nous ne nions pas que l'amaigrissement des chevaux pendant la guerre n’ajoute aux chances de blessures, et cette considération a contribué à nous faire augmenter d’un quart de kilogramme la ration d’avoine; mais les chevaux maigriront en campagne quoi qu’on fasse, et il arrivera le plus souvent que la selle n’aura plus l’adhérence désirable sur les reins et près du garrot. Les chances de blessures augmenteront par conséquent, et ces dernières seront d’autant plus nombreuses que la surveillance des officiers et sousofficiers sera moins active. »
Le seul moyen pratique indiqué pour parer autant qu’il se peut au défaut d’adhérence de la selle est le suivant : chaque escadron reçoit un certain nombre de couvertures hors de service destinées b. fournir des morceaux. Lorsque, par une cause quelconque, la selle ne porte plus exactement sur le dos du cheval , le cavalier rétablit le contact en plaçant sous la selle, à l’endroit convenable, un ou plusieurs morceaux de couverture, qu’il coud même sous la selle, si c’est nécessaire. Une instruction spéciale
sur cet objet est faite aux cavaliers dans les régiments.
4e Question. — Quelle est la durée moyenne du service fourni par le cheval de troupe?
Réponse. — Cette durée est de 9 ans. J’ai voulu savoir si elle a toujours été la môme, et je me suis assuré qu’elle n’a pas sensiblement varié depuis cinquante ans. La Prusse est loin d’avoir fait des progrès correspondant aux nôtres sous le rapport de l’amélioration des races chevalines. La plupart des officiers prussiens qui ont visité la France dans ces dernières années m’expriment souvent leur admiration sur la qualité des chevaux de notre cavalerie.
5' Question. — Comment les chevaux de troupe sont-ils logés? Quel est l’espace réservé à chaque cheval ? Quels sont les moyens d’aération employés dans les écuries? Quelles sont les mesures hygiéniques préventives dont les chevaux de troupe sont l’objet?
Réponse. — Il y a en Prusse des quartiers de cavalerie construits à différentes époques et dont les écuriesn’ont pas les dimensions adoptées aujourd’hui. Voici, pour les quartiers de construction récente, les dimensions réglementaires. (Voir le dessin ci-après.)
Coupe horizontale d’une écurie.
M, M murs.
p, p piliers.
m, m . mangeoires.
| Longueur ( y compris la largeur de la mangeoire el
"g I celle des piliers) 3m,25
-= ' Largeur (si les chevaux sont séparés par des barres). 1m,57 % I ld. (si, par exception, les chevaux sont séparés
par des parois) I'",73
Largeur de l'allée du milieu 4"\08
Id. totale de l'écurie de mur à mur 10m,58
Hauteur de l’écurie 4m,7I
Elle ne doit en aucun cas être au-dessous de 3ro,77
L’écurie de chaque escadron a quatre entrées pour faciliter le service et pour faire sortir rapidement les chevaux en cas d’incendie.
Dans toutes les écuries que j’ai visitées le mode d’aération est semblable h ceux qui sont usités en
France. On emploie de simples portières; les ouvertures sont pratiquées dans les grands côtés près et au-dessous de la toiture. Leur forme est celle d’un carré de 0'",25 à 0,n,2G.
Pour ce qui concerne les mesures hygiéniques préventives, les vétérinaires avec qui je me suis entretenu ne m’ont rien indiqué qui soit digne d’êlre relaté. On a recours en général aux mesures que nous appliquons en France. J’ai remarqué qu’on isole avec soin les chevaux malades des chevaux bien portants et qu’on se garde de les laisser dans une partie de l’écurie avec ces derniers, comme on le fait encore quelquefois dans nos régiments de cavalerie.