‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 1866-1870Chapitre 5 sur 150 · ATTAQUES DE CAVALERIE CONTRE · texte numérisé non relu

ATTAQUES DE CAVALERIE CONTRE

l’infanterie.

Comme preuve de la confiance que possède l’infanterie prussienne dans l’effet de son tir, je ne dois pas omettre de parler des attaques de cavalerie qu’elle a repoussées sans formation de carré. Je crois que c’est le premier exemple d’un pareil fait dans l’histoire des guerres.

Le colonel de Berger, excellent officier et homme digne de foi, m’a raconté l’épisode suivant du combat de Jicin. Il commandait le 8' régiment de grenadiers de la 5' division et il s’était porté de sa personne jusqu’à la crête d’un pli de terrain pour reconnaître le pays, lorsqu’il aperçut dix escadrons autrichiens qui, sur deux de front, s’avançaient au trot dans sa direction. Il rejoignit au plus vite le seul bataillon qu’il eût sous la main en ce moment et que le pli de terrain avait dérobé jusque-là aux regards

de l’ennemi; puis, laissant la cavalerie s’avancer jusqu’à deux cents pas du front de sa troupe, il l’accueillit par un feu d’ensemble de tout le bataillon, suivi immédiatement du tir à volonté. A la première décharge, cinquante à soixante cavaliers autrichiens restèrent sur place, et les deux escadrons de la tête de colonne tournèrent bride aussitôt. Le tir à volonté fut continué sur les deux escadrons suivants, qui , après être arrivés à cent pas du bataillon, se dispersèrent également, en entraînant dans la déroute tout le reste de la colonne.

J’ajouterai qu’on enseigne depuis longtemps à l’infanterie prussienne, en temps de paix, à ne pas craindre, à l’occasion, de recevoir de pied ferme, en ligne, sans former le carré, les attaques de cavalerie. Il est prescrit de laisser approcher la cavalerie jusqu’à deux cents pas et de l’accueillir par un feu d’ensemble, suivi du tir rapide à volonté.

On m’a assuré que dans d’autres combats que celui de Jicin l’infanterie prussienne avait réussi à repousser de la sorte différentes attaques de cavalerie.

(Nous supprimons la fin du Rapport. Les renseignements qui y sont donnés sur la cavalerie et l’ artillerie prussiennes, ainsi que sur le rôle qu’elles ont joué dans la guerre de 1866, n’offrent plus au-

jourd’hui le même intérêt qu’à l’époque où l’auteur les fit connaître.)

Rapport du 4 octobre 1866.

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