A UNE NOTE ENVOYÉE PAR ORDRE DE L’EMPEREUR
Rapport du 16 novembre 1868.
Cette Note était formulée ainsi : « L’armée de la Confédération est de 330,000 hommes; l’armée française est de ftOO.OOO hommes; le nombre des régiments est à peu près le même dans les deux armées; cependant en Prusse, un bataillon compte de 600 à 700 hommes, un escadron 130 chevaux, tandis qu’en France un bataillon a lx 00 hommes et un escadron 100 chevaux. »
Réponse. — Il faut d’abord rétablir le chiffre exact de l’effectif de l’armée fédérale. Il est de 315,000 hommes, et non pas de 330.000. Consulter à ce sujet mon Rapport au ministre du 2 h juin 1868, avec les tableaux qui y sont joints, et dont l’un est un extrait du budget du ministère de la guerre pour 1869, donnant l’effectif officiel exact de l’armée de la Confédération de l’Allemagne du Nord sur le pied de paix. Cet extrait donne pour l’effectif budgétaire le chiffre 313,585, mais il ne comprend ni les médecins ni les auditeurs. En les faisant entrer en
ligne de compte, on a 315,000. Il convient de remarquer que ce chiffre ne comprend pas les forces du grand-duché de Hesse-Darmstadt, constituées en une division qui porte le numéro 25. Ce duché est, comme on sait, divisé par le Main en deux parties, dont l’une, située sur la rive droite, appartient à la Confédération du Nord, et dont l’autre est indépendante ; mais les troupes de la 25' division ne figurant pas au budget, je prendrai pour base le chiffre officiel de 315,000, qui est celui de l’armée fédérale, non comptées les troupes du duché de Hesse-Darmstadt.
Cela posé , il est vrai , comme le dit la Note à laquelle je réponds; que le nombre des régiments est à peu près le même dans les deux armées ; mais les chiffres qu’elle donne pour les effectifs des bataillons et des escadrons sont loin d’être exacts : il s’agit de les rectifier.
Je commencerai par faire observer que l’effectif d’un bataillon ou celui d’un escadron ne s’apprécie ni ne se fixe de la même manière en France et en Prusse, et que la différence est assez sensible pour qu’il faille en tenir grand compte lorsqu’on fait des comparaisons d’effectifs.
En France, pour évaluer l’effectif d’un régiment, on compte à part l’état-major régimentaire, le petit état-major et la compagnie hors rang, lesquels, par conséquent, ne figurent pas dans les effectifs des ba-