‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 18661870Chapitre 124 sur 133 · III. — ARTILLERIE DE MARINE · texte numérisé non relu

III. — ARTILLERIE DE MARINE

Si l’acier est tombé en défaveur dans la construction des canons de campagne, il semble que le môme effet tende à se produire pour l’artillerie de marine, où le fer et le bronze gagnent du terrain. La marine fédérale a déjà adopté les pièces de bronze rayées pour une partie de l’armement de ses bâtiments à hélice, et, bien que l’artillerie deses vaisseaux cuirassés soit tout entière en acier, elle vient cependant d’armer VArminius d’un canon de 72 en bronze. On se rappelle que dans les expériences de l’an dernier le projectile de 72, tiré à la charge de il kilog. , a percé à 500 mètres la plaque de 5 pouces.

La marine fédérale compte actuellement les calibres suivants :

Pièces rayées :

Canon de 12 en fer.

Canon de 24 en fer.

Canon de 24 en acier.

Canon de 36 en acier.

Canon de 72 en acier,

, i petits

Canon de 4 en bronze <

! navires.

Pièces lisses :

Canon de 24.

Canon de 30.

Canon de 36.

Canon de 68.

Canon de <2 court } petits na- Canon de 12 long 1 vires.

Tir contre les plaques en fer. — J’ai rendu compte, dans mes Rapports des 10 juillet et 22 novembre. 1868. des expériences de tir faites au polygone de Tegel contre la plaque en fer. Elles vont être continuées l’automne jprocliain avec un canon en acier de 11 pouces (28 centimètres).

Tir contre l'abri voûté et cuirassé. — J’ai donné quelques détails, le 22 novembre 1868, sur l’abri en fer voûté et cuirassé construit à Tegel par M. Gruson et destiné à protéger les pièces de côtes. Cette construction de plus de 400,000 francs, pour laquelle il a été coulé sur place des pièces de fonte de 75,000 kilogrammes, touche de si près h l’extravagance, que je me suis dispensé jusqu’ici de mentionner les essais qui ont eu lieu. Je dirai succinctement qu’ils ont été de deux sortes : on a d’abord tiré , dans l’abri même, une pièce de 72 qu’il était censé protéger; puis on a procédé 5. des expériences de tir contre l’abri.

La pièce intérieure de 72 a été tirée à 13 kilogrammes de charge, à raison d’un coup par minute : les gaz ont assez fortement incommodé les canonniers. On a été peu satisfait des appareils de dégagement et on a reconnu l’impossibilité qu’il y aurait h tirer avec une pièce trop courte, vu la force de détonation et la violence de la répercussion. Le modèle d’affût a satisfait.

De l’extérieur on a commencé à tirer contre

l’abri, de face, à 500 mètres, avec le canon de 2Zt , des projectiles pleins en acier; puis on a continué avec le canon de 72 à 1,000 mètres, à la charge de 15 kilogrammes. Les effets ont été nuis. Le projectile Krupp, tiré à 1,000 mètres avec le canon de 9G, a produit dans l’abri voûté , à la partie antérieure, une déchirure de 23 pouces (63 centimètres) de longueur. Un 2' coup, en frappant au-dessus du 1",- a augmenté la déchirure de 6 pouces à l’intérieur.

On a rapproché les pièces de 72 et de 96 jusqu’à 350 et 200 mètres de l’abri; plusieurs de ses parties ont été complètement détériorées et les assemblages disloqués.

Le mois dernier on a tiré contre les murs latéraux, et on finira l’automne prochain ces expériences en tirant des projectiles de 225 kilogrammes. Elles

n’auront pas pour but d’éprouver la résistance de

l’abri lui-même, mais seulement la force de pénétration des projectiles de gros calibre.

D’après M. Gruson. les États-Unis songeraient à adopter son modèle d’abri voûté pour la défense des côtes , et il serait question d’y renouveler les essais de Tegel.

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