I. — ÉTUDES MILITAIRES SUR LES CHEMINS DE FER
On sait qu’au commencement de l’année 1866, l’armée prussienne se trouvait beaucoup mieux préparée à la guerre que l’armée autrichienne, et que c’est là une des principales causes des avantages qu’elle a remportés. Je ne saurais trop insister sur les soins incessants qu’on prend ici pour être à un moment quelconque en mesure de faire la guerre avec le plus de chance possible de succès. La langue allemande a même un mot, celui de Kriegsbereitschaft, pour exprimer cet état de préparation où doit se trouver constamment une armée qui comprend véritablement sa mission. Tenir l’armée continuellement prête pour la guerre, et cela sans négliger un
seul des nombreux détails que cet état comporte, tel est le but vers lequel tendent avant tout les efforts du gouvernement prussien. De là ce labeur incessant chez tout le monde, depuis le Roi jusqu’au dernier sous-lieutenant ou employé, de là ces études continuelles principalement de la part des officiers d’état-major, de ceux du ministère ou des diverses commissions; de là ces expériences de toute nature; de là, en un mot, cette activité militaire immense qui règne dans toute l’Allemagne du Nord.
Parmi les questions à étudier pour assurer cet état de préparation à 1a. guerre, celle des chemins de fer attire particulièrement l’attention du gouvernement. J’ai déjà signalé l’enquête faite cette année par une commission d’officiers d’état-major dans le but de reconnaître tous les chemins de fer de l’Allemagne du Nord et de rédiger un travail sur le service qu’ils peuvent rendre au point de vue militaire. Tout récemment encore, M. Delbrück, remplaçant M. de Bismarck comme chancelier fédéral, a porté devant le Conseil fédéral la proposition dont la teneur suit : « Le Conseil fédéral est prié de décider qu’il sera établi, d’après un formulaire désigné, un travail sur les ressources de toute nature que présentent les chemins de fer de la Confédération du Nord sous le rapport militaire. Ce travail sera communiqué^ à la Chancellerie fédérale aux époques suivantes : tous les deux ans, à partir de janvier 1870, pour les che-