‹ Rapports militaires, écrits de Berlin, 18661870Chapitre 90 sur 133 · TIR DE L’ARTILLERIE DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

TIR DE L’ARTILLERIE DE CAMPAGNE

leur enseigne. » Autant vaudrait-il dire qu’il est inutile d’apprendre aux hommes à marcher, à s’aligner ou à manœuvrer, et qu’à l’occasion ils en sauront toujours assez. En Prusse on s’est dit qu’à la guerre bien des causes inévitables porteront les officiers à négliger d’apprécier les distances, ou de rectifier le tir, et que dès lors le moyen le plus sûr de parer à cette négligence, c’est précisément de leur enseigner ces détails importants sans relâche et avec un soin tel que l’habitude contractée persiste autant que possible dans toutes les circonstances.

Le général de Hohenlohe, qui apporte le plus grand soin à l’instruction du tir des batteries dont se compose sa brigade d’artillerie, a fait organiser l’été dernier au polygone une cible mobile , et il a bien voulu m’inviter à assister aux essais. Il a loué à une compagnie de chemins de fer des vieux rails qsés, en quantité suffisante pour construire une voie de 500 mètres de longueur; il s’est fait donner parles magasins de l’artillerie des cordages hors de service, et il a pu ainsi, avec une dépense de moins de hOO francs, établir une cible mobile. Comme on le voit sur le dessin ci-contre, le cordage auquel la cible est attachée longe la voie ferrée d’un bout à l’autre, en étant supporté, dans le but de diminuer son frottement sur le sol , par de petits cylindres en bois c, c,c, placés de distance en distance. Au bout de la voie, en A, il tourne dans la gorge d’un plateau ou d’une sorte de

poulie solidement fixée sur le sol , et ti son extrémité B peuvent être attelés les chevaux qui mettent la cible

en mouvement. Celle-ci est montée sur deux roues correspondant aux deux rails. Quand la cible est parvenue à l’extrémité de la voie vers A, on la fait reculer en attelant les chevaux en D.

On a tiré à mitraille contre la cible mise en mouvement, tantôt au pas des chevaux d’attelage, pour simuler le tir contre de l’infanterie, tantôt au trot des chevaux, pour simuler le tir contre une attaque de cavalerie. Les essais ont présenté de l’intérêt, et ils ont assez bien réussi pour que le général de Hohenlohe songe k prolonger le chemin de fer, l’an prochain, de 500 mètres.

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