‹ Rapports relatifs à la consolidation des temples (volume 2)Chapitre 31 sur 76 · I. CVMPVGNK 1)K ll)(t7-lUU · texte numérisé non relu

I. CVMPVGNK 1)K ll)(t7-lUU

Elle commença le 6 octobre 1907 dans la matinée, sur deux jtointj; à la fois : tandis qu une première escouade d'ouvriers déchargeait nos bateaux (jui venaient d arriver avec le matériel embaiMpié au Caire et à Edfou. une seconde jetait bas les ruiiu's de maisons modernes (pu encombraient les abords, et une troisième élevait rapidement, dans la cour du <;rand tem|>le. un échafaudage destint'' à reprendic iimiK'dialemenl en sous-(vuvre la portion la plus périlleuse de lédilici". la façade du |)ronaos. Depuis ce jour jusipiau ;i8 mai-s 1908.

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(lue je ((uittal Kalabchéh pour rentrer au Caire, les travaux n'ont jamais été suspendus coniplèlement. Je ne les décrirai pas en ordre chronoio^jique, jour par jour, ce <|ui rendrait mon récit difficile à suivre : je prendrai chacune des parties du temple Tune après l'autre, à peu près dans l'ordre où elles sont énumérées dans votre Rappoii préliminaire , et je décrirai les opérations que j'ai dû leur faire subir.

Débarcadrre. — Si l'on se reporte au\ planches LIV-LVI qui le montrent tel qu'il était avant la restauration, et qu on les compare à la planche LVllI qui représente son état actuel, les travaux terminés, on se rendra un compte exact de l'œuvre accomplie.

Et d'abord toute la partie du mur sud qui avoisine l'escalier et qui comprend quarante-deux blocs a été démontée jusqu'aux fondations (pi. LVII), puis celles-ci ont été déchaussées jusqu'à un mètre de profondeur et l'assise inférieure empâtée de ciment. Le mur a été ensuite reconstruit tel qu'il était dans l antiquité, les brèches qu'il présentait et les joints ont été bouchés soigneusement au ciment, et la tranchée a été comblée à nouveau. Je n'ai pas été obligé de prendre les mêmes précautions pour "les murs des faces nord-est et ouest qui étaient moins endommagées : il a suffi de les rejointoyer au ciment, jusqu'au point où la banquette était établie, puis de rétablir celle-ci sur presque tout le pourtour au moyen des blocs qui étaient en place et de ceux qui étaient tombés à terre. J'ai profité de l'occasion pour vider le couloir long de y mètres, large de i m. 96 cent, qui traverse le débarcadère en son milieu et qui était entièrement rempli de débris ou d'immondices (pi. LVI). Il n'avait pas beaucoup souffert et j'ai eu peu de chose à faire pour le consolider : il servira, non plus comme autrefois de passage aux habitants , mais d'exutoire pour soulager la digue, en offrant une issue aux eaux qui venaient buter contre lui au moment de l'inondation. La plate-forme qui couronnait le débarcadère n'était pas, malheureusement, en aussi bonne condition; jai (In. après en avoir déblayé l'aire, diviser celle-ci, par des murettes de pierre liée de chaux et de hoinrah épaisses de 0 m. 60 cent., en compartiments de peu d'étendue, que j'ai remplis ensuite avec un béton composé de caillasse, de pierres, de chaux, de homrah et de sable, le tout mélangé soigneusement et damé à la demoiselle en fer. Le travail a duré du i5 novembre au 3 décembre 1907.

Le débarcadère achevé, je me suis attaqué à l'escalier qui menait au temple, et jo l'ai refait en grande partie; en effet, les habitants, pour prendre le séhakh , avaient poussé des galeries sous lui et les marches antiques s'étaient, par endroits, enfoncées dans le sol. J'ai prolongé de huit marches la portion sud de

RAPPORT SI lî LK TEMPLE DE KALABCHÉH. 03

l'escalier, poiii' permeLlrc .-mx vova^eurs (rahorder aisément on felouque lorsqu'ils voudront visitci' If lfiii|i|i' [jeiulanl le temps où les eaux nauront pas atteint encore leur niveau !<■ plus élevé. Ces restaurations ont e.xijjé un peu plus (iun mois, du 3 décemlirc au (j janvier.

Quai. — Le devant du pylône déblayé com|)lètement, et penrlant que la restauration du débarcadère s"o[)érait, le 12 octobre 1907, j'entrepris la réfection du (juai qui est si importante pour la protection du temple.

La pente en était masquée plus d'à moitié par de nombreux blocs tombés des pylônes et pour la plupart brisés dans leur cbute, par des pierres transportées de l'intérieur du temple, par des milliers de tessons de poterie moderne provenant des maisons démolies: le talus en descendait jusqu'au plateau inféri<?ur des terres cultivées, et la hauteur en était, devant les pylônes, d environ 3 m. 5 G cent., sur une lonjjueur de 70 mètres et sur une larj^eur de plus de 10 mètres (pi. LIX). J'enlevai tout, puis arrivé au niveau du dallajje antique, comme la baie de la grande porte était presque complètement déblayée, j'installai (pielques rails et deux wagonnets qui me servirent à transporter à distance les décombres de la cour. Je creusai ensuite au pied de chacun des pylônes sud et nord trois fosses larges de 3 mètres sur 3 et profondes de 4 mètres. Il s'agissait de descendre à un niveau inférieur à celui des fondations afin d examiner l'état de celles-ci et de consolider leurs assises basses. Je reconnus qu elles sont très saines et (Miellés posent sur uu uiassif de béton composé de caillasse et de chaux. La constatation faite, je disposai au fond de chaque tranchée un premier lit de gros blocs assemblés régulièrement et sur lequel je répandis un bon mortier de chaux, homrah et sable. Je plaçai ensuite un second lit de grosses pierres, de moellons, de cailloux, d'une (''|)aisseur de o m. 5o cent, que j'impré'gnai également de mortier li(|uide; je pilonnai le tout hardiment, je répétai l'opération juscju'à ce que la tranchée fût comble et je remis au-dessus les dalles du pavé antique dans l'ordre même où elles se trouvaient auparavant. J'ajouterai que. par mesure de précaution, je me gardai bien d'ouvrii* ces six tranchées toutes à la lois, ce qui aurait pu à la rigueur compromettre la slabiliti' du pylône: je les pratiquai une par une. attendant six jours pleins après la fermeture de chacune délies pour donner au morlicr le temps de sécher. L'opération ainsi conduite prit beaucoup de temps, et comme le moment appiochail où. le barrage se lermant à Assouàn. les eaux allaieiil uionler. je me liàtai de construiie les (|uais en avant des p\l()nes à droite el à j;auche du débarcadère, toutefois je m- pus en achever tpie la partie sud. I*^lle a 1 •' mètres de largeur sur iU> de longueur, et elle

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esl jfarnio sur tout son Iront Est d'un peiré incliné à Û5" qui se relie à l'escalier et à la maçonnerie du débarcadère. Je l'ai établi sur des fondations larges et profondes afin d'empêcher les affouillements, et j'y ai utilisé tous les blocs informes ([ui ne pouvaient plus être remployés (pi. LX). La montée rapide de l'eau m'a contraint d'interrompre les travaux le 9 5 novembre 1907, et de remettre à l'année prochaine la construction du quai et du perré qui doivent protéger la portion nord du j)ylône.

Pi/loncs. — L'étage supérieur des deux tours avait été rasé presque entièrement depuis de longues années, et plus de soixante blocs gisaient en monceau sur le couloir et sur le linteau de la grande porte est. Beaucoup d'autres blocs étaient tombés dans la cour, notamment ceux du pylône nord : un petit nombi'e s'était répandu à l'extérieur du côté est (pi. LXI). Le 20 janvier 1908, je construisis un échafaudage haut rie ao mètres, juste au-dessus de cette porte, et je le reliai avec un autre échafaudage rectangulaire, bâti à l'intérieur pour la restauration des quatre colonnes nord; j'y installai des palans différentiels, au moyen desquels j'enlevai tous les blocs qui s'étaient accumulés entre les deux tours, et je les remis chacim à leur place antique. Je n'ai pas réussi toutefois à remonter les plafonds des deux étages supérieurs car, malgré toutes mes recherches, je n'ai retrouvé aucune des dalles dont ils devaient être composés : peut-être faut-il en conclure, comme vous l'avez fait, que les tours n'ont jamais été terminées. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, je suis arrivé à rebâtir cinq assises à la tour nord du côté de l'est, et dans l'intérieur de la chambre de cette même tour quatre assises. De même, j'ai rehissé au sommet de l'escalier nord la grosse dalle qui sert à la fois de toit à l'escalier et de linteau à la dernière chambre. J'ai débarrassé celle-ci des blocs nombreux qui s'y étaient amoncelés, et je les ai remis en assises, non sans peine. Ajoutez que presque toutes les dalles des plafonds des chambres des deux tours étaient brisées en deux morceaux, quelquefois même en trois : j'ai passé des poutres en fer en dessous de ces dalles dans trois chambres, une dans la tour du nord, deux dans celle du sud, à huit par chambre, mais le temps m'a manqué pour aller [)lus loin, et, le 2 5 mars, je me suis décidé à différer jusqu'à i'an prochain la fin de ce travail difficile (pi. LXII). Pendant cette cam|)agne, j ai remué, tant dans le couloir qui relie les deux tours au-dessus de la porte que dans l'angle nord-est de la cour et à l'extérieur le long de la façade est, plus de deux cent cinquante blocs énormes. Vus d'en bas à leur place ancienne, ils semblent de petits moellons faciles à manier : en réalité ils pèsent pour la plupart de cinq à six tonnes et plusieurs ont dépassé le poids de dix tonnes.

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