RAPPORT SUR LE TKMI'LE DE KALABCIIÉII
Grande porte cenlrnlc — L'olal en élfiit des |)lus <lé[)lora|jles (pi. LXI-L\1I ). el la n'paratioii en demandait un soin parliculier, car le moindre clioc aurait lait ébouler les débris entassés au-dessus de la corniche. Le |jlafond avait été taillé en berceau par les (loptes, et les dalles, amincies en leur milieu, s'étaient brisées en plusieurs moic<'aux au inoincnl où I<;s blocs provenant des deux tours s'étaient écroulés. Afin donc d'éviter une catastrophe, je fis boiser la voûte avant même de |)rocéder à IcMilèvement de ces blocs (pi. LX1\ , LXMll): lorsqu ils furent remontés dans leurs tours, j'étavai les extrémités encastrées de chacune des dalles du jjlalond, j'enlevai les portions médiales <|ui au centre n avaient pas plus de qualn,' ou cinq centimètres d'épaisseur, puis je passai sous les bouts demeurés en |)lace. ainsi que sous les linteauv (b; l'est et de l'ouest, vinjjt-cinq poutres en lei-, sur lesquelles je construisis, pour remplacer les dalles en pierre, des poutres en béton armé, composées de ciment, de sable et de rliak/s. .!(' liai ensuite, avec des crampons en fer, les blocs dont sont constitués les deux jjrands montants et les parois intermédiaires; je rachetai les cavités qui s'y étaient produites par un rocaillage en ciment sur lequel j'étendis un crépi de ciment solide. Je repris enfin avec soin, au ciment, le |)avement. les deux seuils et le jtetit plan incliné qui rejoint la porte au quai sur la face est. Actuellement, à la date du 9 5 mars i 908, la porte a repris son aspect dautrefois. el les membres divers en ont été restaurés avec assez de solidité pour qu i-lle puisse résister à l'action de l'eau dans lacjuelle elle sera plongée pendant la moitié de Tannée (pi. LN 111 ).
Conr. — Le déblaiement de la cour proprement dite ma occupé plus d un mois et demi. Je m'attaquai d'abord à la seule (|iii lût encore debout des quatorze colonnes du porti(|iic. (l'Ilc (piOn apercevait à langle sud-ouest surmontée de son architrave (|tl. LMII). Elle était lellemenl endouimagée (pi'en vérité elle était maintenue droite par le poids de celle-ci plutôt qu'tdle ne la stnitenait. et la moindre secousse aurait sulli à consommer sa ruine. Je la consolidai toute. IVil, chapiteau, dalle, au moyen de |)liisieurs crampons eu fer fixés avec du ciment, de manière à en loiiner une .seule masse compacte, el celle reprise exiffca beaucoup de lemps. {|ii(^ j'utilisai à déblayer la cour entière à 1 exception de l'anjjle nord-ouest (pi. L.\l\ ). J'aurais voulu conserver, comme vous le souhaitiez, les antichambres (|ue les (loptes avaient élevées en avant de la porte du pronaos, lorsqu'ils avaieut mélamorphost' celui-ci en église (pi. LW ). mais les murs \ ronlerinaieut tant de blocs nécessaires à la reconstruction qu il me fallut les détruire après en avoir levé le jdan. Je m'elVorçai »le recueillir, outre les fragments dont ils étaient bàlis. tous les débris qui avaient appartenu
Tfmpies lie A'iifciV. 9
GG A. BARSA.MI.
aux colonnes aujourd hui renversées. Ce fut un travail diflicile, car, hauts de 5 mètres au milieu de la cour, les décombres atteignaient la hauteur de 7 à 8 mètres dans les angles, mais enfin j'y réussis et je parvins à classer les tambours et les chapiteaux, ceux qui avaient appartenu au portique sud dans la réj'ion sud, ceux qui avaient appartenu au portiijue nord dans la région nord de la cour, puis je fis transporter provisoirement au dehors les morceaux des dalles du portique. Ce fut un travail énorme, car l'espace à découvrir ne mesurait pas moins de 600 mètres carrés. Lorsqu'il fut accompli, je creusai en avant de chacune des bases de colonnes et sur les deux faces des tranchées carrées de 1 m. 5o cent, de côté et de 1 m. 5o cent, de profondeur. Je reconnus ainsi qu'elles reposaient chacune sur une fondation de trois assises, profondes d'environ un mètre à elles trois, isolées sur trois côtés mais rattachées solidement aux fondations du pylône et des murs latéraux.
En avant des colonnes engagées qui décorent la façade ouest du pronaos, je creusai les tranchées plus profondes et plus larges, ainsi qu'il le fallait pour résister à la poussée exercée sur ces colonnes et sur leurs fondations par les architraves et par les corniches dont elles sont chargées. L'ensemble des tranchées ainsi pratiquées est de vingt-sept entre grandes et petites, et il ne m'en reste plus que trois à creuser autour de la colonne qui terminait le retour du portique nord, immédiatement à côté de la porte est lorsqu'on pénètre dans la cour : ce sera 1 aflaire de quelques jours l'an prochain. Toutes ces tranchées ont été remplies de grosses pierres, de chaux, et de homrah disposés en couches régulières fortement pilonnées. Lorsque le niveau convenable fut atteint, je remis en place celles des dalles du pavement qui étaient encore en bon état, et je remplaçai par un lit de ciment celles qui étaient brisées ou qui avaient disparu. Je m'appliquai ensuite à remonter les colonnes (pi. LXVI), et d'abord je me proposais de relever celles-là seules dont les tambours subsistaient plus ou moins mutilés. Lors de votre inspection, dans les premiers jours de janvier, il vous parut qu'il y aurait plus d'inconvénients que d'avantages à laisser empilés dans la cour les fragments des autres : aussitôt après la première mise à l'eau ils deviendraient des nids à salpêtre, et il valait mieux relever le tout, sauf à refaire les tambours intermédiaires qui auraient été détruits complètement ou qui seraient trop endommagés pour être capables de supporter le poids des assises supérieures. Je suivis vos instructions à ce sujet, et présentement, dans les derniers jours de mars, huit colonnes sur quatorze sont debout, quatre le long du mur nord et quatre le long du mur sud (pi. LXVIl). Les six colonnes rangées le long des massifs du pylône à l'est seront reconstruites l'an prochain.
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L'aire centrale de hi cour ('lait diilléi; : j'ai soulevé les dalles en plusieurs endroits et j'ai opéré des sondajjes i|iii oui permis de reconnaître que le sol avait été damé solidement dans ranti(|uité. et qu'il était demeuré compact jusqu'à ce jour. Pris comme il l'est dans la cuvette formée par les fondations des murs et des colonnes consolidées, il ne pourra pas boujjer lorsque les eaux le pénétreront. Je ]ne suis donc borné à combler soijjneusement les trous de sondajje que j avais creusés, à remettre les dalles intactes et à remplacer les dalles brisées par une coucbe de cimenl.
Les murs qui dessinent Taire de la cour ont été examinés et repris lun après l'autre, .le laisse de coté poui' le moment celui de l'ouest qui constitue la façade du pronaos. Les trois autres étaient bordés de petites chambres sombres pratiquées dans l'épaisseur et dont nous ne rencontrons pas lanalojjue à Kdfou. Il \ avait quatre de ces chapelles dans la muraille nord, outre une jjrande porte qui menait de la cour au couloir extérieur de ronde : je n ai eu quà v boucher quel([ues trous et à y retoucher les joints avec du ciment, ce qui me prit du 3i janvier au 98 février i()o8. La muraille est. muraille du pxlône. contenait (juatre chambrettes également, deux par toui-, et deux escaliers qui conduisent aux terrasses, l'un vers l'angle nord-est. l'autre vers l'angle sud-est : du 3 1 janvier au 20 mars 1908, je réparai le tout au ciment, sauf la chambrette qui ouvre dans la tour sud à droite de la porte d'entrée ( pi. \A\ 111 ). el don^l je restaurerai le plafond l'an prochain. Les chambres de la muraille sud m ont donné plus de [)eine, car d'énormes trous y avaient été pratiqués dans les maçonneries |)robablement par les chercheurs de trésors, et la paroi sud de lune d'elles qui est en réalité le mur sud du temple était si fort compromise qu'elle menaçait de s'écrouler : il me fallut en étayer le plafond, ce qui n'alla pas sans danger, puis je consolidai la portion endommagée de la paroi et je comblai tous les trous avec du ciment, inifre le 9 et le 2() février iqo8.
Prnnaos. — La ruine et l'encombrement v étaient aussi lamentables que dans la cour à portiques. Au milieu de I aire, entre la porte est et la porte qui mène aux clinmbres du sanctuaire, la hauteur (b^s débris accurnub-s était di' fi mètres (pi. L\l\), mais elle atteij',nait (i mètres sur les côtés au nord ( pi. L\ll. L\l\ ) et au sud (pi. LMIl). (l'était un entassement formidable de landioin's de colonnes, de cha[)iteaux, d architraves en pièces, de dalles brisées provenant ilu |)lalond ancien, le tout dans un é(|uilibre si instable qiu'. si Ion touchait à lun de ces fragments, deux ou liois auties s'ébranlaient el s'écroulaient aussitôt : dès le premier JOUI', un de nos ouvriers les meilleurs fut blessé grièvement au pieil el à
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la jambe par lelTondrement subit d une de ces masses de débris. Je pris le parti de remiser (Unis la cour tous les blocs qui appartenaient aux colonnes ou aux autres éléments de la salle qu'il y avait quelque espoir de remettre en place; les autres lurent transportés sur le quai en face de la tour nord du pylône, et tous les menus l'ragments furent employés aussitôt à la fabrication de nos bétons, après quoi, je procédai à la restauration.
Celle de la façade qui donne sur la cour s était faite du i o octobre au 3 novembre 1907. dans le temps même qu'on mettait cette dernière en état : elle a été le plus ddïîcile et le plus périlleux de tous les travaux que nous avons exécutés en Nubie jusqu'à présent (pi. LXX, LXXI ). Notre chef-menuisier Mohammed qui en lut chargé plus spécialement sous ma surveillance, établit tout le long de cette façade un échafaudage solide et léger à la fois qui, enjambant pardessus les murs dentre-colonnement, lui permettait de réparer en même temps les deux faces est et ouest. Non seulement les fûts des quatre colonnes et des piliers d'angles étaient fortement ébréchés, mais les cinq architraves qui les reliaient et les corniches qui surmontaient les architraves étaient entamées par dessous et brisées en plusieurs morceaux : la pierre était si décomposée et si fragile par endroits, qu'à peine y appuyait-on le doigt, elle s'effritait ou se détachait par gros fragments (pi. LXXI). Comme les cassures étaient horizontales ici, verticales là, û fallut s'ingénier à trouver un mode détayage nouveau pour chaque architrave. iMalgré tout, les quatre colonnes furent consolidées et cimentées à nouveau de la base à l'abaque, ainsi que les quatre murs d'entre-colonnement et le soubassement est de la façade, et les deux poternes ouvertes par les chrétiens à droite et à gauche de la porte antique dans les murs d'entre-colonnement furent fermées avec des lits de grosses pierres jointoyées à la chaux et au homrah et crépies proprement. Pour soutenir et refaire les architraves, je passai cinq poutres de fer sous chacune des trois du milieu, et six sous chacune des deux extrêmes, en tout vingt-sept; je posai sur elles de petites poutres transversales, et, sur cet appui, je rebâtis les parties manquantes en une sorte de ciment armé et je formai une seule masse d'elles et des portions subsistantes des blocs antiques.
Les trois autres parois avaient beaucoup souffert dans leurs parties basses, jusqu à la hauteur d'environ 5 mètres. Au moment où les colonnes intérieures et le plafond s'abattirent, les débris, venant frapper contre elles, écorchèrent profondément et brisèrent les blocs dont elles se composaient; j'ai dû saisir tous ces fragments dans une couche épaisse de ciment. Au-dessus de cette zone, j'ai rejointoyé les assises au ciment, et j'ai bouché les trous dont quelques-uns étaient
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assez profonds : si Ton vont bien se rappolor que les murs ont environ i 6 mètres (le liiiutciir, on iiiiiijjincia alsénieiil (jih' cette opération ne sest pas faite sans (liniciiité. Les deux |)ortes qui menaient Tune à travf-rs la paroi sud au couloir de ronde méridional, l'autre à travers la paroi noid au couloii' septentrional étaient en très mauvais poiul. et les linteaux, brisés en |)lusieurs pièces, étaient sur le point de scffondrer; j ai passé cinq poutrelles en i'ov sous le linteau de la porte sud, et six sous celui de la porte nord, puis jai refait les montants au ciment, moyennant ([uoi la solidité ne laisse actuellement |)lus rien à désirer. Toutefois je n'en ai pas pu finir entièrement avec ces murs pendant le cours de cette campagne : ]"ai dû remettre à 1 an prochain de consolider les fragments de dalles qui, à demi arrachés de leur encastrement au moment où le plafond tomba, sont demeur/'s depuis lors comme suspendus dans des positions plus ou moins précaires.
Les deux colonnes du sud, les seules qui n eussent pas été englobées dans la ruine de l'édifice, ont du être traitées avec un soin minutieux. Les fûts en étaient si cruellement entamés, à partir de l'endroit où elles étaient ensevelies sous les décombres, que je n'ai pas attendu la fin du déblaiement pour m occuper d'elles. Au fur et à mesure (jue les ouvriers en dégageaient une portion, les maçons la consolidaient, et grâce à cette précaution nous avons réussi à les restaurer sans accident jusqu à la base. iMème dans ces conditions, la cnjonne voisine de I angle sud-est. se t(Miail à pcim- en équilibre; j'ai dû la relier par trois solides poutrelles en fer au fragment de son architrave ancienne, (pii f-l demeuré encastré dans la murailh; sud. puis j'ai masqué les poutrelles |>ar une maçonnerie légère en pierre et en cimcnl de la ((lulciii- du fiagment auquel elles se rattachent. La colonne sud-ouest est plus solide, et après l'avoir retouchée, comme je lai dit |)lus haut, je n'ai |)as pensé qu'il était nécessaire de l'ajipuver à la muraille voisine par des poutrelles de fer; j'ai différé cette 0|)ération justpi'à l'instant où les autres colonnes auraient été rebâties, .le ne sais pas encore ce (juil en adviendra des deux ([ui s élevaient le long du mur nord, mais les cpiatre tlu centre ont gardé leurs assises inférieures plus ou moins endommagées par l'incendie, et je m assure (pie nous en possédons encore tous les éh'menls. si bien que je songe à les redresseï'. Min d éviter tout mécompte, jai creusé entre elles des tran(diécs profondes de i m. ôo cent, et j'ai empàtt' leurs fondations t|ui com[)orlenl. comme partout, trois assises superposées d'un bélt)n de pierres, de chaux et de liomrah. Le pavement remis en place et retouclu». j ai «'dili»» un fort échafaudage qui me servira iaii pidchaiii à remonter les colonnes. Le travail de reconstitution îles colonnes sud a duré du lo au ■?.') novembre i»)o-.
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Premii-re salle on reslihulr (^dii i5 novcmhrr an â dikcnihir igoj). — Les débris du plal'ond v étaient entassés à la hauteur de 6 mètres; je les ai fait enlever, puis j'ai l)ouché au ciment les fissures et les joints de toutes les assises de chaque paroi. Les trois grands fragments de dalles du plafond qui subsistent encore au côté nord-est ont été consolidés au nioven de grosses barres de fer passées sous elles, et j'ai retenu [)ar des grilfes en fer le seul fragment de dalle qui restât encore au coté nord-ouest. Presque au centre de la salle, je remarquai un endroit où les dalles du pavement avaient été arrachées, et j'y reconnus l'entrée d'un caveau oblong creusé par les chrétiens, peut-être pour servir de tombeau à un haut dignitaire de leur église; il ne renfermait qu'une couche de poussière très fine et mal odorante. Après en avoir relevé le plan, je Tai comblé d'une maçonnerie compacte de moellons, de chaux et de homrah; on pouvait craindre, en effet, que l'eau, s'y introduisant et y séjournant après le surhaussement du barrage d'Assouân, ne compromît la solidité des fondations.
Les montants des portes qui mènent au ])ronaos et au vestibule ainsi que leurs linteaux ont été consolidés avec du ciment et des poutrelles en fer (pi. LXXII). Le couloir et la petite crypte du sud n'avaient pas souffert grandement; je n'ai eu qu'à rejointoyer les linteaux des portes basses qui y mènent et à y boucher quelques trous dans le mur.
Dt'Hxihnc salle close ou procella (f/w 30 nooembre au â décembre igoj). — Le désordre v était au comble, et les fragments du plafond étaient si lourds qu il m'a fallu employer un procédé spécial pour les enlever. J'ai dû faire franchir la largeur de la salle par de grosses poutres en bois posées des deux bouts sur les murs est et ouest, et y suspendre des palans différentiels au moyen desquels les blocs ont pu être soulevés, puis déposés sur les wagonnets. Cela fait, je me suis attaqué à celles des dalles du plafond qui demeuraient encore en place, une au sud, deux au nord, dont l'une était intacte et l'autre brisée. Le fragment du sud, qui penchait vers le sol, a été soulevé avec des crics, puis soutenu de deux poutres en fer jetées du mur ouest au mur est, et sur lesquelles j'ai rebâti en maçonnerie la partie manquante de la dalle; le tout a été crépi au plâtre et teinté, de manière à ne pas faire disparate avec la partie conservée, .l'ai ensuite ordonné au menuisier Mahmoud Mohammed de construire un chevalet très fort pour remettre en place la dalle brisée du enté nord, dont la condition me semblait être des plus précaires. Le chevalet terminé, les deux fragments avaient été rapprochés bout à bout et les tailleurs de pierre avaient commencé à creuser dans les murs les cavités dans lesquelles les poutres en fer de support devaient
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(Hi'e oncastrëes, lorsque, la nuit, un orafje éclata. (|ui rhiia plusiours heures, et pendaul lequel un grand bruit se produisit à lintéi'ieur du temple. Le lendemain, dès l'aube, j'allai voir ce qui s'était passé pendant la nuit, et je constatai, à mon grand regret, que le fragment ouest était tombé sur le sol et s'était rom|)U en plusieurs morceaux. L'examen de la pierre me montra quelle contenait deux fentes anciennes que nous n'avions j)as aperçues: la pression des crics les avait élargies, et malgré le soin que nous avions pris d'étayer la dalle, la rupture et la chute s'en étaient suivies. Si l'accident était arrivé pendant le jour, tandis qu'on ap|)liquait les crics, nous aurions eu probablement plusieurs morts d'homme à regretter. J'ai passé deux poutres de fer sous le fragment resté en place, et jai com[)lété la dalle en maçonnerie.
Le dallage a été relait en partie au cimenl. et le couloir méridional a été rejointoyé également au ciment. Les montants des portes et leurs linteaux ont été consolidés au moyen de |)Outrelles et de barres de fer.
Saiiclitam; i^dn à au !io décemhfc iQoj). — Les murs étaient sains, mais criblés de ces trous que j'ai signalés dans les autres chambres; je les ai remplis de ciment et j'ai repris au ciment les joints des blocs. Sur un point seulement, au-dessus de la porte d'entrée qui donne sur le vestibule, le dommage était fort considérable; jai soutenu les débris du linteau avec deux poutres »en fer, et j'ai comblé les vides au ciment, en jirenant soin de bien respecter les restes de la décoration antique. J ai soutenu au moyen de quatre poutres en fer celle des deux dalles du plafond qui menaçait de tomber du côté nord: jai redressé, au moyen de deux poutres en fer, le fragment de dalle (jui subsistait au côté sud et je l'ai complété en maçonnerie.
On avait pensé jusqu'à ce jour que la région ouest du temple était bâtie directement sur le roc, mais, certains indices me portant à douter de lexaclitude de cette assertion, je résolus de la vérifier, et je fis exécuter deux sondages profonds aux angles nord-ouest et sud-ouest du sanctuaire. Jai constaté que mes doutes étaient justifiés : les murs du sanctuaire reposent sur lalluvion. et je nai même trouvé nulle |)arl, sous le premier lit de pierre, aucune trace dun massif de bri(pies crues analogue à ceux qu'on rencontre à Dakkéh ou ailleurs. Pour racheter autant ipie [)ossible celte infériorité. ji> fis creuser dans les qualiv anjjlescpiatre tranchées parallèles aux murs est et ouest, profondes de i m. ôoc. loii{;ues de '» mètres, lai'jjes de •? mètres: j'établis sous les londations une ban- ([iietle courante en maçonnerie, puis je remplis les tranchées dune maçonnerie en grosses j)ierres. Kniin, je remis en place les dalh'v t|ui avaient été levées, el
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je coulai entre elles du cimont très fin pour les lier les unes aux autres et au bélon sur lequel elles posent. L'an prochain, je ferai un travail analogue dans le couloir de ronde, à la [)artie extérieure des anjj-les ouest et sud-ouest.
Escalier et terrasse. — L'escalier qui mène de la salle D à la terrasse du temple a été réparé au ciment, ainsi que les parapets qui l'ont le lour de cette terrasse. Jai également remis en place et immobilisé, au moyen de crampons en fer, tous les blocs qui appartenaient aux corniches qui surmontaient, à Fextérieur, le parapet de cette même terrassé.
Murs d'enceinte du temple. — Tout rintervalle coin|)ris entre les deux murs d'enceinte du temple était encombré do blocs tombés de ces murs ou des édifices moindres ([ui y étaient élevés, le spéos au sud-ouest, les restes de la chapelle ptolémaïque au nord-est.
Premier mar sud. — Le déblaiement, commencé du côté sud dès le début d'octobre, mit promplement au jour le pied du premier mur sud et me montra qu'il était en bon état presque partout. Sur un point seulement, je constatai qu'à la distance d'environ 5 mètres de la base de la tour méridionale du pylône, un trou profond de lo mètres et large de plus de i i mètres avait été creusé, à une époque inconnue, mais certainement avant la ruine définitive du temple et son abandon par les habitants (|»1. LXXIII). Les fondations, n'étant plus maintenues par la pression des terres, avaient fini par céder; les assises s'étaient disjointes, et elles tendaient à se disloquer entièrement, .le les étayai aussitôt avec des poutres, puis je construisis sous elles de forts pilotis en pierre de taille, chaux et homrah, qui arrêtèrent le mouvement; je coulai ensuite tlans les fissures du ciment liquide qui, saisissant les blocs, fit une masse compacte de toute la partie du mur ainsi traitée. Ainsi que je l'ai dit plus haut'", une des petites chapelles ouvrant dans l'épaisseur du mur, sur la cour du temple, avait été endommagée par ce mouvement du mur qui formait sa paroi sud; elle a été réparée de son côté, et j'espère (jue tout danger est écarté suice point.
Cette affaire réglée, j'ai construit progressivement, le long des fondations du premier mur sud, une banquette haute de 4 à 5 mètres, large de 3 mètres à la base, de a mètres au sommet, et qui, débordant de i mètre sous le premier lit des fondations, l'encastre et le supporte; les fondations ont, sur tout le pourtour extérieur, (|uatre assises au lieu de trois (ju'elles ont à l'intérieur du temple, et
'" Voir plus liaul, |(. G7 du présent volume.
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la consolidation qn'elles viennent de recevoir les mettra à même de résister aux infiltrations pendant fort lonjjtemps. La banquette est constituée extéiieurement par un mur en moellons denviron o m. Go cent, d'épaisseur, incliné légèrement du côté sud. De 3 mètres en 3 mètres, il est réuni aux fondations antiques par des murettos transversales, épaisses de o m. 5o cent. Les comjtartiments rectangulaires formés de la sorte ont été remplis dune maçonnerie en gros IjIocs, dont cha([ue assise a été renforcée d'un béton coulé entre les blocs: le tout a été recouvert d'une couche de béton fortement pilonné et opposera une résistance presque imperméable à l'eau. Un sondage, opéré vers 1 angle sud-ouest, dans la partie que la banquette n"a pas encore atteinte, ma prouvé qu'en cet endroit le mur posait directement sur le roc, sur une longueur denviron 12 mètres de l'est à l'ouest. Ce mur sera un point d'appui précieux pour nos travaux lorsque, au début de l'hiver prochain, nous prolongerons la banquette, de manière à ce (ju'elle garnisse complètement la paroi sud (pi. LXXIV).
Le mur à assises courbes, qui rejoint le massif sud du pvlône au second mur du sud (pi. LXXIV), et qui fait front à l'est sur le quai (pi. LXI), a été cimenté fortement, puis tout l'intervalle compris à son ouest, entre la banquette et le second mur du temple, a été comblé, jusquau niveau du dallage antique, avec un mélange de pierre, do terre et de sable, pilonnés fortement, au pniut de constituer une masse compacte, jusquà peu de distance du petit portique ijui précède le spéos sud-ouest.
Le mur sud du temple ainsi consolidé, jai entrepris de le compléter dans la mesure du possible, et j'ai établi à cheval sur lui. moitié le long de la face sud, moitié le long de la face nord, dans le couloir de ronde, un grand échafaudage, haut de lâ mètres, long de bo mètres (pi. LXX\ ), au moyen duquel j ai |)u remonter sept assises presque complètes, en utilisant les blocs accumidés sur Taire extérieuix* ou dans le couloir du temple.
Mur ouest. — .1 ai pu reconstruire huit assises de la partie sud-ouest: le reste sera remonté lan prochain.
Mitr nord (pi. LXXVI). — Les fondations en avaient été «léciiaussées d'abord j)ar les chercheurs de Iri'sors. |)uis plus récemnuMit par les oheroheui's de S4'l>akli. et dans plus d iiu eudioil ou remarquait des cavités profondes de 8 à lo mètres, .lai cru prudent do construire. Ao •' mètres en •• mètres, sous la preuuère assise, des pilotis hauls de i n\. ;")o ceul.. puis j'ai rejoint ces pilotis par une maçonnerie forlemenl ciiuentt'e. .l'ai bàli ensuite, sur une longueur de '» i mètres en partant de I angle uord-esl de la tour nord du p\lône. une banquette conçue
Templet de Piubir. lo
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sur le même plan que la baïKjuette du mur sud, avec mur extérieur large de 0 m. 0 0 cent, et légèrement incliné, murettes transversales, maçonneries et béton dans l'intervalle des murettes, le tout profond de 5 mètres. J'ai comblé ensuite une tranchée de 7 mètres de profondeur qui avait été creusée par les sahhahhîn, entre la porte qui mène à travers la muraille nord dans la cour du temple et le portail correspondant de la seconde enceinte, puis j'ai rempli lintervalle entre la banquette et le second mur d'un béton fortement pilonné, de même composition que celui que j'avais employé le long de la banquette sud.
Le manque de bois m'a empêché de remonter les assises écroulées du mur; Ihiver prochain, lorsque les poutres employées au grand échafaudage du mur sud seront redevenues libres, je m'en servirai pour exécuter cette partie de la restauration.
Chapelle d'époque iHolémaïque. — A l'extrémité est du second mur d'enceinte, du côté nord, la petite chapelle ptolémaïque m'a causé quelques inquiétudes. Son pavement est plus bas de 9 mètres que le pavement d'époque romaine; pour le raccordera la banquette nouvelle, j'ai établi un petit escalier en pierre de dix marches, qui aboutit dans la petite cour sur laquelle ouvre la chapelle. J'ai rejointoyé les' murs au ciment, raffermi les linteaux, réparé les dalles du plafond qui étaient brisées, tout cela entre le 1 5 octobre et le 3o novembre 1907.
Front nord du deuxième mur d'enceinte. — J'ai rejointoyé solidement au ciment, sur une longueur d'environ ^5 mètres, les cinq ou six assises dont il se compose actuellement; je ne sais si je retrouverai, dans le champ de décombres qui s'étend au nord, assez de blocs pour le rehausser de deux ou trois assises de plus. La porte dont il est percé (pi. LXXVIi), et qui correspond à la porte qui mène dans la cour du temple, s'était effondrée à demi lorsque les sabhakhîn avaient creusé devant elle et sous elle le trou énorme dont j'ai parlé au haut de cette page-ci. Ce trou comblé, j'ai réparé les montants, puis j'ai soutenu le linteau et les dalles du plafond avec des poutrelles en fer, selon le procédé que j'ai décrit déjà tant de fois.
Front ouest du second mur d'enceinte. — Je n'ai pas encore pu remettre en place les blocs qui appartiennent au parapet en maçonnerie dont les assises, plus ou moins endommagées, couronnent le sommet de la paroi rocheuse qui forme de ce côté la partie basse de la seconde enceinte.
Chapelle du sud-ouest. — Du 2 5 février au 22 mars 1908, j'ai déblayé l'intérieur de la chambre creusée dans le roc (pi. LXXIII), et j'en ai bouché toutes