RAPPORT SUR LE TEMPLE DE DA.NDOUR
hlocs anciens, partie avec des blocs modernes. Il résulte en effet de la cote inanjiiée |);ir les injj^énieurs sur les pienes mêmes de la terrasse, que, le Réservoir une fois plein, le niveau des eaux sera supérieur à celui des pavements de la plate-forme. Ije mur laitier seivira ;ilors de di»]^ueetil empêchera le Nil d inonder la terrasse.
Grande porte tnoniimentale. — Elle repose sur le rocher même, aussi la partie du bas est-elle intacte. Par contre, il a fallu consolider sérieusement avec un Mocage en pierre et en ciment les deux parois intérieures qui avaient soulf<,Mt beaucoup. Les linteaux et les trois architraves étaient fendus : \c les ai soutenus de sept poutres en W-r l'I j'ai refait complètement le plal'onil. l'uur mieux appuvi-r les deux corniches qui couronnent les faces est et ouest, jai dû faire construire deux mureltes en [)ierre au-dessus des parois noril et sud : je les ai sauvées ainsi d'une chute |wocliaine.
La porte était dans ranli(piité sur un plan hoiizontal quehpie |)eu supérieur à celui de la terrasse, mais les dallages avant été biisés par les Nubiens, je nai pas pensé quil y eut lieu de refaire cette seconde terrasse en son entier, .l'en ai relevé les deux portions latérales de quelques centimètres au-dessus de la première, puis, entre la porte et le temple même, jai construit un palier plus élevé en béton et ciment pour remplacer le pavement ancien. On accède à ce palier, sur les côtés par deux petits plans inclinés, sur la face est, en avant de la |»orIe. |)ar un escalier de cin«| marches (cf. pi. LX.\XI\ ).
Le temple. — Lélégante salle du pronaos exigeait beaucoup de menus raccords. Je me suis efforcé de les exécuter assez délicatement pour que les basreliefs et les inscriptions qui la décorent n'en souffrissent point.
Et d'abord, j'ai remonté au haut des murs extérieurs du nord et ilu sud les portions de corniche qui étaient éparses sur le sol. J'ai de |>lus rempli au ciment la rainure du mur sud. que les Coptes avaient pratiquée pour v appuver une voûte (("1. pi. LXXXIII). et an mur nord j'ai remis en place un fragment S(Mil|»té ap|)arlenanl à la ligure centrale du second registre et représentant la coilfure du dieu. Les deux faces nord et sud, et, avec elles, la face est ont été rejointovées au ciment depuis le soubassement jusqu'au sommet, l/arcbitrave du milieu de la face est. qui était fendue, a été soutenue par deux fortes barres de 1er. puis les morceaux tombés île la grande corniche cpii surmontt^ la porte on! été remis en place. Le petit escalier de deux marches qui menait de la seconde terrasse au pronaos a été n'Iail au cimeni.
.\ linlérieur du pronaos, les trois parois ont étt' netlovées et reprises au cimeni . et les deux dalles brisées du plafond consolidées en dessous par deux poutrelles
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en fer ciiueiilées forlemeiil : celles (\m sont intactes ont été reliées au moyen (l'un mortier que j'ai fait couler sur la terrasse entre les jouits. Le dallage, qui a disparu entièrement, a été renijjlacé par un ht de béton masqué sous une couche de ciment.
Les parois du vestibule nont exigé qu'une retouche des joints au ciuient, mais j'ai du rétablir à béton et à ciment le pavement qui n'existait plus. D'autre part, le plafond présentait quatre dalles brisées en deux et trois morceaux et (jui menaçaient de tomber au premier choc : j'ai passé sous elles six poutrelles et deux grosses barres de fer qui leur permettront de résister longtemps à toutes les intempéries. J'ai de même consolidé de deux poutrelles et de deux grosses barres de fer crépies au ciment le linteau de la porte qui fait communiquer le pronaos avec le vestibule.
Le sanctuaire est creusé à demi dans la montagne, et trois de ses côtés, ceux du sud, de l'ouest et du nord sont taillés dans la roche vive jusqu'à la hauteur d'un mètre : la maçonnerie ne commence qu'au delà. Les murs étaient bons, mais le plafond s'était effondré il y a longtemps et deux dalles seulement en subsistaient, l'une au nord, l'autre au sud : jai passé une poutre en fer sous celle du sud (|ui aie [)osait que de quelques centiuiètres sur le faîte du mur est. J'ai enfin comblé la crypte qui se trouvait à l'ouest, derrière la stèle, et j'ai refait cette partie de la paroi avec du béton et du ciment.
Alentours (la temple el spéos. — Ces restaurations accomplies, je pensai (ju'il y avait heu de dégager les alentours de l'édifice des éclats de pierre et des immondices ijui les encombraient (cf. pi. LXXXIII) : cela fut fait jusqu'à la distance d'une quinzaine de mètres au nord et au sud, et l'on peut étudier maintenant la manière dont la maçonnerie se raccorde à la face du roc auquel le temple est adossé. En opérant ces déblaiements, les ouvriers trouvèrent sous les débris, au côté nord, une figure d'homme drapée, à moitié couchée et ap[)uyée sur le bras gauche; quelques restes de couleurs apparaissent encore sur la draperie. La tête manque malheureusement ainsi que les mains et les pieds, et ce qui reste ne vaut guère qu'on l'emporte au Musée. J'ai placé provisoirement ce bloc contre le mur nord, près de l'angle nord-est du temple.
Le spéos était précédé d'une petite pièce, que j'ai reconstruite en partie seulement: beaucoup des pierres qui formaient le mur manquent et je n'ai pas pu le reconstituer entièrement. J'ai enlevé la terre et le sable qui remplissaient à demi le spéos proprement dit, ce qui a remis au jour la banquette en pierre sur laquelle la momie avait été couchée, et, au centre de la pièce, taillée à même
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la monlajfnc, la ciivo ronde (jiroii ii'iiconlr<; dans ce i^anm de tombe"': j'ai fait ensuite houcher tous les trous et toutes les fissures qui étaient devenus de vrais nids à serpents. L'accès était assez didicile : j ai pratiqué deux sentiers qui niènent du côté nord et du côté sud sur la petite plate-loruie (|ui s étend en avant de lui. Un troisième sentier a été inénaf»^é vers le sud. de la berjje du lleuve à la porte isolée, et permettra uu\ voyageurs d aborder le lcmj)le sans fatigue. En ce faisant, j'ai vidé, du et')!*' sud, une grollc pleine ili' pierres et de sable : elle a pu être le tombeau de l'un des prêtres du temple.
Ces travaux ont exigé beaucoup de soin: la dépense a pourtant été moindre que vous ne l'aviez prévu. Elle n"a pas dépassé L. E. 90G.760 mill. ainsi réparties:
I,. E. Mil).
Cimcn I i 9 . 7 '1 o
lloiiir.ili t'I cliaux .*5i . 1 1 o
(loiilliiis 3.âoo
Bidons, fers, cordes 1 3 . 000
Bar(|uos pour transporter le tiomrali, ie matériel et le sable -j . (jô.5
Main-d'œuvre i ij .-jh')
(iliarlion pour le remon|iHMir 1 3 . 000
Total mMJ . yGo
Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur le Directeur général. 1 assurance de mon respectueux dévouement,
A. lUr.sxxrr.
Kalabcbéli, le 1 'i mars 1908.
GEHF-IILSSÉIN.
Monsieur le Directeur général, Le I I (b'cembre iqo8. je commençai les travaux (pi. I.\\\\ ). Je consolidai les deux colonnes de ICsl du |i(uli(pii'. puis je passai aux trois piliers du sud. qui tenaient à peine d(d)out. La tète de lOsiris adossé au premier pilier sud-ost man(pie. et |e 11 en ai point retrouvé les fragments sur le sol |»ariiii les décombres. LOsiiis du second pilier a disparu et le pdn'r lui-même menaçait de tomber au moindre cIhic. ce (pu a niait en liai ne la dm te de tout le portique sud : j ai jui
•"' (hi verra ailleurs (|iii' r'esl sans douli' le loiiilieaii du |)ersoima<;p adort- dans le toiiiple. — (t. M.
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mener la réparation vivemenl ot sans accident. L'Osiris du Iroisième pilier est des plus endomma|;és : une bonne parlie du corj)s est tombée en miettes, et il ne su])siste plus que la tète et deux fragments du pskhent. Les piliers terminés, i"ai relié les (|uatre architraves qui les surmontent par de solides crampons en fer, que jai cimentés à fond (pi. LXXXVI-LXXXVII). Les deux colonnes du nordest ont été détruites : je n'en connais sur place (juun petit fi'aguient, qui appartient à la base de la colonne centrale. Entin, des deux piliers osiriatjues du centre, au côté nord, nous ne possédons plus qu un seul Osiris à peu près intact; celui de l'est a totalement disparu, mais le pilier auquel il était adossé tient debout encore par la force de Thabitude. Je les ai repris à chaux et mortier, selon nos procédés ordinaires, et j'ai tout lieu de croire (ju'ils dureront. Jai enlevé et repoussé sui' les côtés les gravats et éclats de pierres épars sur le sol; j'ai placé les gros blocs sans inscriptions en dehors des couloirs latéraux du nord et du sud. Enlin, les deux grandes architraves renversées ont été rangées à droite et à gauche du plan incliné qui conduit à la porte du spéos.
Les montants et le cadre de la grande porte d'entrée ont été réparés très régulièrement (cl. pi. LXXXV), afin qu'on y pût adapter un cadre en fer et une porte grillagée, qui permit à l'air de pénétrer tout en écartant les chauves-souris : grillages et porte sont l'œuvre de notre chef-menuisier Mahmoud Mohammed et ont été posés par lui très habilement. Ainsi que vous l'aviez dit dans votre Bapport préliminaire, il y avait peu à faire dans l'intérieur : je n'ai eu qu'à déblayer les quatre chambres latérales et à retoucher légèrement l'architrave de la porte qui mène au sanctuaire.
Pour terminer, j'ai fait aménager un chemin en pente douce, qui facilitera la visite du temjde aux touristes. Jamais voulu enlever le gmano que les chauvessouris et les chouettes ont déposé le long des murs du spéos : j'ai craint que les lavages à l'eau chaude nécessaires ne fissent disparaître la couleur, qui est encore assez visible dans plusieurs endroits.
Presque à l'extrémité inférieure du chemin que j'ai tracé , j'ai mis au jour, j)armi les décombres, un énorme sphinx en grès assez mutilé. Je l'ai retiré du creux où il était enfoui, ot maintenant il est en position sur la gauche en montant.
Ce travail n"a duré que vingt jours du ii au 3i décembre 1908. Il a coûté L. E. 7^1.17;") mill., ainsi réparties: