PAR M. GASTON MASPERO
MoNSfECu LE Sous-Secrétaihe dEtat.
Je viens de visiter les lemples de la iSultie. pour constater lélat dans lequel ils se trouvent, et pour recliercluM- les mesures quil conviendrait prendre à leur égard, au cas où le barrage dAssouân serait surhauss/' procliainemenl. L inspection a dur/' nu peu plus de trois semaines, du 3o décemlm' M)o!i au 9 1 janvier ii)o5. et elle sest étendue à toutes les localités <|ui mont |>aru !<' plus menacées, l/iniluence du barrage actuel se fait sentir à Deir. et c«dle du barrage surélt>vé atteindrait certaineuu^nl Tocbke. peut-être mèuie le voisinage immédiat dlbsauiboul. .lai donc examiné toutes les localités situées entre Ibsandtoul et Assouàn. toutes celles du moins qui conservent des temples entiers ou des débris importants de temples, notant au fur et à mesure les travaux à e\écut<>r pour les mettre en état de rt'sister à limutersion prolongée et le prix approxiuiatil" qui- ces travaux coùteiont. En les comparant aux dessins el aux pbotoj;rapliie> (pii eu ont été |)ris |tendaul le cours du xmu' «-I du xix" siècle, j ai dû leconnaitre t]u"ils ont pour la pluparl subi des perles regrettables, et que Ici d'entre eux. tiui l'tail pre-<<|ii«' iulacl il \ a uioins de cinquante jins. ainsi quon
Temftiet île \iiliif. '
le verra pai- les planches ou par les récits de voyages que je donnerai dans la suite de ce rapport, nest plus aujourd'hui qu'un amas de pierres. Cela est vrai de Déhôt, vrai deMaharrakah, vrai deDakkéh, pour lesquels M. SomersGlarkeabien voulu nie conimuni<juer la reproduction photographifjue des croquis exécutés par Burion en 1818 et qui sont conservés aujourd'hui au Musée britanni(jue, mais ceux mêmes qui n'en sont pas réduits à cet état de détresse ont subi des injures cruelles : il n'est ([ue temps de s occuper d'eux, si on veut les sauver.
§ 1. — IBSAMBOIIL.
Les deux spéos ne paraissent pas avoir changé d'aspect ni avoir souffert grandement depuis qu'ils lurent vus par les voyageurs européens, au commencement du xix'' siècle. Ils sont placés assez haut pour que la surélévation de niveau produite par l'exhaussement du barrage ne les atteigne pas. Le petit spéos d'Hathor a été nettoyé complètement par M. Newmann, en décembre 1 908 . et je nv vois rien à faire; tout au plus y aurait-il lieu de le pi'otéger contre les chauves-souris, au moyen d'une porte consistant en un cadre en bois, sur lequel serait tendu un réseau en fd de fer à mailles larges.
Le grand spéos de Ramsès II réclame quelques réparations. Les plus pressantes sont à la façade. Le bras droit du dernier colosse à la droite du spectateur est brisé entre le renllement du l)iceps et la saignée, et, comme une des fissures naturelles de la i-oclie traverse horizontalement l'épaule vers son milieu, le bloc compris entre cette fissure et la cassure risque de se détacher : on devra remplacer la portion man(|uante par une maçonnerie de grès à petit appareil, semblable à celle dont Sétoui II s'est servi, quelques années après la mort de Ramsès II, en restaurant la jambe droite du même colosse. La jambe droite du colosse voisin, celui (|ui est assis immédiatement à la droite de la porte, est brisée en deux endroits, entre la cheville et le genou; un gros morceau du tibia, qui adhérait encore avant 1899, ainsi qu'on le voit dans la photographie de Béato, s'est détaché en 1902 juste au-dessous du genou, et, il a été projeté sur la pente de sable en avant de la place qu'il occupait. Le buste et les cuisses sont coupés diagonalement, dans leur longueur, par une fissure qui intéresse toute l'épaisseur du relief; maintenant donc, la partie supérieure, qui était étayée par les deux jambes, est mal équilibrée et elle n'est plus tenue en place que par la jambe gauche. Si l'on veut éviter un décollement puis un glissement pareils à ceux qui ont détruit le colosse symétrique à la gauche de la porte, il est nécessaire de remonter le fragment détaché, ou peut-être serait-il préférable de lui substituer une maçonnerie identique à celle qui a été employée pour la jambe gauche de