‹ Rapports relatifs à la consolidation des temples (volume 2)Chapitre 9 sur 76 · S IL — DERR · texte numérisé non relu

S IL — DERR

Le spéos de Derr est demeuré ce qu'il était en 1 8 1 3 , le jour où Burckhardt le décrivit pour la première fois'". Il est, comme celui d'Ibsamboul, situé assez haut dans la montagne pour ne rien craindre de la surélévation du barrage. Il est assez mal en point, et les sculptures principales, celles qui décoraient la salle hvpostyle, y sont détruites presque entièrement. Pourtant, comme les tableaux Y présentent un certain intérêt historique et que les voyageurs s'arrêtent pour les visiter, je crois qu'il serait bon d'y exécuter quelques réparations.

Il n'y a rien à faire dans ce qui subsiste de la salie hypostyle, si ce n'est la dégager du sable que le vent y apporte et des immondices que les gens du village V viennent jeter : un mur en pierre sèche pour l'isoler, et une porte, dont le gliafir aurait la clef, ne coiîteraient pas cher à établir.

Des trois ouvertures qui donnent accès au vestibule, la seule qui soit antique, celle du milieu, est barrée par un bloc énorme tombé du plafond. Il faudrait briser ce bloc, qui encombre et qui ne garde plus que des traces très vagues de décoration, puis, avec les débris, barrer les deux baies latérales qui ont été percées par les moines au temps où le temple fut transformé en église. Le vestibule nest pas en trop mauvais état : on se servira des fragments détachés du plafond pour boucher les niches que les moines ont creusées dans la paroi de droite et l'espèce de canal qui passe sous le deuxième pilier à droite en entrant. Il sera nécessaire également de consolider, vers le haut, l'extrémité sud de la paroi gauche et la partie du plafond qui y abute : l'épaisseur était peu considérable en cet endroit et le rocher s'est brisé de lui-même sous la poussée des masses supérieures.

Le sanctuaire a perdu beaucoup de sa décoration ainsi que les deux chapelles latérales qui l'accompagnaient. Les chrétiens y avaient creusé à droite et à gauche des niches, dont quelques-unes ont percé la cloison de gauche du sanctuaire et en compromettent la solidité. 11 serait nécessaire de les remplir

'" Burckhardt. Traveîs in Nubi'i , in-i", Londres, 1822, p. 25-26.

RAPPORT SUR LES TEMPLES Dlv LA NUBIE. 5

forlernont avec un hoii hétoii recouvert d'une couche de ciment teinté au ton de la |)aroi antique.

La fumée des feux allumés [»ar les indigènes au moment où le temple servit d'Iiahitalion, el, plus tard, les excréments des chauves-souris, ont englué les sculptures partout, dans le vestibule et dans les chambres du fond. On fera disparaître les empâtements par des lavages à leau chaurb;, puis, quand les répai'ations seront faites, on placera à l'entrée du vestibuh,' une porte en bois avec grillage de fil de fer qui empêchera le retour des chauves-souris.

Le prix de ces répai-aliom ne depassemit pa.s L. E. 80.

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