‹ Rapports Sur Les Visites Faites Par La Société A Divers Établissements ScientifiquesChapitre 2 sur 3 · SESSION EXTRAORDINAIRE A GRENORLE EN AOUT · texte numérisé non relu

SESSION EXTRAORDINAIRE A GRENORLE EN AOUT

L’ornithologie du Musée nous élala aussi ses richesses. M. Bouteille appela notre attention sur un oiseau exotique des plus rares et des plus singuliers, constituant un type de transition, le Strigops habroptylus de la Nouvelle- Hollande. Il a quelque chose du Hibou, et c’est un Psittacus. Le beau Paradisier (Epimachus magnus ), le Syrrliaptes hétéroclites de la Russie asiatique, deux splendides gallinacés de l’Himalaya [Satyrus Latharni, 1mpeyanus refulgens ), une belle série d’ Ibis, plusieurs Canards du Kamtchatka, le Phalacrocorax bicristatus de cette même région, et un magnifique exemplaire de Y Aptenodytes patagonica, furent les notabilités ornithologiques des pays étrangers qui nous frappèrent le plus.

Nous accordions toujours une station de faveur aux oiseaux indigènes. Le Gypaètes barbatus nous sembla le môme que celui de nos Pyrénées, quoique M. Bouteille prétendît y trouver une différence. Ce savant nous exhiba un Aquila nœvia des plus hautes montagnes des Alpes. Le Percnoptère et le Grand-Duc figurent comme habitants du Dauphiné, ainsi que la Gelinotte , toutes les mues du Lagopède et la Perdrix rochassière , qui s’offrait à nous pour la première fois, et qui a été récemment décrite par M. le professeur Charvet (de Grenoble). Le temps nous manquait pour inscrire les noms de la populeuse famille des Silvia et des Chouettes. Le Bombycivora Garrula a été pris dans l’Isère, ainsi que les Ardea alba et Ciconia nigrn. Celui-ci vient aussi dans notre sud-ouest. Enfin le Lestris pomarina, avec toutes scs morphoses d’àgc et de sexe, vint clore notre tournée ornithologique.

Il y a bien dans le Musée deux cents espèces de reptiles; mais nous citerons seulement, dans les indigènes, le Coluber Esculapii et le Vipera Prester. M. Bouteille paraît croire que cette dernière espèce diffère de celle de Linné.

Les poissons des lacs et rivières du Dauphiné, ainsi que ceux de la Méditerranée, sont préparés et classés avec les mêmes soins intelligents que les animaux dont nous venons de parler.

Quant aux mollusques et à la prodigieuse entomologie de l’Isère, ils occupent dans le Musée une honorable place et ne déméritent point par leur bonne classification des animaux de l’ordre supérieur.

Le cabinet de minéralogie, placé au-dessus de celui de zoologie, dans une galerie en fer à cheval, est d’une somptuosité qui approche du luxe. Il ferait honneur aux plus opulentes collections des capitales. Ce précieux et savant dépôt des fragments grandiosement caractérisés des métaux et pierres des Alpes dauphinoises, est surtout dû à l’infatigable dévouement et à la science spéciale de deux illustres ingénieurs, MM. Héricart de Thury et Gueymard. Or, argent, nickel, plomb, fer, cuivre, etc., s’y voient sous les formes les plus variées, sous l’aspect le plus éclatant. Chaux carbonatée, quartz cristallisé, granité, schiste, feldspath, titane avec ses cristaux, épidote, prehnite, axinite, etc., etc., témoignent largement de la richesse de ces monts.

Enfin les fossiles du Dauphiné, acquis par les largesses du savant docteur

Page 1