ORIGINE D'UNE COMTESSE
C'en est fait, vous aimez le vice.
Ah ! je vois que vous en goûtez !
Alors, en action, son père Mit sa morale, et la rossait :
Quel affront ! Azaïs, j'espère, Nous dira ce qu'il compensait.
Nouvelle Inchbald, dans l'indigence, Elle s'enfuit vers nos cités ; Que Dieu protège l'innocence !
Ah ! je vois que vous en goûtez !
A peine arrivée à la ville, Un évéque la remarqua ; Puis, se blasant de l'Evangile, Pour les drapeaux elle abdiqua.
Tout à tourpucelle, adultère, Qu'elle enivra de dignités De son gros amour sans mystère !
Ah ! je vois que vous en goûtez !
Enfin, elle a blason, richesse; L'Eglise nourrit son budget ; Un vieux seigneur, dans son ivresse.
Lui promit un Carnavalet ; Aujourd'hui, comtesse, on l'admire, Elle a part aux indemnités; Au roi même elle pourrait dire :
Ah ! je vois que vous en goûtez !
Héléna; je vous suis tout vendu.
Augustus Mac-Keat.
Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Qu'un autre envieux de la gloire Dans le tracas coule ses jours ;
Moi, toujours, Riant de ce mot illusoire, Je n'ai que la soif des amours !
Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j'oublie en ton sein Le chagrin,
Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Qu'un buveur, la tasse remplie, Aux coteaux consacre ses jours ;
Moi, toujours, Sans goût savourant l'ambroisie, Je n'ai que la soif des amours!
Viens, accours, fille jolie!
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Qu'un ladre accumulant sans cesse, Sur ses trésors traîne ses jours;
Moi, toujours, Méprisant honneurs et richesse, Je n'ai que la soif des amours!
Viens, accours, fille jolie!
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Qu'un Anglais trace sur la tombe Des vers sombres comme ses jours ; Moi, toujours,
Sur des fleurs ma lyre retombe, Je n'ai que la soif des amours !
Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Le temps éteindra sous ses ailes Les feux ardents de mes beaux jours;
Moi, toujours, Je serai galant près des belles, Je n'ai que la soif des amours !
Viens, accours, fille jolie !
Viens que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.