‹ Rataplan, ou Le petit tambour, vaudeville-anecdote en un acteChapitre 21 sur 25 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

g> Les Mêmes , MARCELLINE.

^ $? MARCELLINE

^3 *£ Ah ! monsieur!. . . mon fils parle de m' quitter. Il serait £^> ISbncore séparé de moi / . . servez-vous du pouvoir que vous 3 Jjavez sur son esprit, pour le détourner d'un projet qui me % désole.

ca #

^ Ma mère

hQ $ Air de Lantara.

*D »»# Son cœur , j 'en ai la certitude ,

£^ r0 A tout bravé pour conserver mes jours ,

*Q g* Pourrai- je , sans ingratitude ,

£n Jl Lui refuser 1' même secours ? {bis.)

£N y§ Oui , contre une rage ennemie ,

J' veux à mon tour , je veux le prote'ger ,

*» Et si le fer un jour tranche sa vie ,

7 J' dois être là pour le venger.

VIEUX-CANON

Laisse-moi . . . laisse-moi . . .

AlR : Vaudeville du Garde-moulin.

Ton père est mort au champ d 'honneur , Mais ta mère a pu lui survivre , Veux-tu renouv '1er ma douleur En courant risque de le suivre ?

L 'EVEILLE

Mon père, en mourant pour l 'Etat , N ' m'a-t-il pas légué son courage.

M 'empêcher de mourir soldat f

C'est me ravir mon héritage !

VIEUX-CANON, à part.

C'est un homme que c't enfant là!. . . c'est un homme!

MARCELLINE

Mon fils ... tu veux donc . . .

l'éveillé.

Eh non , non ! . . . je ne veux ... je ne dois vous quitter

ni l'un, ni l'autre; mais voyez donc vous-même

trouvez un moyen qui puisse nous mettre tous d'accord.

AlR : V amour ainsi qu' la nature.

Au fond du cœur, je le gage , Chacun me veut en partage , Et moi , je veux , si je peux , Vous posséder tous les deux.

Nous ne pourrions sans ombrage , Nous voir aussi loin que ça...

J'y songe. . . .

// les prend chacun par une main et les réunit près de lui*

Tous deux , par un mariage , Rapprochez ces distanc '-là. (bis.)

VIEUX-CANON , souriant.

Eh !.. . ce petit drôle. . . a des idées. . .

l'éveillé.

Vous voyez qu'il n' tient qu'à vous maintenant que nous ne nous quittions jamais.

MEUX-CANON

Il est sûr. . . et certain. . que. . . quand. . . si. . . si j'étais assez heureux. . . assez. . . ( A l'Eveillé. ) Je suis gauche comme une déroute. . . aide-moi donc, toi.

l'éveillé.

Eh ! c'est une chose convenue , n'est-ce pas , ma mère ? . . notre bonheur l'exige et les convenances s'y trouvent.

Air : Traitant V amour sans pitié.

Déjà l'estime entre vous Forme une amitié bien tendre , Autant que je peux l'entendre C 'est assez pour être époux.

Quand au bien , à la naissance , J 'y vois peu de diffe'rence , Mais enfin dans la balance Si j ' mets l'amour filial...

D 'un côté je vois ma mère , De l'autre il me faut un père, Pour que le poids soit égal.

VIEUX-CANON

Il a raison, corblcu! Marions-nous d'abord, j' vous ferai la cour ensuite.

MARCELLINE lui serre la main en signe de reconnais sanoe et d'approbation.

Comment lui résister ?

l'éveillé.

A la bonne heure , v'ià qu'est parler ! à présent , j' peux battre aux champs ?

AlR du pas dansé par le tambour-major dans le ballet de la Servante justifiée.

Hâtez-vous donc de former cette chaîne ,

Embrassez-moi

Pour gage d ' votre foi ;

Car vous m'avez bien causé de la peine,

Pour en venir

A c' moment de plaisir.

MARCELLINE et VIEUX-CANON.

Ah ! quel bonheur nous promet cette chaîne ! De bonne foi, Mon enfant , comme toi , Nous avons eu tous les deux bien d' la peine , Pour en venir A c' moment de plaisir.

MARCELLINE

Entre vous et lui , Dès aujourd'hui Passant ma vie , Je vais donc enfin , Jouir du plus heureux destin !

VIEUX-CANOtf.

Me v 'là rassuré , Tout marche au gré De mon envie.

À l'Eveillé. T'as ben joliment

Rapatrie' le différent.

TOUS trois reprennent

Ah ! quel bonheur nous promet cette chaîne , etc.

MARCELLINK.

Àh ! je pressentais

Que je r Verrais

Le fils que j'aime ;

Une secrète voix Me l 'a dit là plus de cent fois.

Un' secrète voix

Plus de cent fois

M'a dit de même , Qu'un brav' comme vous Pouvait seul être mon e'poux.

TOUS trois ensemble.

Ah ! quel bonheur nous promet cette chaîne, etc.

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