SCENE XIX
Les Mêmes, MICHAUD.
lîICHAUD va auprès de Vieux-Canon et lui parle a V oreille* Mon sergent. . . vous pouvez partir , il y a là un cheral , qui n'a point de selle , mais c'est égal. . .
Taisez-vous donc.
l'éveillé , qui a entendu.
Comment? comment ? partir ?. . ah ! monsieur Psournois, vous vouliez déloger sans tambour.. . . (Au père Michaud. ) Oh! que nous ne le laissons pas aller comm' ça i
MICHAUD
Il reste donc ? tant mieux ! il sera témoin de ma félicite'. Chère Marcelline! vous avez retrouvé votre fils, il faut k «et enfant un guide , un appui tutélaire ; le notaire va venir; fit me voilà tout prêt.
Rataplan. fi
l'eveïLLÉ , ii part.
Allons , un père de plus qui m arrive ! . . ( Haut. ) Mon^ sieur Michaud, ma mère vous remercie , mais elle ne peur accepter vos offres , je viens de la marier. MICHAUD, Marier !. . . à qui ?
L'EVEiLLÉ.
A mon sergent.
VI EUX- C A. NON
Eh! mon dieu oui , mon vieux, c'est une affaire terminée !
MICHAUD
Par exemple ! jetais loin de m7 attendre à celui-là.
L'éveillé..
Que voulez-vous, il ne s'y attendait pas lui-même.
MICHAUD
Vous n'en faites pas d'auires , madame , voilà la neuvième fois que 1' notaire dresse mon contrat d' mariage,. . .
On entend en ce moment la musique et la grasse caisse , ou Uni un ronkment de tambour.
VIEUX-CANON
Qu'est-c' que c'est qu' ça ?
SÇLLNE ^X;ET DERKiHRE.
Les Mêmes, GEOR.GETÏE , , portent devant elle un eventaire rempli de bouquets f SAN S OIS INET et plusieurs soldats y la bouteille et le verre à la main.
V éveillé.
Ce sont les tambours du régiment. ÇA Gepçgette. ) Approchez, mamselle, et distribuez dçs bouqueks à tout 1 monde. SANSONNET, présentant un bouquet à Vieux-Canon.
Monsieur Vieux-Canon , c'est demain vol fête, 1 Eveillé Et moi; nous avions fait le projet de vous surprendre ce soir ; mais comme on dit qu* vous voulez partir tout û suite, je viens vous souhaiter, en même temps , bonne fête et bon voyage.
VIEUX-CANON
Je vous remercie , mes amis , vous arrivez à propos.. , ^ je vous présente ma femme.
SANSONNET
Vous vous mariez, mon sergent ?
VIEUX-CANON
Oui , c'est un peu tard , n'est-ce pas ?
Mais enfin vaut mieux tard que jamais !
MiCHAUD,
Vous êtes une cruelle , madame Marceliine , mais vous avez beau faire, vous aurez quelque chose de moi, je m' charge du présent d' la mariée.
■ SANSONNET
Nous , des frais de noces , c'est une affaire de corps.
l'éveille.
Et moi, du charivari; Sansonnet, prends ton fifre et ■moi ma caisse. . . . vous allez voir comme j'en pince.
l' éveillé.
Il frappe sur son tambour avec la ritournelle.
Air de Cluis^e.
Grand carillon ! Soyons dans rivrèsse', Fêlons 1 époux et 1 ami tpur:à-lpur , En vrais soldais , que noire a.i. grosse Eclate au son du fifre el du tambour.
CHŒUR
Grand carillon , etc.
SANSONNET
Le lendemain de votre mariage , Notre sergent, si votre amour s'eudorl, Attendez-vous à queuq; nouveau tapage , Nous chanterons encor deux lois plus iort.
CHŒUR
Grand carillon , etc.
.Avec tambour tf fifre.
vieux-canon, à Marceliine.
Je vous aim'rai d'un amour bien sincère , Ne craignez pas que j' coure à d'aulr's attraits 3 Je ne suis plus dans la troupe légère , Un grenadier ne voltige jamais.
CHŒUR
Grand carillon , etc.
marcelline, à Vieux-Cànott*
J* crois franchement
Que votre cœur s'attache ,
Vous aimiez tant
Vot' petit Rataplan !
Àh ! les chevrons et la vieille moustache Je le Nois bien , n'empèch' pas 1' sentiment !
CHŒURi
Grand carillon , etc.
michaud i à Vhux-Canori.
J ' crois qu'à notre âge un époux se hasarde , Vous n'irez plus parmi les e'claireurs , D 'un autr' côté , mon ancien , prenez garde , En vous mariant , d' rester dans les traineurs.
CHŒUR
Grand carillon , etc.
l'éveille, à Vieux-Canon,
Tambour— battant , lorsque je suis en route, Fier , à ton rang , tu me suis l'arme au bras, Au champ d 'honneur le temps viendra sans doute Où je pourrai suivre à mon tour tes pas.
CHŒUR
Grand carillon , etc.
georgette, à MarctlUne.
Votre bonheur vraiment me fait envie , À c' brav ' homra' là , tous pouvez Vous fier ; J'aim' le courage , et si je me marie, Décidément il m' faut un grenadier.
CHŒUR
Grand carillon , etc*
L 'éveillé , au parterre.
C'est le tambour qui ranime la danse , Il est surtout l'instrument du dieu Mars; Ah S puisse-t-il faire , sans conséquence , Rire à nos jeux , qui sont jeux de hasards.' Grand carillon , marquez la cadence , Frappez des mains et du pied tour-à-tour, En bon public K que votre indulgence , Eclate au son dû fifre et du tambour,