DES QUATRE COULEURS USITÉES DANS LES VÊTEMENTS ECCLÉSIASTIQUES
(( L'Église, régulièrement, ne se sert que de cinq couleurs : du blanc, du rouge, du vert, du violet et du noir; encore n'y a-t-il pas longtemps que le violet est en usage dans les églises de France. On le peut juger des escrits de Feuesque Durand (2). Le blanc est la couleur la plus délicate, et sur laquelle la moindre tache paroit le plus ; aussi est-ce vn symbole d'vne pureté accomplie du corps et de l'ame. Les anges en ont esté parez, comme aussi le Sauueur en sa transfiguration. Nous nous en semons dans toutes les solemnitez du Sauueur, excepté le grand Vendredy (le Vendredi saint) ; pareillement aux festes de Nostre-Dame, des pontifes, docteurs, confesseurs et saintes vierges, enfin de ceux et celles qui n'ont pas souffert le martyre. On employé le rouge en la mémoire des apostjes et des martyrs qui ont répandu leur sang et donné leur vie pour le soustien de l'Euangile; à cause que le rouge, estant de couleur de sang, est aussi vn hiéroglyphe de l'amour, et d'vn amour excessif qui paroît au martyre. Le verd est vsité aux dimanches ordinaires, durant le temps surnommé le Pèlerinage, parce que l'Eglise tasche, parmy les trauerses de cette vie, de fortifier nos espérances; de quoy la verdure est vn symbole. Durant le temps de pénitence ou d'af-
(1) V. D. Cl. de Vert, Explication des cérém. de la messe, t. 2.
(2) G. Durand, Rat. div. Off., 1. 3, c. 18, n» 1.
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 441
fliction, comme aux Aduents, au Caresme , Quatre-Temps , Vigiles et Rogations, elle se sert du violet, couleur morne et conuenable à son dessein. Aux funérailles et mortuaires, elle employé le noir , pour exposer le deuil et la tristesse des objets présents » (i).