LE PALLIUM
11 est réduit "aujourd'hui et depuis longtemps à une simple bande, en façon de collier, faite de la laine des agneaux blancs que le Pape bénit tous les ans à Rome; large de trois doigts, qui entoure les épaules comme des bretelles, ayant des pendants longs de huit ou neuf pouces par devant et par derrière, avec de petites lames de plomb aux extrémités (pour affermir ces deux pendants et les tenir en état), couvertes, pour la propreté, d'étoffe de soie noire avec six croix de la même couleur, et des épingles d'or pour attacher le pallium à la chasuble. Cette bande , tout étroite qu'elle était, descendait autrefois jusqu'au bas de la chasuble, ainsi qu'elle se voit aux tombes et aux figures de plusieurs papes et d'une infinité d'archevêques ou évêques ayant l'usage du pallium. C'était comme le parement même de la chasuble , avec lequel il semble que le pallium se soit venu confondre , ce pallium n'étant lui-même, selon quelques savants , que le parement de l'habit appelé pallium , dont on est venu à le détacher dans la suite , comme on l'a fait pour l'étole. (V. l'art. Etole.) Quoiqu'il en soit, anciennement on garnissait la chasuble par devant, par derrière, et en tournant sur les épaules, d'une petite bande large de trois ou quatre doigts, chargée même
^ (1) Espèce de manteau impérial dont les empereurs chrétiens commencèrent à honorer les prélats de l'EgHse dans le IVe siècle, voulant que ce fût un ornement pour eux et une marque de leur autorité pour le spirituel sur les ordres inférieurs de leurs églises, comme les empereurs l'avaient pour le temporel sur ceux de leur empire. Au commencement, le pallium couvrait tout le corps du prélat et descendait depuis le cou jusqu'aux talons, à peu près comme une chape, à la réserve qu'il était fermé par devant et tissu non de soie ni de lin , mais de laine, pour représenter les brebis que Jésus-Christ, le bon pasteur, porte sur ses épaules.
V. Garnier, Dissert, de Pallio ; — Marca, De Concord.; — Thomassin, Discipline de l'Eglise; — Bralion, Pallium archiépiscopale, in-S»; — D. Ruinard, Dissertatio historica de Pall. archiep., in t. 2 Op. posth. de D. Mabillon et de D. Ruinard,
quelquefois et semée de croix, pour rornement. Or, le paliium, au-delà de deux cents ans , ne paraissait aucunement différent de ces bandes ou parements de la chasuble, tant pour la longueur, la largeur et le tour des épaules que même pour la manière d'attacher quelquefois ces bandes ou parements avec des épingles , et les charger de petites croix. Le paliium tenait même souvent lieu de ces bandes ou parements ; et on ne voit guère , en effet, d'autres bandes ou parements aux anciennes chasubles chargées du paliium , que le paliium môme. Le bas du paliium était brodé comme le bas du parement de la chasuble, et la prière qu'on dit en mettant le paliium n'est autre, en substance, que celle qu'on
dit en se revêtant de la chasuble même : [Domine Deus damihi digne
jugum tollere et onus tuum humiliter poriare.] (Sacramentaire Mss. de l'église d'Aulun.) Le paliium, comme la chasuble, n'est d'usage qu'à la messe (1).