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XXVI. On fait aussi l'aspersion en allant de l'Orient en Oc

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cident, et au milieu une fois, en forme de croix ^ parce que le Christ ordonna de baptiser toute la Judée et tous les Gentils au nom de la Trinité ; il accorda de plus au baptême son efficacité par le ministère de sa passion, en commençant par les Juifs dont il était sorti. On répand le restant de l'eau au pied de Fautel, comme on le dira dans le chapitre suivant. Il y en a cependant qui ne bénissent pas une autre eau, mais qui remplissent tout le cours de l'office avec celle qu'ils ont bénie d'abord. Pendant ce temps-là, le chœur chante ce psaume : « Que Dieu i se lève, et que ses ennemis soient dissipés, etc. » Et celui-ci : l ce Celui qui repose sous l'aile du Très-Haut, reposera éterneljlement sous la protection du Dieu du ciel. » Dans lesquels il I est fait mention de l'église et de sa consécration, comme il est manifeste par ces mots : « Celui qui fait habiter dans sa maison tous les hommes d'une seule et même loi. » Et l'évêque dit : c( Ma maison sera appelée maison de prière, » parce que sa charge est de faire en sorte que l'église soit la maison de Dieu, et non celle du commerce des hommes.

XXVII. Assurément, on oint du même chrême que l'autel les douze croix peintes sur les murailles de l'église. Or, on peint ces croix , premièrement pour effrayer les démons, afin que ceux d'entr'eux qui ont été chassés de là , voyant le signe de la croix, soient remplis de terreur et n'aient pas la présompjtion d'y rentrer. Secondement, comme des insignes de triomphe ; car les croix sont les étendards du Christ et les preuves de son triomphe. C'est donc à juste titre qu'on les peint dans l'église, afin de montrer que ce lieu est sous le joug du Christ Seigneur.

XXYIII. Car cela est aussi observé dans la pompe impériale ; et lorsqu'une cité se soumet à l'empereur, il fait ériger sur ses murs son étendard, afin qu'il y flotte. Et c'est pour représenter la même chose qu'il est dit (Gen., xxviii) que Jacob érigea en monument la pierre qu'il avait placée sous sa tête , c'est-à-dire en signe de gloire, de souvenir et de triomphe.

XXIX. Troisièmement^ afin que ceux qui les considéreront rappellent à leur mémoire la passion du Christ^ par laquelle il a consacré son Eglise au jour de ses souffrances ainsi que la foi sortie de ses supplices ; voilà pourquoi il est dit dans les cantiques : « Pose-moi comme un sceau sur ton bras, etc. » Or, les douze lumières placées devant ces croix signifient les douze apôtres qui, par la foi du Crucifié , ont illuminé le monde entier, et dont la doctrine a éclairé les ténèbres ; ce qui a fait dire à saint Bernard : « Toute prophétie est vraie dans la foi du Crucifié. » Et à l'Apôtre : « Je me juge ne savoir autre chose, au milieu de vous, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » Donc, on illumine les croix peintes sur les quatre murailles de l'église , et on les oint du chrême ; parce que les apôtres , en prêchant le mystère de la croix , ont illuminé par la foi de la passion du Christ les quatre parties du monde ; ils les ont enflammées à la connaissance du Christ, ils les ont ointes de son amour et amenées à l'éclat de la conscience , qui est désignée par l'huile, et à l'odeur de la bonne renommée, que représente le baume. Ensuite, après avoir oint du chrême l'autel, on l'orne ainsi que l'église ; on allume les lampes, on dit la messe, ■pour laquelle le pontife se sert d'autres ornements que ceux qu'il portait pendant l'aspersion, comme on le dira dans le chapitre suivant.

XXX. Enfin, il est à remarquer que l'on dit que l'église est consacrée par le sang de quelqu'un ; voilà pourquoi, selon Pelagius et le pape Nicolas, l'Eglise romaine a été consacrée par le martyre des apôtres Pierre et Paul.. On dédie donc l'église, ainsi qu'il a été dit plus haut, et les autels, comme on le dira dans le chapitre suivant, et le cimetière et les autres lieux, comme il est dit au chapitre des Consécrations et des Onctions. Et, quoiqu'on lise dans l'Ancien-Testament que le temple fut consacré trois fois : premièrement, en septembre; secondement, en mars, sous Darius; troisièmement, en décembre, sous Judas Machabée ;

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XXXL Cependant, après avoir été dédiée une fois, l'église ne doit pas être reconsacrée de nouveau , à moins qu'elle n'ait été profanée; ce qui arrive de trois manières. Premièrement, si elle a été brûlée de telle sorte que toutes ses murailles (ou la plus grande partie de ses parois ) aient été décrépies ; mais, si le toit seulement ou quelqu'une de ses parties , les murailles

I demeurant entières ou du moins peu endommagées , a été brûlé, on ne doit pas la reconsacrer. Secondement, si toute l'église ou la plus grande partie est tombée d'un seul coup, et qu'elle ait été réparée tout-à-fait ou refaite avec d'autres pierres ; car la consécration de l'église consiste surtout dans

' l'onction extérieure , dans la conjonction des pierres et dans leur disposition, comme il a été dit dans le chapitre de l'Eglise et de ses parties. Mais si toutes les murailles sont tombées, non pas en même temps, mais successivement, et qu'elles aient été réparées, c'est censé la même église , |et c'est pourquoi elle ne doit pas être reconsacrée , mais seulement exorcisée avec l'eau et réconciliée par la célébration d'une messe solennelle , quoique certains hommes sages et savants [sapientes] aient écrit qu'il fallait la reconsacrer. Troisièmement, l'église doit être reconsacrée si l'on doute qu'elle ait été consacrée autrefois, surtout si l'on n'a à ce sujet aucun écrit, ou peinture, ou sculpture, enfin nul témoin pour l'avoir vu ou pour l'avoir entendu raconter, ce qui (comme le disent quelques-uns) suffirait.

XXXIl. De même, l'autel qui a été consacré une fois ne doit pas être reconsacré , à moins qu'il arrive qu'il soit profané ; ce qui a lieu, premièrement si la table, c'est-à-dire la tablette supérieure sur laquelle se fait surtout la consécration, a été dérangée ou changée dans sa forme , ou , par exemple, énorménient brisée en plus de deux morceaux et par le milieu. Cependant, un cas aussi grave doit être, de droit^ référé au jugement de l'évêque. C'est encore un cas très-grave si toute la structure de l'autel a été remuée et réparée; [cependant on ne

doit pas reconsacrer Téglise, à cause du dérangement ou de la fracture de l'autel ou de sa structure, parce que la construction de l'autel est autre chose que celle de l'église. Si, par contraire, l'église est détruite totalement et que l'autel ne soit pas atteint, on reconsacrera seulement l'église, après l'avoir réparée, et l'autel ne sera pas reconsacré, bien qu'alors il convienne de le laver avec de l'eau exorcisée.

XXXIII. Malgré que le maître -autel ait été consacré, néanmoins les autres petits doivent l'être aussi , quoique certains auteurs aient dit qu'il suffisait, dans la consécration du plus grand autel de l'église , de montrer les autres du doigt.

XXXIV. Et, si l'autel est un peu écorné à l'extérieur, on ne doit pas le reconsacrer pour cela. Secondement, on reconsacre l'autel, si son sceau, c'est-à-dire la petite pierre avec laquelle l'on bouche ou l'on scelle le tombeau ou la cavité dans laquelle sont enfermées les reliques, a été dérangé ou brisé. Et l'on fait parfois ce trou au pied de l'autel ; et parfois on n'y appose pas un autre sceau, parce que , en ce cas-là , la première tablette superposée tient la place du sceau, qu'elle remplace. Et quelquefois on fait ce trou dans la partie postérieure de l'autel , et parfois dans la partie antérieure ; et dans ce trou , en témoignage de la consécration , on a coutume d'enfermer prudemment les lettres de consécration écrites et signées par l'évêque , contenant son nom et celui de ses autres collègues présents à cette cérémonie , et le nom du saint en l'honneur duquel l'autel est consacré ainsi que l'église elle-même ; quand on consacre l'une et l'autre en même temps, on y joint aussi l'année et le jour de la consécration. Troisièmement, on consacre l'autel, si la jointure par laquelle le sceau adhère au trou, ou la table au pied de l'autel^ ou un autre sceau, a été brisée : car la table elle-même adhère si on ne la remue pas , ou si quelqu'une des pierres de la jointure ou du pied de l'autel qui touche à la table ou à son sceau a été remuée ou frac-

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turée (a). Car c'est surtout dans la conjonction du sceau , du trou, de la table et du pied de l'autel ou de sa structure inférieure qu'est comprise et que s'entend la consécration. Quatrièmement, on reconsacre Fautel si on a fait à lui ou à la conjonction de la table et de la structure inférieure une telle augmentation, qu'il perde sa première forme : car c'est la forme qui constitue l'existence d'une chose. Cependant, pour un petit ajout il n'est pas profané ; mais alors ce qui est saint attire à soi ce qui ne l'est pas, pourvu toutefois que la conjonction de la table et de la structure inférieure ne soit pas beaucoup changée. Cinquièmement, on reconsacre l'autel ainsi que l'église lorsque l'on est dans le doute de leur consécration. Sixièmement, quant à l'autel que l'on porte en voyage [altare viaticum), si la pierre a été enlevée du bois dans lequel elle était encadrée, et qui représente en quelque sorte son sceau, et qu'on l'ait replacée de nouveau dans le même cadre ou dans un autre , il y en a quelques-uns qui pensent qu'on doit le reconsacrer, et d'autres qui sont d'avis de le réconcilier seulement; car, bien que cet autel soit souvent transporté d'un lieii à l'autre par ordre de l'évêque, et qu'il soit porté en voyage ( à cause de quoi on l'appelle portatif ou de voyage, altare viaticum), on ne le reconsacre pas , ou on ne le réconcilie pas cependant pour cela dans chacun des lieux oii on le transporte.

XXXV. Que si l'on dore un calice consacré , doit-il être, à cause de cela, reconsacré? car il semble ainsi un nouveau calice, puisqu'il paraît neuf; celui qui renouvelle le premier aspect d'une chose semble avoir fait un vase neuf, et celui qui répare une chose déjà établie la refait. En effet , la consécration s'attache à la surface des objets. Voilà pourquoi j'ai dit

(a) Cette phrase est assez difficile à traduire; en voici le texte : « Tertio , consecratur altare, si juncturaqua sigillum foramiili, vel etiam quamensa stipiti ubi aliud sigillnm, quod mensa ipsa non est mota adhaeret , vel aliqnls ex lapidibus ipsius juncturae seu stipitis, mensam ver sigillum tangens, motus vel fractus sit. »

plus haut qu'on devait reconsacrer une église dont les m railles étaient décrépies.

XXXVI. Cependant l'opinion contraire est vraie, qui prétend qu'une église ne doit pas être reconsacrée, comme je l'ai déjà dit auparavant, ni à cause du blanchissage des murs, ou à cause de leur peinture, ou bien enfin pour une petite addition faite au monument. Par la même raison , si Ton ne change pas la forme du calice , et que ce vase reste dans son premier état , pourquoi ne doit-on pas le reconsacrer, de même que l'église réparée ? C'est parce que l'église et la calice sont les mêmes qu'auparavant; donc on ne doit reconsacrer ni l'une ni l'autre , comme il a été dit plus haut. Mais si la forme primitive du calice était changée, ce serait une autre affaire, parce que c'est la forme d'une chose qui constitue son exis-, tence, comme je l'ai dit; il convient au moins, autant à cause qu'il a été touché par des mains souillées que parce qu'on y a apposé une matière profane et étrangère, que le calice soit lavé avec de l'eau exorcisée avant qu'on y immole le très-saint corps et le très-saint sang du Seigneur. Mais laissons de côté ce qui a été dit plus haut touchant la consécration , et parlons quelque peu de la réconcihation.

XXXVII. Et à ce propos il faut remarquer que le temple spirituel, qui est l'homme, est parfois souillé. Voilà pourquoi il est dit dans le Lévitique (xx) : (c L'homme qui fluxum se- « minis patilur, sera immonde. » Et de même : ce In muliere c( fluxum sanguinis menslrulyVel alter lus patiente, y) C'est pourquoi il était défendu à celui qui était souillé [pollutus) d'entrer dans l'assemblée du peuple [ecclesiam), jusqu'à ce qu'on l'eût lavé et purifié avec de l'eau (Numeri, xix). c( Celui qui tou- (c chera le cadavre d'un homme mort, disent les Nombres, est te immonde. C'est pourquoi on l'aspergera d'eau, et il sera ce ainsi purifié, etc. » Et le Prophète : « Tu m'aspergeras, Sei- (c gneur, avec l'hysope, et je serai purifié. »

XXXVIII. Le temple matériel, qui est l'église {ecclesia), est

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aussi souillé, selon le témoignage du pape Grégoire et du Lévitique (c. xv). Ce qui a fait dire au Prophète : « Ils ont (c souillé le temple , ton sanctuaire , etc. yy Et aujourd'hui on réconcilie l'église de la même manière que le temple , après l'avoir lavée avec de l'eau. Or, la réconciliation a lieu de la manière suivante : on célèbre la messe et on asperge l'église d'eau solennellement bénite avec le vin, le sel et la cendre. Le sel représente la connaissance claire et distincte [discretio) ; l'eau, le peuple ; le vin ^ la divinité ; la cendre, la mémoire de la passion du Christ ; le vin mêlé à l'eau figure l'union de la divinité et de l'humanité dans la personne du fils de Dieu. Or donc, on mêle ces choses ensemble pour marquer que le peuple , purifié par le souvenir clair et distinct de la passion du Christ, lui est uni. Cette cérémonie est faite par l'évêque seul, si toutefois l'église est consacrée, et bien qu'il puisse aussi confier ce soin à son coadjuteur ( coepiscopo ou curé), c'est-à-dire la bénédiction de l'eau et la réconciliation de l'église, ou seulement la bénédiction de l'eau, ou même uniquement la réconciliation, l'eau étant d'abord bénie par lui ; il ne peut cependant confier ni l'une ni l'autre de ces cérémonies à un simple prêtre , à moins que par hasard il s'attribue ce droit en vertu d'un privilège spécial. Que si l'église n'est pas consacrée, on doit aussitôt, selon la Constitution de Grégoire IX , la laver avec de l'eau exorcisée ; il y a certains auteurs qui disent que ce lavement peut être fait par un simple prêtre, avec l'ordre pourtant de Tévêque, pourvu qu'il ait à cet effet de l'eau exorcisée , qui peut être faite par quel prêtre que ce soit. Pourtant, quelques hommes d'une très-grande autorité, interrogés là-dessus, ont écrit que le plus sage en cette occasion, c'est que cette cérémonie soit faite seulement par l'évêque, sans qu'il puisse en commettre le soin à un prêtre; car les canons [De cons.^ d. Si motum, et c. Defahrica) appellent exorcisée l'eau solennellement bénite avec le vin et la cendre, ce qui est en effet vrai, mais ne doit être regardé

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comme une règle invariable que pour une église dédiée à Dieu. Il en est autrement si la souillure a eu lieu dans un simple oratoire, qui n'est ni un endroit saint, ni consacré par la religion , puisque chacun y fait et y dispose de tout ce qu'il lui plaît selon son vouloir, et que ce lieu est seulement pour prier, quoique peut-être on y célèbre les saints mystères sans la permission diocésaine, et que l'on puisse à sa volonté employer le même endroit à un autre usage. On doit réconcilier Téglise dans le cas suivant.

XXXIX. Pour un adultère qu'on y aura commis, et pour la fornication (ea. d. Si molum, et generaliter cujuscunque semine^ extra De adul.y ca. Signi/îcasti : a Scilicet maris et fœminœ, clerici vel laici ^ hœrelici vel paganiy naturaliter sive innaluralilery sludiose et peccandi lihidine, ibi emisso^ fuerit polluta;etiam si vir ihi uxorem cognoscat, quoniam licet talis concubitus sit alias legitimus et eoncessus ^ non tamen quodlihet tempore, sive loco. » Quoique beaucoup d'hommes savants, [sapientes) pensent le contraire touchant cela, nous avons dit pourtant qu'il en était autrement : Si quis forte ibi in sonmis polluatury nam tune animus magis pertulisse quam fecisse dolendus est (xxi d.), quoniam et non in cujuscunque animaîis semine ibi emisso^ cum ratione careat, neque peccat. (vi d., Testamentum.)

, XL. On réconcilie aussi une église pour un homicide qui y aura été commis, avec ou sans effusion de sang, mais avec intention de quelque manière que ce soit , et lorsqu'il y a eu encore, outre l'homicide , effusion de sang humain à la suite d'une violence , résultat d'injures, soit par blessure, soit sans blessure, du nez ou de la touche ; car, dans l' Ancien-Testament (Lévit., XIV et xv) , il fut défendu de répandre le sang dans le temple {etsemenemitti)yei d'empêcher d'y entrer [talia agentcm et patientem). 'Mais si, sans violence ou injure, le sang coule dans l'église, du nez ou de la bouche , d'une cicatrice ou imminutioney aut etiam ex hemorrodois, vel menstruis, vel ali-

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ter naturaliter in ecclesia fliixerit; ou si, par hasard, en jouant, ou par un cas fortuit, il arrive qu'il soit répandu , ou si un animal quelconque y est tué, ou si quelqu'un même y meurt subitement, ou y est tué par une pierre, ou par la chute d'une poutre^ ou par la foudre ; pour cela, certes , et d'autres choses semblables, on ne réconcilie pas l'église. Et non plus si, blessé dehors, un homme se réfugie dans l'église et y meurt après avoir perdu beaucoup de sang, parce qu'alors l'homicide n'a pas été accompli dans l'église. Mais si, par contraire, blessé dans l'église , il meurt dehors , ou que même le sang n'ait coulé de sa blessure que dehors, c'est autre chose , quand même le sang n'aurait pas coulé du tout de son corps dans l'église , car l'on ne regarde que les coups qui ont produit les plaies. Si aussi bien le sang est répandu sur le toit de l'église, aut semen humanum emittitury on ne réconcilie pas l'église , parce que cela a lieu hors de son enceinte.;

XLI. Si un vol ou une rapine a lieu dans l'église , on la réconcilie selon la coutume observée en de semblables occasions. De même , à la suite de toute violence sans effusion de sang, on doit aussi la réconcilier, comme l'assurent certains auteurs; cum illa fornicatio7ii œquiparetur injure (xvii, q. IV); comme lorsque celui qui se réfugie dans l'église en est tiré par force , ou quand on y commet une effraction , ou même si, sans effusion de sang , une rixe s'y est engagée avec tumulte , ou si quelqu'un, les os brisés et meurtris, s'enfuyant sans que son sang coule, est frappé gravement dans l'église, et condamné dans ce moment ou à la mort, ou à la mutilation, en est tiré pour être conduit au lieu de l'exécution. Mais, comme ces cas ne sont pas exprimés dans le droit, il n'est pas nécessaire que l'église soit réconcihée solennellement par l'évêque. Cependant nous pensons que cela conviendrait, ou alors qu'un prêtre, par ordre de l'évêque , la lavât avec de l'eau exorcisée. Et il me semble qu'on doit dire la même chose si l'église est restée longtemps sans toit et sans portes, pleine de htière et

d'autres immondices, destinée au logement des animaux ou aux besoins naturels des hommes, et qu'elle ait été ouverte indistinctement atout le monde comme un lieu de retraite, ou une hôtellerie ; et il ne serait peut-être pas mal qu'en pareil cas elle fût solennellement réconciliée par Tévéque. Mais si quelqu'un, après avoir été assassiné hors de l'église, est bientôt après porté dans l'église ; s'il arrive que celui qui l'a tué , ou un autre , entre dans l'église, et, ne le croyant pas mort, fasse au cadavre encore chaud une plaie d'où le sang coule , on doit réconcilier l'église , autant pour marque d'horreur et d'abomination qu'à cause de la violence faite et du péché commis ; bien qu'en effet cet homme ne soit plus en vie, cependant son sang a été répandu en ce lieu par la violence d'un de ses semblables. Car la violence, l'horreur et l'injure sont faites au cadavre même. Mais il en est autrement lorsque, par honneur et par respect pour le corps d'un homme mort naturellement, on coupe ses membres ou qu'on lui enlève ses entrailles dans l'église , afin qu'une partie en soit ensevelie en un lieu et une autre ailleurs.

XLII. On réconcilie encore une église dans laquelle un infidèle, ou même un homme publiquement excommunié, a été enseveli ; et alors on doit en racler les murailles. Or, dans les cas mentionnés plus haut , et qui entraînent après eux la réconciliation de l'église, on requiert que l'exigence de cette cérémonie soit au moins fondée sur un fait dévoilé par la renommée.

XLlIl. Car le scandale, c'est l'horreur et l'abomination que Ton éprouve à cause de la honte du péché et de la violence commis dans un lieu saint ou dans l'église; en ce lieu, où l'on demande le pardon des péchés, où celui qui s'y réfugie doit être en sûreté , où l'on immole l'hostie salutaire pour les péchés du peuple (Lév., xiv, c), où aussi ceux qui s'y enfuient sont sauvés et rendent gloire à Dieu , trouvent la réconciliation et arrivent au bon propos , comme de ne plus vouloir pé-

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cher mortellement. Mais, si le fait est caché , il n'est pas nécessaire de réconcilier l'église , parce que , comme elle est sainte , elle ne peut être souillée, ou plutôt la sainteté de ce lieu même empêche son infamie^ bien que quelques-uns pensent sur cela le contraire ; c'est-à-dire qu'elle doit être réconciliée, du moins en secret, afin de ne pas révéler ainsi les noms de ceux qui ont péché.

XLIV. Et la réconcihation a lieu pour l'exemple et la terreur de tous , afin que^, voyant laver et purifier pour les péchés d'un autre l'église qui n'a péché en rien, ils pensent combien ils devront souffrir et travailler pour expier leurs fautes.

XLV. Le cimetière aussi, dans lequel un païen, un infidèle ou un excommunié ont été ensevelis, doit être réconcilié , après qu'on aura d'abord jeté hors de son enceinte les os maudits qui y sont enterrés , si toutefois on peut les distinguer de ceux des fidèles. On le réconcilie dans les cas énumérés plus haut pour l'église. Car le cimetière se glorifie et se réjouit de posséder les mêmes privilèges que l'église ;, comme on le dira au chapitre des saintes Onctions ; car, de ce qu'il a été bénit , c'est un lieu saint et sacré , et il est réconcilié par Tévêque comme l'église, par l'aspersion solennelle de l'eau avec le vin et la cendre bénits.

XLVI. Il est digne de remarque que, dans quelque partie de l'église ou du cimetière que la violence ou la pollution ait été commise , toutes les autres parties sont réputées violées , et cela à cause de la connexité de chacune d'elles ensemble. Ceci a été, aujourd'hui, en partie adouci par le pape Boniface [De consec. eccl., c. i, in vi) ; car, bien que les consécrations de l'église , de l'autel et du cimetière soient différentes par leur objet, cependant le privilège de toutes est un et le même. Ce qui ne doit pas être restreint pourtant seulement à Tune de leurs parties ou à l'un de leurs côtés ; ce qui est vrai si l'église et le cimetière sont unis ensemble. Car^ si l'un est éloigné de l'au-

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tre, l'un peut bien être violé sans l'autre. Si donc l'un d'eux ayant été violé ou pollué, l'autre a été aussi violé ou pollué, par la même raison, l'un d'eux étant réconcilié, les deux aussi sont réputés comme Tétant^ parce. qu'il n'y a rien de si naturel que chaque chose soit déliée par la même cause qu'elle a été liée , et que le droit d'enchaîner et de déchaîner est égal. Ainsi, si le cimetière a été violé ou pollué , il suffit de réconcilier l'église. Cependant quelques-uns assurent, avec les simples lu mières du bons sens {simpliciter) , que l'un ne peut être viol en aucune manière par la violation de l'autre , et que , pa conséquent, chacun doit être spécialement réconcilié. Cependant l'autorité du Pontifical [pontificalîs libri) prévient leur décision ; car on y trouve la forme particulière de la réconciliation du cimetière. Enfin , si l'église ou le cimetière, ou quelque autre chose excommuniée par l'évêque , doit être consacrée ou bénie, il ne faut pas l'affranchir de cette réconciliation, parce que les sacrements conférés par ces cérémonies dans la formation de l'église sont véritables , comme on le dira dans préface de la troisième partie. Mais quand, ainsi qu'il a été dit plus haut, un excommunié ou des excommuniés profaneront le cimetière et l'église , ils paraissent , certes ! beaucoup plus flétrir et souiller devant Dieu les sacrements extérieurs et les bénédictions qui passent et s'en vont par les mains et par la bouche de l'excommunié, que les grâces qui appartiennent à leurs mérites ; c'est pourquoi il est convenable de les réconcilier avant que les fidèles usent de ces sacrements , ainsi que le texte des saints Canons l'enseigne d'une manière évidente (LXXX, d. Si qui sunt) ; car le Seigneur dit par la bouche de son prophète : a Je répondrai à vosjbénédictions « par des malédictions » (a).

(à) Maledicam benedictionibus lestris, mot à mot : « Je maudirai vos bénédictions. »

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