DE L'ACOLYTE
I. AxwXuGot, qui est un mot grec, se dit en latin céroféraires ou allumeurs des lampes et des cierges. Ils ont été créés à l'exemple d'Aaron et de ses fils, qui servaient dans le temple,
(«) Le trait suivant d'un fragment d'homélie de saint Eloi , évêque de Noyon, nous donna lieu de faire une note que Ton nous permettra d'insérer ici, d'autant plus qu'elle ne peut mieux rencontrer sa place, après le trait qui nous l'inspira.
[Quia Deusad hoc lunam fecit, ut tempora designet non ut alicujus opus
impedidt, aut dementem faciat hominem, sicut stulti putant, qui a daemonibus invasos a luna pati arbitrantur, etc. ]
« Dieu a fait ainsi la lune, afin de marquer les temps et de tempérer les ténèbres de la nuit, et non pour empêcher personne de se livrera ses travaux, ou pour rendre les hommes fous , comme les sots le pensent , eux qui croient que les démoniaques souffrent à cause de la lune ; etc. »
On croyait que les démoniaques subissaient l'influence de la lune , parce qu'ils souff'raient ordinairement davantage pendant la pleine lune qu'en tout autre temps , et cela , disait-on , à cause de ce que , le cerveau étant plus rempli d'humeurs, il est plus facilement agité et troublé. C'est pourquoi on appelle les démoniaques lunatici, lunatiques en latin et en français , en grec oeX-nviaxot. Le démoniaque dont parlent saint Marc et saint Luc (cap. ix) est nommé lunatique par saint Mathieu (cap. xvii). Cependant Euthymius donne un autre sens à ce mot que celui de l'Evangile ; il est plutôt fondé sur la malignité du démon que sur sa nature. « Saint Mathieu, dit-il, donne à ce démoniaque le nom de lunatique (*) , parce que quelques démons , observant le temps de la nouvelle lune , s'emparaient de plusieurs hommes , afin que , la lune paraissant ainsi être la cause de leur mal , le peuple en prît occasion de calomnieret d'accuser la bonté du Créateur. » C'est un des innombrables artifices dont le démon s'est servi et se sert chaque jour pour tromper l'homme; mais ce qu'il a pu faire de plus extraordinaire et de plus dangereux , c'est d'avoir
(*) On entend par le mot lunatique un homme dont le caractère est aussi mobile et aussi cbançeant que les phases de la lune, et non, comme le croyaient les païens, une personne que les diverses révolutions de cet astre rendent malade ou insensée.
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selon cotto parole de l'Exode : a Commande aux (Ils d'Aa- « ron de m'ofîrir riuiih; qu'on lire des fruits de l'olivier, la (( plus pure, celle qui sort au })remier coup du pilon, afin que <( la lampe brûle toujours dans le Tabernacle du Témoignage; « et Aaron et ses fds pourvoiront à son entretien de manière à (( ce qu'elle brille jusqu'au matin devant le Seigneur. » Or, ce que les prêtres faisaient alors, les acolytes le font encore de nos jours , préposés qu'ils sont au service des lampes , car ils apprêtent les luminaires dans le sanctuaire. Certes! nous lisons que beaucoup de choses ont été ajoutées ou changées à la loi mosaïque, non-seulement dans le Nouveau-Testament, mais encore dans l'Ancien. C'est pourquoi ^n assure que David a dit dans les Paralipomènes : « Ce ne sera pas l'office des lé- i c( vites de porter à l'avenir le Tabernacle et tous les vases qui c( servent au culte divin. »
II. Les acolytes, selon [saint] Isidore, portent des cierges allumés pendant la lecture de l'évangile et l'oblation [du saint] sacrifice ; et cela, non pour dissiper les ténèbres de Pair, mais pour illuminer celles du cœur, puisqu'ils s'acquittent de cet office dans le temps même que le soleil est dans tout son éclat. Ils tiennent donc dans leurs mains des cierges ardents pour montrer à leur prochain les œuvres de lumière , et parce que c'est le symbole de Tallégresse; de sorte que, sous l'image de la lumière corporelle, se révèle cette splendeur au sujet de laquelle on dit dans l'Evangile : « Il était la lumière véritable (( qui illumine tout homme venant en ce monde. » Ils préparent encore les espèces eucharistiques , c'est-à-dire le vin et Teau, ou les vases dans lesquels on met l'eau et le vin.
III. Les acolytes représentent les historiographes en vers qui existaient chez les Gentils ; ou , avec plus de vérité , les mou-
porté les hommes à croire qu'il n'existait pas. (V. Euthym., Saracenica, sive Moamethica, etc.; Heidelberg, 1595, in-S", petit livret très-rare et très-curieux. — V. notre traduction annotée de la Vie de saint Eloi, par saint Ouen, p. 170, chap. XV, liv. 2; et note 9, pages 406 et 407.)
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cheiirs ou les éteigneurs des luminaires , qui mouchaient les cierges et accommodaient les lampes, comme Nadab et Abiu.
IV. Or, selon le décret du Concile de Tolède (xxi, distinct. Acolylus), lorsque l'évêque ordonne l'acolyte il l'instruit de la manière dont il doit se conduire dans sa charge ; mais c'est des mains de l'archidiacre qu'il reçoit le porte-cierge , c'est-à-dire le chandelier avec le cierge, afin qu'il sache que cette cérémonie l'oblige à faire briller les luminaires de l'église, les cierges, pendant la lecture de l'évangile. Il reçoit aussi une burette vide pour offrir^ c'est-à-dire pour verser le vin dans l'Eucharistie^ le calice dans lequel est l'Eucharistie, le sang du Christ. Donc^ les paroles et les ustensiles dont nous venons de parler sont seuls nécessaires pour conférer cet ordre ; le reste est affaire de cérémonie.
V. Nous remplissons cet office, lorsqu'en prêchant nous produisons le feu de la parole céleste par lequel nous illuminons nos frères et nous les enflammons du, désir de connaître Dieu, comme aussi quand nous donnons aux autres la lumière de nos bonnes œuvres. Or, le Seigneur témoigne qu'il a cette charge lorsqu'il dit : a Moi , je suis la lumière du monde ; celui qui « me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la « lumière de la vie. »