‹ Rational ou manuel des divins offices de Guillaume DurandChapitre 78 sur 128 · DE L'ANNEAU · texte numérisé non relu

DE L'ANNEAU

I. L'anneau est le gage assuré [sacramentum) de la foi, avec lequel le Christ a fiancé son épouse , la sainte Eglise , afin qu'elle puisse dire d'elle-même : « Mon Seigneur Jésus-Christ

ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 263

( m'a fiancée par son anneau , » dont les gardiens et les dis- )ensateurs sont les évêques et les prélats , qui portent des anleaux en témoignage de ces fiançailles , et dont l'épouse dit ians les Cantiques : « Ceux qui, pendant la nuit, veillent à la x garde de la ville m'ont trouvée. » C'est aussi pour la même 'aisonque le père donna un -anneau à son fils quand il revint à a maison paternelle, comme le montre cette parole de l'Evangile : c( Mettez un anneau à sa main. » C'est de ce passage de 'Evangile qu'on croit que l'usage de l'anneau a été introduit ît reçu.

II. Donc l'anneau du pontife signifie l'intégrité de la foi, ifin sans doute qu'il chérisse comme lui-même l'Eglise de Dieu, qui lui a été confiée comme une fiancée, et qu'il la garde 3rudente et chaste au céleste Epoux , selon cette parole : a Je X vous ai fiancée à un seul homme, qui est le Christ, » et qu'il >e souvienne qu'il est non seigneur et maître , mais pasteur. Test de ce fiancé et de sa fiancée que [saint] Jean l'évangéliste lit : « Celui qui a fiancé une vierge est son époux , et l'ami de c( répoux, qui assiste à leur union et l'apprend avec joie, se c( réjouit à cause de la voix de l'époux. » Or, l'évêque est le représentant ( vicarius ) et l'ami de l'époux, et , s'il est son représentant, il est en quelque sorte l'époux de la fiancée de son imi.

III. Les anciens scellaient aussi les lettres avec leur anneau. De là vient que l'évêque porte l'anneau, parce qu'il doit sceller pour les infidèles les mystères de l'Ecriture et les sacrements de l'Eglise, mais les révéler aux humbles. Enfin, pour ce qui se rapporte à notre cheï {capiti), qui est le Christ, l'anneau au doigt signifie le don du Saint-Esprit ; car le doigt tendu en indicateur et séparé des autres est la figure de l'Esprit saint, selon cette parole : « Le doigt de Dieu est ici. » Et ailleurs : (( Si moi, par le doigt de Dieu, je chasse les démons , par qui « vos enfants les chassent-ils ?»

IV. Et l'anneau, qui est d'or et rond, signifie la perfection des

dons de l'Esprit saint que le Christ a reçue sans mesure,parce qu'en lui la plénitude de la divinité habite corporcUement. Maintenant, celui qui est venu d'en haut est sur tous, et Dieu ne lui a pas donné son esprit dans une mesure bornée, lorsqu'il a dit : « Celui sur qui tu verras l'Esprit saint à la fois descendre a et se reposer, celui-là est celui qui doit être baptisé par toi, (c car l'Esprit de sagesse et d'intelligence se reposera sur lui. » Et lui , il a distribué différents dons de sa plénitude , donnant (selon l'Apôtre) aux uns la parole de la science, aux autres le pouvoir de guérir les maladies, aux autres d'opérer des miracles, etc. Ce qu'imite encore le pontife visible , lorsque , dans l'Eglise, il ordonne les uns prêtres, les autres diacres, d'autres sous-diacres, et ainsi de suite. Or, ce n'est pas sans raison qu'au doigt de l'évêque brille un anneau orné d'une pierre précieuse, par le mystère de laquelle nous sont données à entendre les magnifiques onctions de la grâce. On a suffisamment parlé de l'anneau de l'époux dans la première partie , au chapitre des Sacrements de l'Eglise , pour qu'on n'ait pas besoin d'en faire encore ici mention.

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