‹ Rational ou manuel des divins offices de Guillaume DurandChapitre 80 sur 128 · DU SUAIRE OU MOUCHOIR · texte numérisé non relu

DU SUAIRE OU MOUCHOIR

Après avoir parlé des neuf ornements particuliers aux pon- |tifes, disons un mot de quelques autres.

I. Et, d'abord , voyons le suaire. C'est un morceau de toile de lin, que celui qui sert Tévcque à l'autel tient toujours prêt, afin qu'il s'essuie la sueur [ut omnem superfluum corporis tergat humorem) comme avec un mouchoir. 11 signifie le soin avec lequel nous nous délivrons du contact des choses de ce monde , dans cette vie , par les exemples des saints Pères , qui nous fortifient dans la patience. Or, l'ennui et le chagrin sont à l'ame ce que la sueur est au corps. Parfois elle ruisselle sur le front de la conscience par le souvenir des péchés. ^j

II. Donc, nous avons un suaire qui est fait de lin , battu par des coups multipliés et pur, par lequel nous nous délivrons des affections de ce monde, et dont nous nous essuyons le front, en nous débarrassant de la tristesse , à l'exemple de David et de Job. Dans certaines églises, le diacre qui tient le suaire le i dépose au côté droit de l'autel, afin que si, par hasard, quicquam sordidum accesserit^ il s'en délivre. Le suaire du prêtre doit être très-blanc. Le manipule a presque le même sens , et sert à peu près au même usage , comme on l'a dit au chapitre qui lui est consacré (cap. vi, De manipulo).

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