CHAPITRE XVII
DU PALLIUM {a) (43).
I. Maintenant, disons quelques mots du palliumy qui es particulier aux patriarches, aux primats et aux métropolil tains, afin qu'on les distingue par là des autres évêques, pan qu'ils occupent un rang privilégié. C'est pourquoi il n'en eî nullement parlé dans l'énumération qui a été faite plus haut des ornements communs et spéciaux. Or, par le pallium nous
(a) Pallium, 2, apud Du Gange, Gloss,
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omprenons à la fois le surhuméral et le rational du pontife de 1 loi , unis ensemble et ne formant qu'un seul vêtement ; car m l'appelle surhuméral, ou Xo/iov , parce qu'il couvre les deux paules du pontife, et rational parce qu'il descend des épaules ur la poitrine même du pontife, où il s'attache. Le grand- ►rêtre portait le surhuméral et le rational, qui étaient joints nsemble par des chaînettes d'or. Il y en a cependant qui dient que, de nos jours, nul ornement n'a succédé au rational ; e dont on parlera au chapitre des Ornements de l'ancienne oi. D'autres disent que le pallium a été institué pour remplaer la lame d'or , quoiqu'il paraisse plus probable que les orrois de la mitre représentent cette lame de l'ancienne loi.
II. Assurément, le pallium, dont les prélats se servent, signifie la discipline par laquelle ils doivent, à l'exemple de ;eux qui leur sont soumis, se conduire et s'enchaîner, comme Is conduisent et enchaînent leurs inférieurs. C'est par elle qu'on .cquiertle collier d'or, que ceux qui combattent pour la bonne ;ause reçoivent légitimement, et dont Salomon dit,, dans les ^araboles : ce Ecoute, mon fils, les instructions de ton père, et c n'abandonne pas la loi de ta mère , et elles seront un ornec ment à ta tête et un collier à ton cou. )) Et, de même qu'on le donnait le collier ou le prix qu'à celui qui avait légitimenent combattu, selon cette parole de l'Apôtre : ce Beaucoup .( courent, à la vérité, mais un seul reçoit le prix; » ainsi aussi )ersonne ne doit être élevé à l'honneur du pallium que celui jui .s'est d'abord exercé avec ardeur, et légitimement, dans iliaque degré des vertus ; car ce ne sont pas les charges du ;iècle qui procurent la première place pour entrer dans le vesiibule des affaires , mais les épreuves que l'on a subies en pasjant par un grand nombre de degrés; et ce rang, qu'un travail plus étendu et les plus longues campagnes ont mérité à celui qui l'a obtenu, en le faisant passer devant les autres, ce rang l'emporte sur tous les autres. On le porte sur tous les ornements, ifin que les autres , le voyant , soient exhortés à un légitime
combat. Et \c poiitiic, lorsqu'il se met ou s'olc le pallium Teiubrasse pour inanjuer le souverain désir ({u'il a de con battre légitiniement et de mériter le prix.
m. Or, le pallium est tissé de laine blancbe (6), avec un bordure ; il serre les épaules, et a deux bandes des deux cote qui pendent du baut en bas par devant et par derrière ; à gai cbe, il est double ; à droite , simple. Il a (piatre croix de poui pre devant et derrière, à droite et à gauche. On fiche sur 1 pallium trois aiguilles, et il y en a certaines qui ne peuvent éti
{b) L'auteur du C(^'r(îmonial romain (lib. i, sect. 10) donne, au sujet de confection du pallium , quelques détails intéressants que nous traduisons ic « Le soin de confectionner et de garder les pallium appartient aux sous-diacr apostoliques, (jui les font de laine pure et blanche en la manière qui suit: L reli^^ieuses du monastère de Sainte-Agnès, ou les religieux qui sont dans cel église, offrent chaque année deux agneaux blancs sur Tautel de cette église, le jo de la festivité de sainte Agnès, pendant qu'à la messe solennelle on chante VAgn Dei; ces agneaux sont reçus par deux chanoines de l'église de [Saint-Jean-de-] L Iran, et par eux ensuite confiés aux sous-diacres apostoliques, qui envoient c mêmes agneaux dans les pâturages, jusqu'à ce que vienne le temps opporti pour les tondre. On tond la laine sur ces agneaux, on la mêle avec une aut laine blanche et pareillement propre , et on la réduit en fil dont on fait les pa lium à la largeur de trois doigts ramenés en cercle , afin que de cette 1 çon ils entourent les épaules des prélats. Sur la poitrine et sur les reins, pallium a une bande qui pend de la longueur d'un palme, et dont l'extrémi est garnie de petites lames de plomb de la même largeur et arrondies par bout, couvertes de soie noire et cousues sur les bandes qui pendent devai et derrière et sur les deux épaules. Les pallium étant ainsi faits, sont port par les sous-diacres à la basilique du prince des Apôtres , et placés par les ch. noines de la basilique sur les corps de [saints] Pierre et Paul, apôtres , sous maître-autel {sub majori altari), où, après qu'on a célébré, selon la coutum les vigiles pendant la nuit, on les ôte de là, et ensuite on les rend aux soui diacres, qui les gardent dans un endroit convenable. » C'est de là qu'on d que les pallium sont pris de dessus le corps de saint Pierre.
Le camérier Cencius (ou Cenci ) parle de la manière dont le Pape confè le pallium ; voici ce qu'il en dit (in Ceremoniali) : « Le prieur de Saint-La; rent, membre du sacré palais, met sur l'autel le pallium, qu'il doit apprêter ( sa propre main, et aussitôt l'archidiacre, avec lé second diacre, le donne £ pontife [X'évpque]^ et le seul archidiacre lui dit : Reçois le pallium, c'est-à-dii la plénitude de la charge pontificale, pour l'honneur du Dieu tout-puissant et c la très-glorieuse Vierge sa mère, et des bienheureux apôtres Pierre et Pai [et S. H. E.) et de la sainte Eglise romaine, et rien autre chose. Et à l'instai l'archidiacre, avec le prieur de la basilique {basilicarius), met le pallium si les épaules du pontife , en faisant entrer devant et derrière et au côté gauci trois aiguilles d'or, sur la tète desquelles sont enchâssées trois pierres d'hvî cinthe; et ainsi orné, le pontife s'approche de l'autel et y célèbre solennellemei la messe. »
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ées par le métropolitain sans le pallium , dont il ne peut i se servir qu'à certains jours, parce que toutes les choses Eglise sont imprégnées de mystères moraux, et pleines de is secrets. Car (comme l'Ecriture l'atteste), dans les tréde la sagesse , le pallium signifie la discipline : dans la î dont il est fait nous trouvons assurément sa sévérité ; sa cheur symbolise sa douceur. En effet, la discipline eccléique exerce sa sévérité contre les rebelles et les obstinés ; elle montre sa miséricorde envers ceux qui se repentent et ;ont humbles. A cause de quoi on ne fait pas le pallium de ine de toute espèce d'animal , mais seulement 'de brebis, îst un animal doux. C'est pour cela que le Prophète dit : a été conduit à la tuerie comme un agneau; et, comme i agneau devant celui qui le tond, il n'a pas ouvert la boule. » De là vient que le vin et l'huile furent versés l'un après re sur les blessures de cet homme à demi-mort que le Satain conduisait dans l'hôtellerie {c) , afin que par le vin lessures soient fermées, et par l'huile adoucies, et aussi que l'évêque, en tant que se consacrant à guérir leè plaies, >e la saveur âpre de la sévérité dans le vin à la douceur et idulgence de la miséricorde dans l'huile. Cela est aussi dé- ; par l'Arche du tabernacle , où étaient renfermées , avec ibles de la loi, la verge et la manne, parce que dans Tame •rélat la verge de la direction et la manne de la douceur înt être unies à la science de l'Ecriture , afin que la sévéle sévisse pas immodérément , et que la miséricorde ne pas plus indulgente qu'il ne faut. De môme, le pallium est l'une vile matière, à savoir : de laine, afin qu'il ait du
Le mot stabulum, employé par Durand, semble renfermer un sens mysd'une très-grande élévation. N'est-ce pas, en effet, dans VéidCdielin stabulo) Ihicem que J.-G. a posé le premier appareil sur les blessures spirituelles ire humain? Et si nous adoptons le sens d'hôtellerie, nous pouvons dire ethléem est la maison du pain, où l'homme fut non - seulement guéri, encore nourri par ce Dieu qui voulut reposer dans la mangeoire de vils lux. Quelle richesse dans la langue du moyen-âge!
prix non par lui-même , mais par ce qu'il signifie en lui-même pour qu'il soit remarquable non aux yeux, mais à Tame, e afin que le pontife comprenne qu'il s'en revêt non comme d'um parure, mais comme d'un signe.
IV. Le tour du pallium qui serre les deux épaules^ c'est 1; crainte du Seigneur^ par laquelle on exerce les œuvres, et elle sont serrées, de'peur qu'elles ne se laissent aller à des choses dé fendues ou qu'elles ne se relâchent pour les choses superflues car la discipline empêche la gauche des choses illicites par 1 spectacle effrayant de la punition , mais préserve la droite de choses superflues par l'amour de la justice. Bienheureux don l'homme qui est toujours tremblant; car, selon l'avis de Sain mon, c( la crainte du Seigneur repousse le péché; mais celu « qui vit sans crainte ne peut être justifié. » Voilà donc pour quoi le cercle du pallium serre les épaules au-dessous du cou pour marquer que celui qui 4e porte doit être le même dan les œuvres et dans les paroles.
V. Mais nous pensons que les deux bandes, dont l'une pass derrière le dos et l'autre devant la poitrine , signifient les soin et les sollicitudes de cette vie, par lesquels le cœur et les épaule du pontife sont très-souvent appesantis et empêchés de tell sorte qu'ils le détournent de son état propre et l'obliger à penser et à porter certaines pensées vaines et passagères. D là vient que fréquemment on adapte le pallium devant et der rière, à droite et à gauche, devant la poitrine et sur les épaules afin qu'estimant moins ces choses , et les mettant en quelqui sorte derrière lui, il comprenne qu'il doit souvent rentrer ëi lui-même. Le pallium signifie aussi la vie active et contempla tive, à laquelle le prélat doit s'exercer de telle manière, qu'i l'exemple de Moïse il monte tantôt sur la montagne, et là ] parle de la sagesse [philosophetur) avec le Seigneur, et qui tantôt il descende au camp, et là pourvoie aux besoins des peu pies, faisant d'avance attention de pouvoir quelquefois se rcn dre à lui-même après qu'il se sera donné souvent aux autres
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; manière à ce qu'à la fois il remplisse comme Marthe, avec 'omptilude et zèle, les devoirs fréquents de sa charge, et qu'à îxemple de Marie il écoute les paroles du Sauveur. Cepenmt, les deux bandes sont pesantes par le bas, parce que le )rps, qui est corrompu, appesantit l'ame , et que le séjour 3 la terre accable la raison, qui pense à beaucoup de choses.
VI. Le palHum est double au côté gauche, de même que le itional ; mais il est simple à droite, parce que la vie présente, ae symbolise le côté gauche, est sujette à beaucoup d'angoiss , et que pendant son cours nous ne pouvons pas manquer être exposés à la duphcité : car tantôt nous sommes enflés par
prospérité, tantôt brisés par l'adversité; tantôt nous deman-
3ns les choses de la terre, tantôt nous désirons celles du ciel; ntôt nous sommes les esclaves du corps, tantôt les serviteurs 3 l'ame ; mais la vie future , qui est symbolisée par le côté roit, est toujours unie en un seul repos, ce que la Vérité même marqué, quand elle a dit : « Marthe, Marthe, tu es pleine de sollicitude et tu te tourmentes pour beaucoup de choses. En somme , une seule est nécessaire : Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point enlevée. »
VII. Le pallium est encore double à gauche, afin quelepré- .t soit fort pour supporter les tourments de la vie présente ; mple à droite , afin qu'il soupire de toute son affection après 1 moment où il obtiendra le repos de la vie future, selon cette irole du Psalmiste : « J'ai demandé une seule chose au Seigneur, et je lui réitérerai ma demande : c'est d'habiter dans la miaison du Seigneur pendant tous les jours de ma vie. ))
ar là il n'y a aucune duplicité ou détour [d), mais la prospérité ins l'adversité, la joie sans la tristesse, et la félicité sans le lalheur.
{d) Sive ruga; ce mot a le sens de rue dans le bas-latin, et, dans le principe, gnifiait les détours que décrit un ruisseau ou le cours d'une fontaine. La rme tortueuse des anciennes rues percées dans les xiici primitifs ou pâtés de maisons servant à la demeure de tous les membres d'un même corps d'état, ur a fait donner avec raison le nom de niga, rugœ.
Vin. Les quatre croix de pourpre, ce sont les (piatre vertus nécessaires au gouvernement (piditicœ) spirituel, savoir : la justice, la force, la tempérance et la prudence, qui, si elles ne sont pas empourprées dans le sang de la croix du Christ, s'arrogent faussement le nom de vertus, et ne conduisent pas à la véritable gloire de la béatitude. C'est pourquoi le Seigneur dit aux apôtres : « Si votre justice n'est pas plus abondante que « celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans (( le royaume des cieux. » C'est la pourpre du roi, teinte dans les canaux [des teinturiers], dont Salomon fait mention dans le Cantique des Cantiques. Celui donc qui est décoré de la gloire du pallium, s'il désire être ce qu'on a dit, doit avoir devant lui la justice, afin de rendre à chacun ce qui lui appartient; derrière lui la prudence, afin de prendre garde à ce qui peut nuire à quelqu'un ; la force à gauche, afin que l'adversité ne l'écrase pas ; la tempérance à droite , afin que la prospérité ne l'enfle pas.
IX. Et on enfonce trois aiguilles sur le pallium, savoir : devant la poitrine, sur l'épaule gauche, et derrière le dos. On lej a imaginées non pour piquer [ad pimgendum), c'est-à-din non pas à cause des épines [punctiones) de cette vie, mais poui joindre la planète et le pallium ensemble. D'oii vient qu'anciennement on mettait sur les planètes certains anneaux par oij l'on passait les aiguilles , avec lesquelles on fixait à la fois le pallium et la planète , afin que le pallium ne changeât pas de place. Cependant nous pouvons entendre par les trois aiguilleSj sans lesquelles le pallium ne peut être convenablement mis pai l'évêque, la Foi, l'Espérance et la Charité. Ces trois aiguilles signifient encore la compassion aux peines du prochain , l'administration de sa charge, et le discernement dans le jugement, dont la première pique l'ame par la douleur, la seconde par le travail, la troisième par la crainte. La première piquait l'Apôtre, lorsqu'il disait : (( Quel est celui qui est malade, avec qui <( moi je ne sois pas malade? Quel est celui qui est scandalisé,
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et avec qui moi je ne sois pas consumé? » La seconde, quand disait : « Outre les choses du dehors, la sollicitude que j'ai pour toutes les églises me presse chaque jour. » La troisième iquait Job , quand il disait : « Si le juste sera à peine sauvé, que sera-ce de l'impie et du pécheur? » On n'enfonce point aiguille sur l'épaule droite , parce que dans l'éternel repos n'y a aucun aiguillon d'affliction, aucun fouet de piqûre. Car ieu essuiera toute larme des yeux des saints ; il n'y aura jalais plus de mort, ni de deuil, ni de plainte, ni de douleurs i-delà de celles qui les premières s'en seront allées. X. Or, l'aiguille doit être d'or ; par le bas elle est aiguë, par haut ronde et contient une pierre précieuse : car, assurélent , sur la terre le bon pasteur est très-accablé par le soin Li'il a de ses brebis ; mais il sera couronné dans les cieux, où il ira cette perle précieuse dont le Seigneur dit dans l'Evangile : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui faisait du commerce et qui recherchait les bonnes perles ; et, ayant trouvé une perle précieuse , il vendit tous ses biens et l'acheta. » Dans le pallium et avec lui est confirmée la pléniide de la charge pontificale.
XL Voilà pourquoi, avant que d'être décoré du pallium, le létropolitain ne doit pas convoquer de concile , composer le hrême, ordonner des clercs dans sa province , consacrer des ontifes ou dédier des églises, ni prendre le nom d'archevêque, lependant quelques-uns disent qu'il pourrait, hors de sa proince, lorsqu'il y est invité ou contraint , célébrer des ordinaons en sa qualité de simple évêque et sans être revêtu du allium. Il y en a aussi qui disent que si l'évêque est tel qu'il misse se servir du pallium, il ne peut cependant donner la peraission à un autre archevêque d'user du pallium dans son dioèse, à moins que ledit évêque soit exempt de porter le palium ; et aussi qu'il en est de même pour un archevêque dans a province , à moins qu'il n'y soit par hasard invité ou conraint ; mais alors il faut encore qu'il ait le privilège de pouvoir
se servir du pallium hors de sa province, s'il y est invité. Mais ces choses sont plutôt de droit et de rigueur que d'étiquette (cwrialitalis), car il ne semhle pas à celui qui regarde les choses avec un œil subtil , qu'il y ait autre chose dans un évêque exempt du pallium que dans un évêque qui ne l'est pas.
XII. Un métropolitain ne peut célébrer avec le pallium d'un autre, ni, par la même raison, être enseveli avec le pallium d'un autre, mais seulement avec le sien propre. Si un évêque orné du pallium est transféré aune autre église, on l'ensevelira avec le pallium qui lui a été accordé en second lieu. De même, un prélat revêtu du pallium, s'il vient à être transféré à une autre église , ne peut pas s'y servir du pallium obtenu dans la première église, parce qu'on ne le donne pas seulement par égard pour la personne, mais aussi pour le lieu. C'est pour cela qu'il ne peut pas s'en servir hors de la province qui lui a été assignée. Et si quelqu'un renonce à la dignité d'archevêque, il ne peut se servir davantage du pallium. Aucun évêque ne peut se i servir du pallium qu'au dedans de l'église et pendant les di- I vins offices. D'où vient que si, par hasard, il lui arrive de sortir pour une procession, ou pour aller prêcher, ou pour quelque autre chose de ce genre, il ne pourra sortir de l'église avec le pallium.
XIII. Or, on interdit régulièrement l'usage du pallium , si ce n'est dans les jours de solennité et dans ceux que chaque église a par privilèges , par exemple dans les festivités : de la Naissance du Seigneur, de saint Etienne, de saint Jean [l'évangéliste], de la Circoncision, de l'Epiphanie, des Rameaux , de la Cène du Seigneur {Jeudi saint), du Samedi saint; pendant les trois jours qui suivent la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte; [les fêtes] de saint Jean-Baptiste, de tous les Apôtres ; dans les quatre festivités de la bienheureuse Marie [V Assomption], de saint Michel, de tous les Saints, et de saint Martin, qui est égal aux apôtres ; dans les festivités principales de l'Eghse ornée du pallium ; pour les dédicaces des églises, les consécra-
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tions des évêques, les ordinations des clercs, et l'anniversaire de la consécration du prélat revêtu du pallium. Quelques-uns ajoutent aussi les dimanches qui suivent la Résurrection ; ce qui, cependant, n'est pas en usage. On pourrait encore dire que partout où, dans sa province^, le corps de quelque saint repose^ le métropolitain , dans la fête de ce saint et aussi dans la principale fête de tout lieu de sa province, pourra, en s'y rendant, se servir du pallium et des sandales. Mais pour les funérailles des morts ou les bénédictions des mariés^ il n'est pas permis de se servir du pallium , à moins que cela ne soit expressément formulé et contenu dans [le] privilège accordé à l'évêque de porter le pallium. L'évêque d'Ostie^ qui consacre le pape, se sert du pallium, d'après l'institution du pape Marc; ce que font aussi certains évêques par un privilège spécial, comme celui du Puy et ceux de la Pentapole [italienne]. [Extra de prœsum. cum injuventute.)
XIV. Enfin, il faut savoir que les pontifes romains qui on précédé le bienheureux Sylvestre sont représentés [depinguntur) portant les bandes du pallium roulées autour des épaules (car le prêtre de la loi, quand il sacrifiait, rejetait les extrémités de son baudrier sur ses épaules) ; ce qui signifie que leur juridiction et leur pouvoir, symbolisés par le pallium, ne furent pas libres alors comme depuis» Mais lui et ses successeurs les eurent libres et dégagés , et c'est pourquoi les bandes de leur pallium sont déroulées et étendues sur eux^ et sont représentées pendantes devant et derrière. On peut dire aussi que les bandes, qui (comme on Ta dit plus haut) signifient les sollicitudes et les inquiétudes, pendent déroulées, depuis le temps du pape Sylvestre , à cause des biens temporels accordés à lui et à ses successeurs , lesquels ne peuvent être possédés sans sollicitude et sans inquiétude. Enfin, Bruno [d'Asti] dit que le Souverain-Pontife, entre les susdits ornements, porte le regnum et se sert de la pourpre, comme on l'a dit au chapitre de la Mitre, non comme un symbole, mais parce que l'empereur
Constantin donna jadis tous les insignes de l'empire romain au bienheureux Sylvestre (e). D'où vient que, dans les grandes processions , tout cet appareil du Pontife romain est déployé , ce qu'on avait seulement coutume de faire jadis pour les empereurs; et le Pape est aussi couronné du diadème impérial.