DE LA SECONDE PARTIE DU CANON, SAVOIR : MEMENTO DOMINE
«Souviens-toi, Seigneur, de tes serviteurs et de tes ser- <c vantes, et de tous ceux qui assistent à ce sacrifice, etc. *>
I. Ainsi commence la seconde partie du canon, qui montre qu'on doit encore prier pour les fidèles soumis à l'autorité de l'évêque. On voit évidemment, par la phrase précitée et les termes dont elle se compose, qu'en cet endroit le prêtre doit particulièrement faire mémoire des vivants , tandis que les paroles suivantes : ce Souviens-toi des morts , y> marquent qu'il peut faire mémoire spéciale de ceux-ci. On voit clairement par là que c'est une chose sainte et salutaire que d^assister aux saints mystères de la messe , puisque le sacrifice de Teucharistie s'ofire spécialement pour ceux qui y assistent.
IL Mais, puisque Dieu n'ignore rien et qu'il né peut oublier quoi que ce soit, d'où vient que nous demandons que Dieu se souvienne de nous? Or, on dit que Dieu connaît ceux qu'il justifie; d'où vient cette parole : « Le Seigneur connaît a ceux qui sont à lui? » et on. dit qu'il ne connaît pas ceux qu'il réprouve , selon cette parole : ce Je ne vous connais pas. y> On dit encore qu'il oublie les méchants, quand un d'eux revient au bien, selon cette parole : « Si l'impie fait pénitence, je ne a me souviendrai plus de toutes ses iniquités. » On dit aussi
ou MANUEL DES DIVINS OFFICES. 237
cpi'il oublie les bons^ lorsqu'un d'eux tourne à mal , selon cette parole : « Si le juste se détourne de sa justice , je ne me sou- (c Tiendrai plus de toute son équité passée. » Dieu, parfois aussi, se souvient pour faire miséricorde, selon cette parole : « Souviens-toi de moi, mon Dieu, parce que ma vie est un « soufQe; » parfois, pour punir, jselon cette parole : « Sou- €c viens-toi, Seigneur, des filles d*Edom, au jour de Jérusaa lem. » Or, nous demandons, non pas que Dieu se souvienne de nous, mais qu*il ait pitié de nous, selon cette parole : « Souviens-toi de tes miséricordes, Seigneur, des miséricordes <c que tu as fait paraître de tout temps, d Le prêtre dit ensuite : .;« dont tu connais la foi, et dont tu sais la dévotion, etc. » Comme s'il disait : « Toi qui es propice à ceux qui sont fidèles <c et dévots, qui seul lis dans les consciences si elles ont une a foi droite etsi elles te chérissent dévotement ; ô Dieu ! toi qui «c sondes les reins et les cœurs. Seigneur des sciences, qui re- «t cherches toutes les choses cachées, en la présence de quiaU- « cune créature ne peut se rendre invisible. » — a Pour qui (c nous t'offrons ou qui t'offrent ce sacrifice de louanges, etc., » comme si le prêtre disait : « Souviens-toi, Seigneur, non-seu- « lement de ceux pour qui nous offrons ce sacrifice de louan- « ges, n^ais encore des prêtres qui offrent ce sacrifice, etc. » En effet , le prêtre offre le saint sacrifice pour le peuple et aussi pour lui-même.
III. Ou bien le prêtre dit : « Pour qui nous t'offrons, ou qui a t'offrent, » parce que ce ne sont pas seulement les prêtres, mais aussi tous les fidèles qui offrent; car, si le ministère des prêtres accomplit le sacrifice d'une manière spéciale , c'est le vœu des fidèles qui l'exécute d'un accord général. « Pour qui « nous offrons » marqué l'action; « qui t'offrent y^ indique la dévotion. On appelle ce sacrifice un sacrifice de loiuingeÈ, selon cette parole de l'Apôtre : <( Tout ce que vous devez faire, m faites-le à la louange de Dieu , afin que Dieu soit loué en vous . »