‹ Rational, ou, Manuel des divins officesChapitre 64 sur 84 · TROISIÈME PARTIE DE LA BŒSSEt; DU SILENCE APRÈS L*0RAIS0N DOMINICALE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE DE LA BŒSSEt; DU SILENCE APRÈS L*0RAIS0N DOMINICALE

I. La troisième partie de la messe commence à cette oraison : Libéra nos, qucesumm, Domine, etc.; a Délivre-nous, Seigneur^ nous t'en prions, etc. » Cette prière est appelée cm6olisms (e|AeoX(9|Aoç), c'est-à-dire surabondance, répétition. Mais»

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quoique dans cette oraison ou ne demande rien qui n'ait déjà été demandé dans la précédente oraison dominicale^ elle n'est pourtant pas une superfluité , puisqu'elle est la répétition et l'exposition ou explication de la précédente oraison. Car celleci dit : ce Délivre-nous du mal ; » l'autre : a Délivre-nous, nous t'en prions, etc.; » et elle ajoute;, ce de ces maux, » c'estrà-dire des mauxprésentSy passés et futurs. Il s'y trouve aussi une transition à l'oraison Pro pace, pour la paix, en cet endroit : intercedente beata, etc. Peut-être cette oraison est-elle appelée une addition, parce que pendant un temps considérable, dans la priinitive Eglise, il n'en fut pas question.

II. Et remarque qu'il y a deux embolismes, l'un quotidien, l'autre annuel. L'embolisme quotidien est cette oraison; car, comme le mot amen termine l'oraison dominicale , et que ce mot est réservé au prêtre par le clergé, qui dit : Sed libéra nos amalo, comme on l'a vu ci-dessus, il est évident que cette oraison est entendue comme un embolisme non-seulement quotidien, mais encore un embolisme de l'oraison dominicale. Les préfaces Veredignum.., Communicantes... Hanc igitur oblationem. . . Te igitur, clemsntissime, etc., sont des embolismes quotidiens. Mais la consécration de l'huile des malades, dont nous parlerons dans la sixième partie, au chapitre du Jeudi saint; la bénédiction des raisins et de l'agneau pascal, etc.; celle même des premiers fruits et des fèves, qui, par l'institution du pape Euticien, se pratique sur l'autel, sont des embohsmes annuels (ou qui n'ont lieu qu'une fois l'an ).

III. Â la fin de l'embolisme, on ne conclut pas par la formule Per Dominum, etc., selon l'usage des embolismes et des préfaces; mais on continue par l'oraison Da propitius par cevfiy etc.. Donne-nous, dis-je, la paix du cœur, afin que nous soyons Ubres du péché. Donne-nous la paix temporelle, afin que nous soyons à l'abri de toute espèce de trouble, car le bruit et le trouble nuisent aux malades ; et là se trouve expliqué explicitement de quels maux nous prions le Seigneur de nous

déliyrer. Cette oraison Libéra nos se récite en silence, comme, on Fa dit au chapitre du Paternoster, à ces mots : Oremus^prcB^ eqptis. Ce silence signifie le samedi, où le corps du Seigneur reposa dans le sépulcre; 'car ce jour-là personne ne prêcha; la [foi. D'où saint Luc atteste que les femmes qui avaient pré<paré des parfums gardèrent le silence le samedi, suivant la' prescription de la loi. Le Christ, cependant^ ne garda pas le silence. Bien plus, lui quî^, selon la chair^ reposa dans le sepulcre^ descendit en ame aux enfers, afin qu'y arrivant il s'y montrât plus fort que le fort armé et le vainquit. Pour symbo» User cette action du Christ^ l'Eglise romaine^ ainsi que l'Eglise, de Milan,, prononcent toujours cette oraison à haute voix le Vendredi saint. Et alors il mordit l'enfer, en retirant ses captife vaincus du lac sans eau; en les délivrant des maux présents, passés et futurs, et en leur donnant une paix perpétuelle, dont ils jouissent toujours, libres du péché et à l'abri de toute perturbation. C'est pourquoi le prêtre demande à être tiré de ce lac, lui et toute l'EgUse, en disant : Libéra noB, «c Délivrûnous. »

IV. Et, comme nous ne méritons pas d'obtenir le pardon dft DOS prévarications passées, présentes et à venir, à moins qu'il ne nous soit accordé par l'intercession de la bienheureuse Vierge, des bienheureux Pierre, Paul et André et des autres* saints, c'est pour cela qu'en cet endroit nous invoquons leur patronage. Pour obtenir donc la grâce de là paix, on implore la mère de Salomon, c'est-à-dire de l'homme pacifique ; saint Michel , messager de paix , et saint Jean-Baptiste , hérault ,de paix, et les Irois apôtres témoins de la paix , et on n'en invoque pas davantage, parce que toute parole est croyable sur l'attesh tation de deux ou trois témoins. D'abord, nous avons demandé à être délivrés du mal ; maintenant nous prions pour la paix. Quoique tous les apôtres aient été énumérés plus- haut, à cause de l'autorité de l'apostolat, cependant dans cette omison, qmdésigne les trois jours que le Seigneur passa dans le sépulcre ,

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on n'en mentionne que trois spécialement , à cause de quelques prérogatives qui leur appartiennent , c'est-à-dire à cause du privilège de la haute dignité qui réside dans Pierre ; à cause du privilège de la prédication qu'eut saint Paul, et par rapport à ses immenses travaux ; saint André, enfin, à cause de l'excessif désir qu'il eut d'être crucifié (a).

V. Dans l'oraison se trouve encore l'intention d'invoquer non-seulement les apôtres, mais encore tous les saints, qui sont distingués en trois états : car tous ceux qui font partie de l'Eglise militante ont été ou sont dans l'état conjugal, et ils sont représentés par Pierre'; ou dans l'état de continence ou de veuvage, et ils sont représentés par André, que l'on croit, d'ajprès saint Chrysostôme, être resté dans l'état de veuvage; ou dans l'état virginal, et ils sont représentés par Paul ; à cet état a;ppartiennent aussi les anges, parce que la virginité est la sœur des anges. On fait mention aussi de la bienheureuse Marie, comme de la porte de la miséricorde. Enfin, remarque qu'après la secrète on dit trois choses pour achever le imystère de la consécration du corps du Seigneur, c'est-à-dire : Prœceptis salutaribm, l'oraison dominicale ; puis cette oraison : Libéra nos, quœsumus, et cela à cause des trois jours que le corps du Christ séjourna dans le tombeau, ou à cause des trois lois, naturelle, mosaïque etévangélique.

(a) On sait que S. André subit le supplice de la croix. Quand il aperçut de loin rinstrument sur lequel il allait terminer sa vie, il le salua en disant : « Salut, croix qui a été consacrée par le corps de Jésus -Christ, et que ses membres ont ornée de tant de perles. Avant que le Seigneur eût été lié sur toi, tu étais un objet de terreur; maintenant ceux qui sont enflammés de Tamour céleste Rappellent de tous leurs vœux. Je viens donc à toi plein de sécurité et de joie, afin que tu reçoives le disciple de celui qui est mort sur toi ; je t'ai toigours chérie, et j'ai constamment désiré t'embrasser. 0 bonne croix! longtemps dé- .sirée et que les membres du Sauveur ont revêtue de tant de beauté et d'éclat, toi que j'ai recherchée sans cesse, reçois-moi du milieu des hommes et rendsmoi à mon maître , afin que celui qui m'a racheté par toi me voie arriver à lui par toi. »

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