‹ Rattlin le marinChapitre 1 sur 42 · Rattlin le marin · texte numérisé non relu

Rattlin le marin

Ralph trouve moyen d'abréger les travaux de la journée. — Il anticipe de quelques jours sur l'arrivée à terre, ce qui ne l'empêche pas d'être devancé par l'ennemi. — Ce chapitre est destiné à diverses chasses , puisse-t-il chasser aussi l'ennui des lecteurs.

Toutes les indications familières aux gens de mer nous annonçaient depuis quelques jours la terre. A mon compte, nous aurions dû la toucher depuis Ion g- temps. Il faut apprendre au lecteur profane, je veux dire, qui n'est pas du métier, que les midshipmen sont tenus de remettre, jour par jour, au capitaine, le résumé de la course du bâtiment, le chiffre de la distance parcourue et la situation topographique.

C'est un sentiment inné en moi, qu'il n'y a attrait que là où il y a obstacle à vaincre. Je fus bientôt familiarisé avec les méthodes usitées^ II. ^*«^**^ i'l:'r'*=*5!!^ 1

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pour faire ce calcul, et dès lors il me devint insipide. Je ne m'en acquittais plus que pour la forme; je faisais filer au vaisseau quelques lieues déplus à l'heure; je faisais entrer compte les courants portant dans ïouest pour trente ou quarante milles par jour; si bien que, par mon estimation, VÉos se trouvait à sec sur les rivages de la Barbade, quinze jours avant que nous pussions voir terre. J'avais ainsi la satisfaction de contempler les flots et les nuages, dans une bienheureuse indolence, tandis que mes camarades se crevaient les yeux sur leurs cartes, dans une cabine où le thermomètre de Fahrenheit marquait 90 degrés au-dessus de zéro, température qui fondait, à la fois, le jeune navigateur et la misérable chandelle dont la jaune et vacillante lumière le tourmentait plus qù'çlle ne l'éclairait.

A mesure que nous approchions de l'île, on prenait de nouvelles précautions pour la sûreté du convoi. Nous faisions voile en ordre plus compacte, et la nuit nous restions presque stationnaires. Les deux bricks se tenaient sur le qui vivel On savait que cette partie de l'Atlantique était infestée par de nombreux vaisseaux de guerre français, et par plusieurs schooners armés en course.

Enfin se leva la matinée où l'on discuta chaudement si la faible décoloration qui interrompait la ligne de l'horizon occidental, observé des huniers, était ou n'était pas la terre. Le jour se dessinait et, avec lui, la position de notre convoi. Les loups rôdaient autour du troupeau ou, plutôt, ils avaient fait irruption dans la bergerie. Bien loin, au sud, un gros trois-mâts, gréé en carré, fraternisait avec un de nos plus beaux bâtiments de la Compagnie des Indes. L'étranger, grand, noir, d'un aspect farouche, avait le cap en route et toutes ses voiles de perroquet appareillées. Son captif avait mis dehors toutes ses voiles blanches ; mais elles battaient sur ses mâts. Nous n'apercevions que la mâture des deux vaisseaux^ mais il était aisé de voir ce qui se passait. En droite ligne, derrière nous et dans l'œil du vent, un large schooner plat faisait vent arrière, avec sa seule voile d'étai appareillée. Il glissait au bord de l'horizon. Son bau était si large, et ses bords si peu élevés au-dessus delà mer, qu'il semblait plutôt dériver par le travers que filer dans la position ordinaire. Aucun des nôtres n'était rapproché du schooner, mais les vaisseaux marchands, les moins éloignés de lui, semblaient peu désireux de raccourcir la distance, à en juger par la quantité de voiles dont

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ils se chargeaient. Pins hardi que ces poules d'eau, le Faucon, un de nos bricks de guerre, s'était placé entre le scliooner et le convoi, et arborait le signal : Faut-il chasser ?

Mais ce n'était là qu'une partie du tableau. Une brume grisâtre, venant à se dissiper du côté du Nord, nous laissa voir une felouque avec ses longues voiles latines, canonnant au beau milieu d'un groupe de vaisseaux marchands, dont quatre paraissaient avoir amené.

Oublieux, cette fois, du vieil adage des honnêtes boutiquiers de la cité: Les premiers venus, les premiers servis , nous tournâmes toute notre attention vers les derniers venus. Nous donnâmes à l'autre brick de guerre, le Couiiis, l'ordre de chasser la felouque et de la capturer. Le gibier n'était qu'à deux milles environ du chasseur, hors de portée de fusil et de canon par conséquent, mais non pas hors de portée de voiles. m,

Les autres navires de notre convoi s'aperçurent à peine de l'état des choses, que, comme une bande de vieilles femmes effrayées, ils commencèrent à clabauder à leur manière Chacun de tirer son unique canon ou ses deux pièces de parade, d'autant mieux servies que le théâtre de l'aclion était phis éloigné. Peu leuï*

importait où tombaient leurs boulets, pourvu qu'ils entendissent le boum! boum! de leur artillerie. Cette canonnade, j^our rire, ne laissait pas de nous être incommode. La fumée les empêchait de distinguer nos signaux, en supposant que le soin de prouver leur valeur eût laissé à ces braves le temps de s'occuper de nous. Le volume de fumée produit par les boum ! boum ! du convoi devenait à chaque instant plus considérable. Notre patience était à bout. Je ne sais s'il existe dans la marine marchande un signal équivalent à: Cessez le feu. S'il existe, je suis persuadé qu'on hissa alors ce signal; mais, le vacarme augmentant toujours, nous nous vîmes forcés de faire taire ces aboyeurs , en leur lançant quelques dragées.

On vit ainsi le singulier spectacle de trois vaisseaux capturant le convoi , tandis que les batteries de son principal protecteur paraissaient jouer incessamment sur lui.

Notre attention, ainsi partagée, occasionnait une grande activité et un grand mouvement à bord, mais sans confusion ni tumulte. On mettait les embarcations à flot pour faire les reprises, et l'on partageait les soldats de mu-

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rine entre les différents canots. Au milieu de tout ce tohu l?ohu, (acile à concevoir , et tandis que M. Farmer , notre premier-lieutenant , se multipliait et suait à grosses gouttes , un canot nous accosta, et un petit homme, malpropre, l'air ébouriffé et la face rouge de colère, sauta sur notre gaillard d'arrière avec un objet sphérique roulé dans un foulard de soie. C'était un des patrons de nos vaisseaux marchands. Dans son exaspération , il s'attacha deux ou trois minutes aux pas de M. Farmer , avant de parvenir à articuler un mot.

. — Gare-là, patron, gare de mon chemin. — M. Burn, veillez à ce que les armes d'abordage soient distribuées aux hommes des canots. — Gare-là , mille bombes ! — M. Burn , passez en revue l'équipage de la pinasse sur le passeavant de tribord. Forcez ces lourdauds de soldats de marine à se mouvoir. — M. Silva , si ce stupide imbécile ne cesse pas son feu à l'instant, envoyez-lui un boulet. — Çà, patron, que me voulez-vous? Je n'ai pas de temps à perdre. Dépéchez. Etes- vous sourd ?

— - M'y.... m'y.... voi....ci.... ci... , bégaya enfin le patron , en déroulant de son mouchoir un boulet de deux livres, qu'en... qu'en... di...

dites-vous ? Lan... lan... ce sur mon bord par la.., la... Ladj'Jane, C'est un... un meurtre, une... ne... ne... pi... pi...raterie.

— Au diable vous et votre boulet. Laissezmoi, pour Dieul Hunier de perroquet, bonnettes dehors!

— Voilà... là... la justice qu'un... qu'un sujet anglais ob... obtient. Ga...â...pitaine, il me faut justice ou... ou... ou... j'ou... j'ouvre mon feu sur la Ladj^Jane.

Cette remarque ne ressemblait pas mal à une gasconnade , si l'on considère que le patron bègue du vaisseau troué n'avait à son bord que six pierriers, trois de ce chaque côté, juste de quoi faire peur aux poissons , car ils n'avaient pas même le mérite de chien apocryphe, qui pouvait aboyer sans mordre.

— Croyez-moi , dit le capitaine Reud, allez à bord de la Ladj-Jane , et si vous avez du cœur , boxez le patron.

— Si... si... si... j'ai du cœur 1 s'écria le petit homme , en sautant dans son canot avec son boulet.

Quelques minutes après, ayint braqué ma lunette sur la Ladj'fane^ je vis qu'une rencontre pugilatistique avait lieu sur son gaillard d'ar. rière.Ce duel àcoups de poings se passait en règle,

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et avec ce bon goût qui laisse les Anglais sans rivaux, en fait de combats d'hommes et de combats de coqs.

En réponse au signal du Faucon^ que nous savons bravement à l'affût, entre l'arrière-garde du convoi et le schooner gigantesque : Faut-il chasser? nous hissâmes le signal non.

Nous étions parvenus à rétablir le silence et l'ordre dans le convoi. Il faut parler à chacun sa langue. Nous avions parlé canon et gros canon à leurs canons. Ils ne nous avaient pas fait répéter. Nous leur ordonnâmes de se serrer autour du Faucon.

k. notre tour, nous étions prêts pour la chasse et pour le combat ; mais la partie était déjà entamée au nord.

Notre second brick , le Courlis , serrait de près la felouque, qui comptait plus sur le vent que sur ses canons. Il la serrait même de trop près , ce qui lui permettait de lâcher bordée sur bordée contre la fugitive , mais sans grand effet , autant que nous pouvions en juger. Bientôt le pirate trouva moyen de se mettre au vent Au brick, et tous deux filèrent à l'horizon. Les quatre navires , capturés par la felouque , fuyaient chacun en sens différent. Trois de ces canots, le grand canot, la yole et

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Ja pinasse, se mirent en devoir de les recapturer sous le commandement de don Silva. Le lieutenant avait bonne chance de paper son chemin jusqu'à eux. La brise était faible , et n'annonçait pas devoir fraîchir avant dix heures. De quelque coté que les vaisseaux capturés gouvernassent, ils étaient forcés de tenir le vent, à moins de traverser le gros du convoi. Nos arrangements ainsi terminés, VEos tourna toute son attention vers le gros trois-mâts noir qui restait immobile sous le vent , et semblait nous honorer de bien peu d'attention. Il avait pris possession du plus beau et du grand vaisseau du convoi. Le lecteur aura trouvé bien longue la narration de tous ces mouvements ; mais ils ne durèrent pas dix minutes , y compris la pugnomachie à bord de la Lady- Jane. Au moment où VEos^ avec toutes ses voiles dehors et remorquant un cutter bien monté et bien armé, tournait la tête vers le noir étranger, le vaisseau de la compagnie des Indes était prêt à courir vent arrière. Son protecteur ne suivait pas cet exemple , mais gouvernait au sud-ouest , tandis que sa prise se dirigeait sur le vrai sud.

La taille du gibier est toujours grossie par l'espoir ou les craintes des chasseurs, selon

qu'ils poursuivent un de ces animaux à qui la nature n'a donné que des jambes, ou un de ceux à qui elle a donné griffes, cornes et dents. Le noir étranger était dans cette catégorie. Nous ne doutions pas d'avoir affaire à une frégate française de notre rang au moins. Nous savions de source certaine qu'une couple de grands navires frégates, trompant nos croisières, s'étaient évadés du port de Brest, et faisaient des leurs autour de nos îles des Indes-Occidentales. Tout le monde en concluait que le navire en vue était nécessairement une des frégates en question. Si cette conjecture se trouvait vraie , nous allions avoir du fil à retordre, dégarnis comme nous étions du monde et des officiers envoyés dans les chaloupes à la recapture des vaisseaux du convoi.

Grande délibération pour savoir à qui donner la préférence , dans l'impossibilité presque évidente de les recaoturer tous deux. Le Prince-

William, le vaisseau de la compagnie, était, comme je l'ai déjà dit, le plus beau vaisseau du convoi. Presque aussi grand que lEos, il portait seize canons : nous en avions fait un vaisseau répétiteur, continuellement employé à rallier les mauvais voiliers.

11 semblait presque aussi long de donner la

chasse au Prince- William j que de la donner au Français.

M. Farmer, qui ne respirait que combats et avancement, ouvrit l'avis d'approcher un peu plus du vaisseau de la compagnie , et d'envoyer la chaloupe en prendre possession , tandis que nous ferions de notre mieux pour capturer la frégate. Le cutter portait, outre les six rameurs^, huit grands gaillards assis avec leurs mousquets entre leurs jambes , M. Pridhomme , l'amoureux de l'innocente Jemma, un jeune Irlandais , mon égal en grade , en âge , en expérience du service, et enfin le patron de canot qui gouvernait. M. Farmer mesurait tous les courages au sien ; mais je crois qu'il tariffait un peu trop haut la valeur anglaise , en espérant que dix- neuf personnes , entreprenant une pareille chasse en plein jour, forceraient de rames deux heures au moins avant d'atteindre l'ennemi. Après quoi, supposé que le tir à la cible , pratiqué sur eux , n'eut tué ni blessé personne , ils aborderaient et escaladeraient le flanc d'un navire dont la flottaison était aussi élevée que celle d'un vaisseau de cinquante canons, pour ne rien dire des seize bouches à feu du P rince- fFilliam, que les capteurs avaient probablement chargées à mitraille et de la gar-

nison nombreuse, jetée sans doute dans la place.

Le capitaine Reud pesa toutes ces considérations, et décida que VEos en personne débuterait par recapturer le TFillinni. Il fallait s'en remettre à la Providence pour la capture du Français. Le vaillant créole était brouillé depuis long-temps avec la prudence; mais cette vertu fit froncer le sourcil au premier lieutenant, et à quelques uns des officiers. J'entendis murmurer que les corbeaux montraient quelquefois des plumes blanches.

L'événement justifia le capitaine Reud. A notre grande surprise , nous nous trouvâmes bientôt main sur main avec un vaisseau que nous savions être presque aussi fin voilier que nous.

Nous étions maintenant loin du convoi, et la felouque qui avait gagné dans le vent^ voguait hors de portée du Courlis. Le schooner, fainéant, s'était décidé à faire voile, et gouvernait pour se rapprocher de son confrère en piraterie, ou plutôt de sa consœur la felouque.

La supposée frégate de Brest , voyant notre attention uniquement dirigée sur la capture, fit des démonstrations de rescousse, M. Farmer manifesta sa joie par une sauvage grimace, et

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n'ayant pas encore une vue distincte de la coque du Français, nous pensâmes tous, à en juger par sa conduite , qu'il avait la conscience de sa force.

VÈos se tint doublement sur l'alerte. On prépara tout pour l'action prochaine. Les cloisons de la cabine du capitaine furent jetées bas. Les moutons, les cochons, la volaille, entassés au fond de la cale , y mêlèrent des bêlements, des grognements, des gloussements prophétiques de la ruine de leurs parcs, étables et poulaillers sur le pont. Ce remue-ménage m'aurait amusé, sans une légère anxiété. Tout novice que j'étais, je songeais qu'en cas d'une action, qui irait peutêtre jusqu'à l'abordage, l'absence des quatrevingt ou quatre-vingt-dix hommes, montés sur les chaloupes, se ferait terriblement sentir. Je regrettais vivement aussi l'absence de M. Silva; j'avais une pressante curiosité de voir comment un homme qui savait écrire saurait se battre.

Nous avions compté sur dix heures de chasse une course d'une heure et demie nous amena presque bord à bord du Prince^TVilliam. Nous avions bien fait de venir nous-mêmesj les capteurs avaient embarqué sur leur prise une quarantaine de vagabonds, dont la mauvaise et farouche mine était bien digne d'écumeurs

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de mer. Us avaient pris toutes ]eurs mesures pour couler le cutter à son approche et ils étaient sûrs de leur affaire.

Le Prince- William ne se vit pas plus tôt serré de trop près par VÉos^ qu'il amena. Nous reconnûmes bientôt, à leurs uniformes déteints, râpés et déchirés, deux officiers de la marine impériale française. Pour appartenir à une nation philosophe, ils supportaient leur infortune avec bien peu de philosophie. Ils frappaient du pied la terre et broyaient entre leurs dents une kyrielle de sacrebîeu! etc. Ils ne pouvaient comprendre qu'un si beau vaisseau naviguât comme une meule de foin. Le mystère fut bientôt dévoilé. Les Français avaient laissé à bord le second et une demi-douzaine d'hommes; celui-ci, profitant du moment où le nouvel équipage se préparait à couler le cutter, était parvenu à glisser par dessus bord, et à suspendre du côté de Tavantj une voile de rechange chargée de boulets. Ce poids avait effectivement gêné la marche du vaisseau. Les Français eussentils tourné leur attention de ce côté , à moins d'une perquisition rigoureuse, ils n'eussent rien vu qu'une traîne ordinaire. L'inventeur de cette ruse aurait dû partager avec nous la prime de lecapture; mais il ne perdit pas grand*chose

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à ne point figurer sur la liste des co- partageants^ car personne, hormis le capitaine, ne toucha un penny, pour nos faitset gestes de ce jour. Quant au petit créole, il eut sa part d'avance ; d'autres disent, bien plus que sa part, à la seule condition de nommer, pour nos agents , MM. Isaac fils et compagnie. Ces honnêtes négociants touchèrent le produit de la vente, et comme l'argent qui séjourne en caisse appauvrit, ils trouvèrent moyen de l'en faire sortir. Le jour du remboursement arriva; leur caisse se trouva vide. Ils se déclarèrent en faillite, et payèrent zéro pour cent. On blâma beaucoup leurs créanciers de s'être montrés impitoyable^ envers une des maisons les mieux famées de la Juiverie. Que la sympathie publique se console. La dernière nouvelle que nous ayons eue de MM. Isaac fils et compagnie est celle de leur établissement en Amérique, où ils viennent d'acheter le territoire d'une future province, avec les débris de leur fortune. Pauvres Juifs! toujours persécutés et errants, ils sont bien forcés d'emporter avec eux leurs pénates, non pas des images sculptées, des représentations de ce qui est au ciel et sur la terre... leDécalogue le leur défend, et ils sont trop fidèles à la

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loi de Moïse ; mais les lingots d'or ne sont pas compris dans la prohibition.

Nous pressâmes nos prisonniers de questions, espérant tirer d'eux quelques éclaircissements sur la nature ambiguë du vaisseau auquel ils appartenaient et que nous nous préparions à poursuivre. Nous obtînmes les données les plus contradictoires. Ils ne se trouvèrent d'accord que sur un point : ce fut pour nous donner le consciencieux avis de ne point agacer un vaisseau qui nous coulerait infailliblement bas. Nous prîmes le conseil au rebours; car si le mystérieux étranger était de force à nous capturer^ l'intérêt de nos prisonniers était de nous laisser engager une lutte dont leur délivrance dépendait.

Le Prince- William était recapturé à huit heures du matin. Nous laissâmes sur son bord six hommes qui suffisaient à sa garde, avec la demi-douzaine d'Anglais et le second. Ce dernier avait ordre de rallier le Courlis autour duquel tous les navires du convoi se groupèrent.

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