‹ Raymonde; comédie en trois actesChapitre 27 sur 69 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

moi, près de ta mère, (ils s'assoient. M"» Verdier sert le potage.)

ANTOINE

Ah ! mère, elle a une odeur appélissante, ta potée aux choux!

VEItDIER, lui serrant la main par-dossus la table.

Comtne c'est bon de se retrouver !

NOËL, à M"»» Verilier. en rejardantun bracelet oublié par Raymonde

Ou'est-ce que c'est que ça, madame Verdier?

M""* VERDIER

.\li! mon llieii, c'est un bracelet que la demoiselle aura oublié en se rajustant...

VEUDIER.

Quelle demoiselle ?

ANTOINE

M"* Raymonde. Elle sort d'ici.

M""" VERDIER

Avec son père... C'est M"" La ïrcmblaie, Verdier.

NOiiL, se levant.

Vous dites ? madame Verdier, vous dites?

M"'» VERDIER

Je dis : La Tremblaie.

ANTOINE

Oh! un homme charmant. Il paraît qu'il a loué la Maison verte.

NOËL (à lui-ménie).

La Tren)blaie !...

M™** VERDIER

Oui... Je le vois passer quelquefois en voiture avec sa femme. Elle a di^ être bien belle dans le temps !

NOËL, à part.

Oui... bien belle !

VERDIKR.

Mais qu'est-ce que vous avez donc, monsieur Noël ?

Rien..., rien...

ANTOINE

La Tremblaie?... Au fait, vous devez l'avoir connu ?,Vous suiviez probablement les mêmes cours à la Sorbonnc et vous avez dû entendre parler de lui ?

NOiÏL, faisant effort pour reprendre son sang-froid.

De lui... oui, c'est cela!... Je l'ai connu il y a quelque

vingt-cinq ans... Oui, je l'ai connu! {Silence. — Nool absorbe'. — Les trois autres se regardent t'ioniit's.) VouS CSt-il arrivé, madame Verdier, de retrouver la clef perdue d'un meuble fcriné depuis des années, et d'y découvrir un tas de vieilleries du temps passé : lettres jaunies, rubans fanés? Eh bien, nous avons tous dans un recoin de notre cœur quelques-unes de ces reliques aux parfums amers... La cachette reste longtemps ignorée... \jn jour, la clef se retrouve, le meuble s'ouvre... Alors on se souvient ! Mais bah! c'est fini maintenant... Pardonnez-moi !

VERDIER

Allons, mon bon monsieur Noël, ne troublons pas ce jour de fête. (Levant son verre.) A la sauté d'Antoiue, monsieur Noël, et à la vôtre!

NOËL

A toutes les nôtres, mes amis ! (ils se lèvent, et trinquant,

Nocl se rasseyant et regardant lo bracelet.) Quelle singulière aventure que la vie !

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