SCÈNE PUEMIKPiE
nAY.MONDK, LA TIŒMr.LAlE.
RAYMONDE lil à haute voix un journal ; Li Trcmblaie s'est endormi dans
un fauteuil.
(Lisant.) c La lulte engagée par le ininislèi'e paraît, à moins qu'elle ne se prolonge, devoir aboutir ù une issue prochaine, et le cabinet, s'il no reste pas aux alTairos, n'aura plus qu'à disparaître devant les vœux d'une majorité (jui le soutiendra toujours courageusement, si elle ne
le renverse pas. » (S'aperccvant que son père est profondément endormi, elle pose le journal.) Père !
LA TREMBLAIE, s'ëveillant.
Hein ! tu disais ?
Qu'est-ce que tu en penses, toi ?
LA TREMBLAIK, sérieux.
Moi, c'est absolument mon opinion.
RAY'MONDE, se levant et passant derrière lui.
Oui. Eh bien, puisque la politique t'intéresse si vivement, causons, j'aime mieux ça !
LA TREMBLAIE
Moi aussi!... Cette chaleur m'avait un peu endormi.
Oh! ce n'est pas la chaleur, c'est l'ennui... Kt veux-tu que je te dise, moi, pourquoi lu t't'nnuii'S '?... C'est parce que M. Verdier n'est pas venu aujourd'hui, comme d'habitude... Avoue que tu ne peux plus vivre sans lui !
LA TREMBLAIE
Je reconnais que c'est un charmant garçon, et, depuis quinze jours qu'il est arrivé ici...
RAYMOiNDE.
Quinze jours !... Il est dans le pays depuis un mois.
LA TREMBLAIE
Eh bien, depuis un mois, j'ai pris grand plaisir à le voir... Mais j'espère qu'il va venir : je pense le retenir à dîner. Osmin doit être des nôtres.
M. de Préfontaine ?... Il est de retour?
LA TREMBLAIE
11 rentre ce soir à Auberive.
Ah!... Déjà!
LA TREMBLAIE
Son arrivée n'a pas l'air de te faire plaisir