‹ Raymonde; comédie en trois actesChapitre 32 sur 69 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

CLOTILDE

Et je grondais M. Verdier d'avoir aussi docilement obéi; il ne faut pas faire si bon marché des occasions que la fortune vous présente!

LA. TREMBLAIE, vivcmenl.

Votre départ, mon cher Antoine, me laisserait un grand vide!... Que deviendraient mes études sur la flore d'Auberive?

ANTOINE

Vous les continuerez sans moi si je pars... En attendant, voici ce que j'ai pu trouver pour vous aujourd'hui... (il lui

offre linéiques plantes.)

LA TUEMBEAIE.

Ah! c'est charmant... Regarde doue, Raymonde,

Comme elles sont jolies, ces balsamines sauvages!

N'e.sl-ce pas? A Paris, quand je suis seul, Hiivcr, je regarde souvent ces fleurs fanées dans mon herl)ior. Elles ont perdu leurs couleurs, mais elles ont embaumé loules les pages d'un peu du parfum des bois. Elles me rappellent le pays et toutes les chères afl"eclions que j'y ai laissées... (A cioiiidc.) Et maintenant, madame, permettez-moi de prendre congé.

LA TREMBLAIE, s'a|KTCcvant qu'Antoine va so retirer.

Eh bien, qu'est-ce que vous faites donc, Antoine, vous partez ?

Comment, déjà, monsieur Verdier?

LA TREMDLAIE.

Je comptais sur vous pour dîner... D'abord vous vous trouverez avec votre ami Osmin.

ANTOINE

Ahi M. de Préfontaine revient à Auberive?

LA TREMBLAIE

Ce soir même. Ainsi vous acceptez? (A cioiiide.) Insistez donc pour le retenir, ma chère aii)ie.

CLOTII.de, frciuloment.

Certainement... nous serions heureux...

ANTOINE

Je craindrais seulement de laisser ma mère dans l'inquiétude, madame.

Voulez-vous qu'on la fasse prévenir?... C'est très simple

CLOTILUE.

LA TREMBLAIE

Raymonde a raison, ma chère.... D'ahord, il faut que vous voyiez mes chrysantlièmes, j'ai des conseils à vous demander... Tenez, allez emhrasser votre mère et diteslui que nous vous retenons à dîner... Est-ce convenu? ANTOINE, lui serrant la main.

J'aurais mauvaise grâce à refuser!

LA TREMBLAIE

Raymonde, reconduis M. Verdier et recommande-lui de revenir au plus vile.

RAYMONDE, l'acconipa^^naiit.

Vous entendez, monsieur, on ne peut plus se passer de

vous ! (Ils sorlent par le jardin, au fond.)

Page 1