‹ Raymonde; comédie en trois actesChapitre 48 sur 69 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

mon cœur à nu devant loi et te montrer la blessure qui y saigne encore?

ANTOINE

Vous avez souffert ?

NOËL

Parbleu! puisque j'ai aimé... Mais il ne s'agit pas de moi... Les sotlises des uns n'ont jamais servi de leçons aux autres... Allons !... viens, tu n'es pas fait pour devenir la proie d'une aventurière !

ANTOINE, s'cmpoilant.

•Assez!... Je ne veux plus entendre vos injustices qui m'irritent!... Haymonde est honnête et loyale; je l'aime et je ne souffrirai pas qu'on l'insulte devant moi, jamais !

NOËL

C'est à moi que tu parles?... à ton vieux maître ?... .\insi pour le premier sourire qui passe, pour le premier mot d'amour entendu, tu oublies tout, ingrat !

ANTOINE

.Te n'oublie rien, je vous aime; respectez celle que j'aime!

NOËL

Soit, lu le veux? Suis la destinée!... D'un mot, il'un seul, entends-tu bien, je pourrais détruire ton bonheur d'un jour; mais ce qui est écrit est écrit, suis ta destinée!... Je suis tranquille d'ailleurs, ce mariage ne se fera pas... Tu souffriras, tu te briseras le front, mais tu reconnaîtras toi-même qu'on le trompe et tu t'arrêteras... As-lu fait ta demande?

ANTOINE, étonné.

Non, pas encore.

NOËL

Eh bien, fais-la, et quand lu l'auras faite... Mais je suis bien bon de me mêler de les folies !

(Il va pour sortir.)

ANTOINE, s'élançant pour le retenir.

Monsieur Noël ?

NOËL, sans le regarder.

Laisse-moi!... Je n'ai plus rien à faire ici!... (il s'éloigne,

puis après quelques pas, revient vers Antoine.) Mais COnime jc t'aime

encore, malgré ton ingratitude, le jour où tu l'éveilleras de ton mauvais rêve, mon pauvre enfant, reviens à moi... Tu trouveras toujours mon cœur meurtri pour t'y appuyer et la main de ton vieux maître pour essuyer tes larmes... Adieu !

(Il sort lentement par le fond.)

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