ACTE III
OSMIN
NOËL, incrédule.
Vous ne nous croyez pas ?... Ce soir même, au nioment où je me promettais d'avouer la vérité à Antoine, c'est ma mère qui lui a tout dit et qui m'a rendue à jamais malheureuse... Alors, le désespoir m'a amenée près de l'étang... Je voulais mourir.
NOËL
Mourir ?
Oui !... En voyant cette eau si calme, si profondément endormie, je songeais qu'il ferait bon y reposer pour toujours.
NOËL, avec vivacité.
Taisez-vous !
Ah ! vous m'auriez crue alors et Antoine m'aurait pardonné !
OSMlN, à Noël.
Êtes-vous convaincu, maintenant?
NOËL, troublé.
Est-ce que je sais, moi?... Vous me retournez tous les deux avec vos histoires !
RAYMONDE, à Noël.
Ah! laissez-vous attendrir... Je suis si abandonnée, si seule et j'ai tant de chagrin!... Jaimo Antoine et il est malheureux à cause de moi!... Vous qui l'avez adopté comme votre enfant, ayez aussi un peu pour moi de l'indulgence d'un père !... (Elle tombe ù ses genoux.) Si VOUS savez ce que c'est que souffrir quand on aime, vous ne me.
88 RAYMO^DE.
repousserez pas, vous nous ouvrirez les bras à tous deux!
OSMIN, la inontranl à Noèl.
Monsieur Noël !
NOi^L, la relevant.
Allons, venez, venez!... Je ne veux plus écouler mes préventions ni mes colères; je ne veux plus eiiteiulre ((ue votre amour!... L'amour... nous voulons lutter contre cela, nous, les vieux!... Parce qu'un arbre meurt, n'y at-il donc plus de printemps?... Votre jeunesse m'a remué le cœur, et, pour avoir raison de mes cheveux blancs, vos vingt ans n'ont eu qu'à se montrer.
(il l'embrasse.) RAYMONDE.
Monsieur Noël!... Ah! vous êtes bon!... Antoine me l'avait bien dit... Que n'est-il là pour vous entendre !
NOËL, bas.
Il y est.
Ah!
Qui est là?
(On frappe au fond.) NOËL.
(Osmin va ouvrir.)