‹ Raymonde; comédie en trois actesChapitre 68 sur 69 · LES MÊMES, M-"" VERDIER, RAYMONDE, ANTOINE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, M-"" VERDIER, RAYMONDE, ANTOINE

Ils descendent l'escalier, il/"" Verdier portant une lampe. Pleine lumière.

NOËL

Venez, Raymonde, j'ai à vous parler, ([n'amène près de lui.— A Anioine.) Reste, Antoine, et vous aussi, restez, madame Verdier.

LA TREMBLAIE, bas, a Noël.

Monsieur, y songez-vous ?... Vous ne ferez pas cela!

CLOTILDE, snppliant Noël à son tour.

Par pitié, épargncz-hi !...

NOËL les regarde de'daigneuseraent, puis s'adressant à Raymonde.

Mon enfant, j'ai à vous apprendre un grand secret... Vous nie disiez tout à l'iicure qu'il y avait chez vous, dans votre intérieur, une mystérieuse gène qui pesait sur vous et votre famille... Eh l)ien, c'est à moi à vous en donner la raison... Vous êtes d'âge à la connaître, surtout dans les circonstances présentes... Raymonde, avant de porter le nom de M. La Tremblaie, votre mère en portait un autre..., celui de votre véritable père..., le mien !

RAYMONDE, abasourdie.

Le vôtre, monsieur Noël?... Vous êtes...

% HAYMONOE.

NOÉL, avec un effort.

Je suis votre père !... (Moiivemcnldedt'uégatioiideLaTrcmblaic; Clotilde l'arrête par le bras et le contient du regard.) Mais, aUX veUX

de la loi seulement... Car dans un moment de folie j'ai abandonné votre mère et je suis venu m'ensevclir ici au

milieu des bois. (Montrant La Trcmlilaie.) Monsicur VOUS a

élevée comme son enfant... Ayant rempli tous les devoirs d'un père, il en a tous les droits,.. Aujourd'hui, il vous donne pour mari celui que vous aimez... Allez le remercier.

RA.VMONDE, se jetant dans les bras de La ïrcmblaic.

Oh ! mon père !... (Bas.) Tu sais que je ne le crois pas!

NOËL, à Antoine.

Tu as entendu, Antoine... iM"'° La Tremblaie ne s'oppose

plus à ton mariage. (Mouvementde Clotilde, réprimé par un regard

impératif du .Noël.) Demain, après avoir assuré votre bonheur, je quitterai cette maison et ce pays... Je n'ai plus rien à faire ici.

ANTOINE, à Noël.

0 mon maître, je vous admire et je vous aime !

NOi^L.

Aimez-vous bien... C'est de n'avoir pas su me faire aimer qu'est venu le malheur de tonte ma vie.

RAV.MONDE, allant lentement vers Noël et lui serrant la main — Bas.

Vous voyez bien qu'il faut quelquefois mentir... Adieu,

monsieur, et merci... (Se retomiMnt vers La Tremblaie auquel elle jirend le bras.) VicnS..., père!

(Ils s'éloignent. — M°"> Verdicr appuyée sur la rampe répond silencieusement à un signe d'amitié di- lî;iymoiide, tandis qu'Antoine descend les marches et les regarde s'encadrer dans la porte ouverte, éclairée par la lune.)

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