‹ Raymonde; comédie en trois actesChapitre 8 sur 69 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

M""^ VEiailEi;, NOKL.

NOKL.

Ail! madame Vcrdier, vous en èles lière de votie ;,Mr(,-on'.' Vous voyez donc bien i|ue j'avais raison autrefois de le l)0usser vers les sciences.

M"" VEnUlEU.

Bien oui, bien oui... Mais, qu'est-ce que vous voulez, je n'étais pas ambitieuse, moi, et la vie de Paris me faisait une peur!... Il es! si enibobelineur, votre Paris, avec ses plaisirs, ses tentations!...

NOÉL, ir(ini(|Uoii)ciit.

Ses oryies, madame Vcrdier!

M"'° VERDIKM, allant à la (11611111100.

Ne vous moquez pas de moi, monsieur NorL Vous savez bien que ce n'était pas tant Paris que je craignais, c'était...

NOKt..

C'était la Parisienne, n'est-ce pas?... Ali! pour ça, vous aviez raison... C'est une terrible chose qu'une femme dans la vie d'un homme, et c'est une terrible femme que la Parisienne. Toujours la même histoire, d'ailleurs : le garçon a vingt ans; il faut bien faire son chemin : il part tout pleurant encore et se jette à corps perdu dans le travail... jusqu'à ce qu'un beau soir il rencontre l'ange qui sèche

lî RAYMONDE.

ses larmes... C'est parfait; on s'aime, la vie est couleur de rose; seulement on commence à écrire moins aux vieux de là-bas; puis on écrit parce <)u'on a des dettes, puis on n'écrit plus; on ne vient pas, et l'heure arrive où, dans son cœur oublieux, l'enfant a remplacé par le petit nom d'une fille le nom sacré de la mère. Ah! ces romans-là, on ne les commencerait jamais si on savait comment on les achève I

M°" VER D 1ER, revenant ven Noël.

Oui. Voilà justement ce que je craignais pour mon pauvre Antoine.

NOËL

Heureusement, le danger est passé. Il va rester trois mois auprès de vous. Et s'il a résisté là-bas, ce n'est pas ici qu'il courra grand risque ! Et puis, je serai là, moi, pour l'empêcher de faire une sottise.

M"« VER DIEU

Oh! je sais bien que vous l'aimez comme s'il était voire fils, et je vous en remercie pour lui et pour nous, monsieur Noël... Mais est-ce que vous ne trouvez pas qu'il devrait être arrivé?... Le courrier aura eu du retard. (Elle

va rcifarder a la fenêtre.)

NOËL

Du calme, M""Verdier; il n'y a pas dix miimtes que Verdier est parti.

Vous croyez? C'est qu'il me semble apercevoir...

NOiiL.

Votre cœur voit plus loin que vos yeux, voilà tout.

M'"« VERUIER.

Si fait, tenez... au tournant de la route, là-bas... (.Ella ouvre la fenûiro.) Itegardcz douf, VOUS quI avez bonne vue, monsieur Nocl.

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